Santé
A Al Haouz, un exemple de comment Maroc travaille à redessiner son système de santé à travers le pari sur la proximité
Dans la province d’Al Haouz, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a procédé au lancement des services de deux infrastructures sanitaires majeures : l’hôpital de proximité d’Aït Ourir et le centre de santé rural de deuxième niveau de Tazart
Le lancement des services de l’hôpital de proximité d’Aït Ourir et du centre de santé rural de deuxième niveau de Tazart, dans la province d’Al Haouz, marque l’aboutissement d’un vaste programme national de réhabilitation des soins de santé primaires. Ce chantier structurant a permis la mise à niveau de 1.400 établissements à travers le Royaume, bénéficiant à plus de 20 millions de citoyens. À la croisée des enjeux d’équité territoriale, de qualité des soins et de transformation du système de santé, cette dynamique se poursuit avec une nouvelle phase visant 3.000 centres à l’horizon des prochaines années.
Al Haouz, laboratoire de la santé de proximité post-séisme
Dans la province d’Al Haouz, durement touchée par le séisme du 8 septembre 2023, la relance de l’offre sanitaire s’inscrit désormais dans une logique de reconstruction durable et de proximité. C’est dans ce contexte que le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a procédé au lancement des services de deux infrastructures sanitaires majeures : l’hôpital de proximité d’Aït Ourir et le centre de santé rural de deuxième niveau de Tazart.
L’hôpital de proximité d’Aït Ourir, réalisé sur une superficie dépassant 30.000 m2 pour un investissement global de 85 millions de dirhams, se présente comme une structure intégrée répondant aux standards médicaux contemporains. Doté d’une capacité de 45 lits, il propose un éventail complet de prestations, allant des urgences aux soins médico-chirurgicaux, en passant par la santé maternelle et infantile, les consultations spécialisées, l’imagerie médicale et les analyses biologiques.
Conçu pour desservir une population de près de 278.762 habitants répartis sur 16 communes, cet établissement ambitionne de réduire les disparités territoriales en matière d’accès aux soins. Il constitue ainsi un levier essentiel pour améliorer les indicateurs de santé dans une région marquée par l’éloignement géographique et les contraintes d’accessibilité.
À quelques kilomètres de là, le centre de santé rural de Tazart, entièrement réhabilité et équipé, complète ce dispositif de proximité. Il s’inscrit dans un programme spécifique de reconstruction de 114 centres de santé dans les zones sinistrées, couvrant six provinces et mobilisant une enveloppe globale de 393 millions de dirhams. Cette structure, destinée à près de 22.000 habitants, propose des services de base essentiels : consultations générales, suivi de la grossesse, accouchement, soins infirmiers, vaccination, prise en charge des maladies chroniques et distribution de médicaments.
Ces deux infrastructures traduisent une volonté affirmée de rapprocher les services de santé des populations locales, en particulier dans les zones rurales et enclavées, tout en garantissant un niveau de qualité conforme aux standards nationaux.
1.400 centres réhabilités : un chantier national structurant
Au-delà du cas d’Al Haouz, le lancement de ces structures vient consacrer l’achèvement d’un programme d’envergure nationale : la réhabilitation de 1.400 établissements de soins de santé primaires à travers les 12 régions du Royaume. Ce chantier, doté d’un budget global dépassant 6,43 milliards de dirhams, constitue l’un des piliers de la réforme du système de santé.
Dans une déclaration à la presse, Aziz Akhannouch a souligné que ce programme représente un tournant dans l’organisation du parcours de soins, en renforçant le rôle des structures de première ligne. En améliorant les infrastructures, en modernisant les équipements et en introduisant des outils numériques, il permet de désengorger les hôpitaux, d’optimiser les flux de patients et d’assurer une meilleure continuité des soins.
La répartition des investissements témoigne d’une volonté d’équilibre territorial. Des régions densément peuplées comme Casablanca-Settat ou Rabat-Salé-Kénitra ont bénéficié de programmes conséquents, tout comme des zones historiquement moins dotées, à l’image de l’Oriental, du Souss-Massa ou des régions du Sud. À titre d’exemple, la région Fès-Meknès a enregistré la réhabilitation de 229 établissements, tandis que Marrakech-Safi en compte 139 et l’Oriental 164.
Cette approche territorialisée a permis d’adapter les infrastructures aux spécificités locales, en tenant compte des réalités géographiques, démographiques et culturelles. Elle contribue ainsi à réduire les inégalités d’accès aux soins, un enjeu central de la politique sanitaire nationale.
Le programme a également introduit une dimension technologique importante, avec la généralisation progressive du système d’information intégré et la digitalisation des services. Ces innovations facilitent la gestion des dossiers médicaux, améliorent la coordination entre les structures et renforcent la qualité du suivi des patients.
Vers un système de santé plus équitable et universel
L’achèvement de ce programme s’inscrit dans une vision plus large de transformation du système national de santé, portée par les orientations du Roi Mohammed VI et encadrée par la loi-cadre 06-22. L’objectif est clair : garantir un accès équitable et universel à des soins de qualité, conformément aux engagements du Maroc en matière de développement durable, notamment l’objectif de couverture sanitaire universelle à l’horizon 2030.
Dans cette perspective, les établissements de soins primaires sont appelés à jouer un rôle central en tant que porte d’entrée du système de santé. Ils assurent non seulement les soins de base, mais également la prévention, le suivi des maladies chroniques, la santé scolaire et la promotion de la santé.
Le ministère de la Santé et de la Protection sociale souligne que cette réforme a déjà permis d’améliorer la satisfaction des usagers et les conditions de travail des professionnels. Elle contribue également à renforcer le capital humain, en facilitant l’accès à la formation continue et en améliorant l’environnement de travail.
La dynamique ne s’arrête pas à cette première phase. Le gouvernement prévoit une extension du programme avec la réhabilitation de 1.600 centres supplémentaires, dont 500 dès 2026, pour atteindre un total de 3.000 établissements modernisés à l’échelle nationale. Parallèlement, des actions sont engagées pour assurer la maintenance des infrastructures, généraliser le dossier médical électronique et évaluer l’impact global des réformes engagées.
Au-delà des chiffres, cette transformation traduit une évolution profonde de la politique sanitaire, fondée sur la proximité, la qualité et l’équité. Elle vise à répondre aux attentes croissantes des citoyens tout en consolidant les fondements d’un système de santé résilient, capable de faire face aux défis futurs.