Tribune : Ainsi parla Giles Perrault !

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Hassan II face au livre de Giles Perrault : aucun complot n’a eu raison de lui, Giles Perrault en est réduit à vivre de ses souvenirs retouchés, on y reviendra…

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Du côté d’en France, cela tire de tous les boulets dernièrement sur les institutions marocaines, et à leur tête la monarchie.

Le dernier à s’y prêter à ce jeu est le « Grand Enquêteur » devant l’éternel Gilles Perrault. Il a accordé une « interview » (téléguidée) à un site électronique (orientxxi.info en date du 24 septembre200) pour essayer, en amorce, de raviver « la flamme » de son livre, publié il y 30 ans. Bien sûr, c’est son livre et il peut encore s’en rappeler avec émotion, même s’il en a partagé les droits d’auteurs avec Mme Christine Serfaty sans laquelle le livre n’aurait pas été possible. Perrault le « grand enquêteur » installé à Paris s’est appuyé sur C. Serfaty pour lui faire ses recoupements alors qu’il ne l’avait pas crue au début. Passons, le livre a eu de belles ventes et Perrault, grand seigneur, en a partagé les droits d’auteur avec Mme Serfaty.

Trente ans après de l’eau a coulé sous les ponts. Abraham et Christine ont changé de discours et se sont joints au vaste effort de réconciliation entamé il y a 20 ans. Mais, apparemment, cela ne plaît pas à tout le monde. On pourrait comprendre que des personnes ayant souffert durant le règne de Hassan II rechignent à tourner la page. Mais, que certains « bien pensants », à la française, si prompts d’aller voir des « torts » ailleurs alors qu’ils ont du pain sur la planche chez eux, continuent de le faire, cela donne à réfléchir. Le même cas pour les nationaux qui regardaient ailleurs, à l’époque et qui sont devenus des « opposants » de la 25ème heure. 

Tout de suite après « l’amorce » hassanienne, l’interview conduit G. Perrault sur un terrain où il aurait dû, lui le spécialiste du « recoupement », bien réfléchir avant de parler.

Il reconnaît que le problème essentiel au Maroc est « aussi un problème social », mais pour lui visiblement (selon quelle paire de lunettes ?) la monarchie « n’est pas le régime qui favorisera une solution à ce problème ». Comment est-il arrivé à une conclusion pareille alors qu’il n’a pas mis le pied au Maroc depuis sa jeunesse ? Qui lui a fait ses « recoupements » cette fois-ci ? Eric Laurent et Catherine Graciet, les bien-nommés, peut-être ? Ou ne s’agit-il que d’une impression lancée pour plaire à la galerie ?

Pour dénigrer le règne actuel, G. Perrault en vient presque à regretter Hassan II même s’il était « inutilement cruel », selon Charles De Gaulle. Un grand chef d’Etat, certes, mais dont la présidence a vu le Pouvoir français commanditer 38 assassinats dont 17 réussis, à l’encontre même de citoyens français (J’aurais aimé voir Perrault balayer/enquêter devant sa porte). Donc, Perrault dit de Hassan II qu’il était un véritable chef d’Etat qui aimait « le pouvoir », l’argent, mais surtout le « pouvoir » !.  Mais cette reconnaissance tardive et posthume de la dimension de Hassan II (qui n’en avait pas besoin de ce témoignage) n’est avancée que pour taper sur l’actuel monarque. Celui-ci ne serait pas un homme d’Etat parce qu’il n’aime que l’argent et pas le pouvoir. Donc Perrault se transforme en spécialiste ès-sciences-po capable de juger si un roi est ou non un chef d’Etat, puis il se transforme en tailleur pour dire de Mohamed VI qu’il n’a pas rempli le costume du Roi. Et comment a-t-il compris tout cela et l’a-t-il recoupé ? En lisant les livres prédateurs de quelques journalistes français, cherchant peut-être à reprendre les nuitées à la Mamounia ? Perrault, le Grand « recoupeur » nous sort même une phrase entre guillemets à propos des « instructions » données à certains annonceurs pour « priver » les « journaux indépendants » de publicité. Mais, sans nous dire à qui appartient cette phrase et d’où il l’a tient lui qui ne met pas les pieds au Maroc. Et qui a d’ailleurs fait preuve d’un grand « courage » en obéissant gentiment à une pseudo « suggestion » d’André Azoulay de ne pas venir au Maroc sous peine d’être refoulé. N’importe qui de moins « courageux » que lui serait venu vérifier sur place avec pleins de médias, le pire qu’il risquait étant d’être refoulé. Ce qui aurait été un scandale. Mais apparemment G. Perrault préfère « recouper » par d’autres…

M. Perrault et consorts, laissez les Marocains se débrouiller selon leur génie politique propre fruit de longs siècles. Assez de paternalisme et rangez vos velléités de tutelle. Occupez-vous de vos présidents et vérifiez sur place s’ils ont le costume de vrais chefs d’Etat. La France en a eu bien sûrs, des présidents, qui pour le bien stratégique ou immédiat de la France, ont dû guerroyer à gauche et à droite et valider (consciemment ou à l’insu de leur plein gré) des guerres un peu partout, la « gégène » en Algérie, des assassinats ciblés même à l’encontre de français… 

Vous avez eu Sarkozy, balayez devant votre porte avant d’avoir une Marine.

Abdelaziz Tribak

Le 26/9/2020