Les manifestations des jeunes au Maroc : entre revendications légitimes et tentatives de déstabilisation – Par Aboudou Chouaib

Les manifestations des jeunes au Maroc : entre revendications légitimes et tentatives de déstabilisation – Par Aboudou Chouaib

Dans certaines régions, la mobilisation a dérapé, donnant lieu à des actes de vandalisme et de violence. Ces débordements soulèvent des questions fondamentales : Comment répondre aux attentes d’une jeunesse avide de justice sociale tout en préservant la stabilité et en empêchant que le Maroc ne soit instrumentalisé par des forces extérieures hostiles à ses succès ?

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Les récentes manifestations menées par la jeunesse marocaine, notamment la génération Z, traduisent une aspiration légitime à plus de justice sociale, de transparence et d’efficacité dans les services publics. Si leurs revendications touchent des questions vitales – corruption, éducation, santé – leurs dérives violentes dans certaines villes interrogent sur les limites de la protestation. Entre engagement citoyen et récupération politique, Aboudou Chouaib plaide pour un équilibre entre écoute et fermeté, réforme et stabilité, afin que le Maroc transforme cette énergie juvénile en moteur de progrès plutôt qu’en vecteur de déstabilisation.

Aboudou Chouaib

Depuis le 27 septembre, plusieurs villes marocaines connaissent des manifestations spontanées menées par de jeunes citoyens, principalement issus de la génération Z. Leurs slogans dénoncent la corruption, appellent à une amélioration du système de santé et à un enseignement plus performant. Ces préoccupations sont légitimes et s’inscrivent dans les aspirations profondes de la société marocaine. Elles méritent donc une écoute attentive et une réponse concrète.

Cependant, dans certaines régions, ces mobilisations ont dérapé, donnant lieu à des actes de vandalisme et de violence. Ces débordements soulèvent des questions fondamentales : Comment répondre aux attentes d’une jeunesse avide de justice sociale tout en préservant la stabilité et en empêchant que le Maroc ne soit instrumentalisé par des forces extérieures hostiles à ses succès ? Mais la véritable interrogation est de savoir si ces jeunes aspirent à devenir des acteurs politiques à part entière, en intégrant les partis et en exerçant des responsabilités, ou s’ils souhaitent simplement prendre part, de manière plus générale, aux débats et aux décisions qui concernent la vie publique, par leurs voix, leurs revendications et leur engagement citoyen.

La légitimité des revendications

Nul ne saurait nier que la corruption demeure un frein à la bonne gouvernance et au développement durable. En effet, la prévarication est devenue une gangrène incrustée dans notre quotidien, jusqu’à se mêler à notre propre ADN social. Les jeunes, en manifestant contre ce fléau, expriment un désir profond de justice, de transparence et d’égalité des chances. Ce cri du cœur reflète un sentiment collectif que le progrès économique doit s’accompagner de réformes sociales tangibles et d’une meilleure répartition des richesses.

Le système de santé, fragilisé par des décennies de sous-investissement et par l’intérêt démesuré accordé à la santé privée, doit faire partie des priorités nationales. De même, le secteur de l’éducation, pierre angulaire de tout projet de société, doit relever de grands défis : qualité de l’enseignement, formation des enseignants, modernisation des programmes, réduction des disparités régionales. En ce sens, les jeunes ne réclament pas l’impossible : ils demandent ce qui constitue un droit fondamental. Toutefois, on constate que ces manifestations instaurent un climat de perplexité entre vouloir faire de la politique ou vouloir participer à la vie politique. Cette indécision risque de discréditer les desiderata des jeunes, d’où cette dérive vers le vandalisme.

La condamnation nécessaire de la violence

Néanmoins, si le fond des revendications est recevable, les moyens employés dans certaines manifestations ne peuvent être justifiés. La violence, les saccages, les agressions de biens publics et privés, ne construisent rien. Au contraire, ils affaiblissent la cause initiale et donnent prétexte aux ennemis du Maroc pour présenter le pays comme instable et incapable de gérer sa jeunesse.

La véritable force d’une mobilisation citoyenne réside dans sa capacité à rester pacifique, organisée et constructive. Le Maroc a déjà prouvé, lors du mouvement du 20 février 2011 ou encore à travers différentes protestations locales, qu’il est possible de manifester et de dialoguer dans un cadre non violent. Les jeunes doivent garder cette maturité, afin que leur message ne soit pas dévoyé. Ces jeunes avaient-ils pensé au moment choisi pour manifester ? Il semble qu’il serait judicieux de faire « un arrêt sur l’image » et se détacher de la masse afin de développer un regard critique et objectif.

Un timing hautement stratégique

Il faut observer le contexte dans lequel ces manifestations surviennent. Leur timing n’est pas aléatoire. Elles éclatent au moment où le Maroc enregistre des avancées majeures sur le plan diplomatique et économique :

Le dossier du Sahara est à un tournant décisif. L’ONU s’apprête à reconnaître formellement la souveraineté marocaine sur ses provinces du Sud, ce qui constituerait une victoire historique et une défaite cuisante pour les adversaires de l’intégrité territoriale du Royaume.

Le pays est en pleine préparation d’événements sportifs d’envergure, notamment avec l’organisation de compétitions africaines sous l’égide de la CAF et dans cinq ans la coupe du monde, ce qui renforce le rayonnement continental et international du Maroc.

L’économie nationale connaît un essor sans précédent, porté par de grands projets structurants : énergies renouvelables (notamment le solaire et l’éolien), infrastructures de transport modernes (TGV, ports, autoroutes), essor industriel dans l’automobile et l’aéronautique, et ouverture croissante vers les marchés africains et européens.

Dans ce contexte, toute instabilité interne pourrait être exploitée pour minimiser les succès diplomatiques, entraver l’élan économique et affaiblir la position du Maroc sur la scène internationale.

La main de l’étranger : manipulations et tentatives de déstabilisation

Il serait naïf d’ignorer que certaines puissances étrangères, hostiles au progrès du Maroc, cherchent à instrumentaliser ces mouvements sociaux. Le Maroc s’impose comme un acteur majeur en Afrique et un partenaire crédible de l’Europe, comme l’atteste l’accord signé récemment entre le Maroc et L’Union Européenne qui stipule que les produits agricoles des provinces du Sud bénéficient des mêmes conditions d’accès préférentiel au marché européen que ceux du reste du Royaume. Ces pays ennemis, frustrés de voir le Maroc se hisser au rang des puissances, préfèrent semer le doute et l’instabilité. D’ailleurs est-il nécessaire de rappeler que jusqu’à présent aucune proposition ni modèle n’a été suggéré pour pallier au dysfonctionnement du système. Alors on manifeste pour manifester !!!!!!!

En encourageant discrètement la contestation, en amplifiant sur les réseaux sociaux les images de violence et en diffusant de fausses informations, ces forces extérieures espèrent fragiliser le Royaume. Leur objectif est clair : détourner l’attention de la victoire diplomatique imminente sur le Sahara et ternir l’image d’un Maroc en pleine ascension.

La jeunesse marocaine doit rester consciente de ce risque. Ses revendications sont justes, mais elles peuvent être récupérées et instrumentalisées par ceux qui ne veulent pas son bien. L’histoire récente du monde arabe démontre que la manipulation extérieure de la colère des jeunes peut conduire au chaos et à l’effondrement d’États entiers. Le Maroc, fort de son unité et de sa sagesse, doit éviter ce piège.

Le chemin de l’avenir : dialogue et réformes

La solution réside dans l’équilibre. Les jeunes doivent continuer à s’exprimer et à revendiquer, mais dans le cadre de la non-violence et du dialogue. Les institutions, de leur côté, ont le devoir d’écouter, de comprendre et d’accélérer les réformes sociales nécessaires.

Le Maroc est engagé dans une trajectoire ascendante qui peut faire de lui un modèle de développement pour toute l’Afrique. Pour réussir ce pari, il doit consolider ses piliers internes: justice sociale, équité, éducation de qualité, système de santé performant. C’est en investissant dans le capital humain que le Royaume transformera l’enthousiasme de sa jeunesse en une véritable force de progrès.

Le moment est historique : le Maroc doit protéger sa stabilité, valoriser ses succès et répondre avec intelligence et fermeté aux défis qui se dressent devant lui. Les jeunes ont raison d’exiger mieux, mais ils doivent aussi protéger leur pays des manipulations et préserver l’unité nationale.

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