Face à l'évolution du monde et de son voisin le Maroc, l’Algérie ''semble absente'' (expert)

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Abdelmadjid Tebboune lors de son message depuis l’Allemagne, où l’on est sans nouvelles de lui, pour rassurer les Algériens sans succès.

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Paris - Face à l'évolution du monde et de son voisin, le Maroc, l’Algérie "semble absente", souligne Gérard Vespierre, directeur de Recherche à la Fondation d'Études pour le Moyen-Orient (FEMO) et président de Strategic Conseils dans une analyse parue mardi dans le quotidien français "La Tribune".

Face à la dynamique marocaine, il apparaît intéressant de remarquer l'absence algérienne, relève ce chercheur et conférencier en géopolitique, ajoutant que cela “traduit la situation actuelle intérieure" de ce pays, "la plus difficile depuis son indépendance”.

La reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara et le rétablissement des relations du Royaume avec Israël "constituent pourtant de grands changements régionaux", observe-t-il, ajoutant que "l'évolution diplomatique du Maroc s'en trouve donc facilitée".

Selon lui, l'Algérie "pourrait connaître une période difficile", alors que le pouvoir exécutif algérien est “en train de replonger dans les affres d'une potentielle nouvelle crise de succession, avec la maladie du président Abdelmadjid Tebboune”, notant que le pouvoir politique, “en réalité entièrement aux mains de l'armée et des services de renseignements, est sclérosé par la pyramide des âges et son herméticité à la société civile et à ses exigences économiques et sociales”.

A cela s’ajoutent les difficultés économiques “profondes” avec un Trésor dont les recettes n’ont cessé de diminuer depuis la crise du prix du pétrole de 2014, alors que “la situation s'aggrave avec la crise du Covid”, constate l'expert.

“Ses réserves diminuent de 20 milliards de dollars par an, et sont maintenant au plus bas”, remarque l’expert français, ajoutant que la société civile algérienne, par les manifestations du Hirak, “critique la vétusté des institutions, les options économiques et politiques choisies, qui datent des années 1950-1960 et du modèle soviétique”.

Aux yeux de M. Vespierre, ce système est dans “l'incapacité de faire face aux besoins d'une population nombreuse, particulièrement jeune, et ouverte sur l'extérieur”, faisant remarquer que depuis 1962, et "en dépit de tous les discours officiels, jamais l'Algérie n'a été confrontée à un tel cumul de crises".