''Ça fait bizarre'' : Les Emirats ont vécu leur premier weekend au standard international

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Des musulmans accomplissent la prière du vendredi midi dans une zone proche de leur lieu de travail le premier vendredi ouvrable dans l'émirat de Dubaï, dans le Golfe, le 7 janvier 2022. Les Émirats arabes unis réduisent leur semaine de travail officielle à quatre jours et demi et déplacent leur week-end au samedi et au dimanche, dans le cadre d'un changement majeur visant à améliorer la compétitivité, selon des responsables. La "semaine de travail nationale" devient obligatoire pour les organis

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"C'est la première fois que je travaille un vendredi, ça fait un peu bizarre." Comme Ahmad Bilbisi, de nombreux résidents aux Emirats arabes unis ont dû modifier leurs habitudes en ce premier vendredi de l'année, le riche pays musulman du Golfe ayant officiellement fait passer le weekend de vendredi-samedi à samedi-dimanche.

Avec l'abandon du weekend le vendredi, jour de la grande prière dans les pays musulmans, les Emirats sont ainsi devenus le seul Etat du Golfe à s'aligner sur la majorité des pays occidentaux, le rendant plus attractif pour les entreprises et travailleurs étrangers.

Et depuis le 1er janvier, la semaine de travail a aussi été réduite à quatre jours et demi jusqu'au vendredi midi pour les employés du secteur public et les écoles. La grande prière hebdomadaire débute désormais le vendredi après 13H00 dans ce pays, l'un des plus influents du Golfe.

Cette nouvelle organisation du travail semble toutefois avoir reçu un accueil mitigé, notamment dans le secteur privé, qui reste libre de choisir sa semaine de travail, n'étant pas concerné par les nouvelles mesures.

"Je préfère que le vendredi soit un jour de congé", dit Rachel King, une Britannique de 22 ans qui travaille depuis six mois à Dubaï dans l'industrie hospitalière.

"Nous nous sommes habitués à avoir congé le vendredi, mais maintenant nous allons devoir passer au samedi", ajoute-t-elle.

Jusqu'en 2006, les Emirats avaient un weekend les jeudi-vendredi, avant de passer au vendredi-samedi.

Des inquiétudes 

Dans le centre de Dubaï, le quartier financier est particulièrement calme en ce vendredi, un grand nombre d'employés faisant du télétravail en raison de la hausse des cas de Covid-19, tandis que certains écoliers ont des cours à distance.

Mais dans les mosquées, plusieurs fidèles sont arrivés comme à leur habitude, avec un tapis sous le bras, pour faire leurs prières avant de se diriger vers leurs bureaux.

D'après un sondage réalisé auprès de 195 entreprises par le cabinet de conseil en ressources humaines Mercer en décembre, seules 23% des sociétés s'apprêtent à suivre le rythme du gouvernement, mais plus de la moitié a choisi de basculer vers un weekend les samedi-dimanche.

"Heureusement, j'ai droit aux mêmes jours de congé que mes enfants, mais ce n'est pas le cas de mon mari", témoigne Fati, salariée d'une société internationale de distribution, qui préfère taire son nom de famille.

"Il est employé dans une multinationale qui n'a pas changé ses horaires pour le moment. J'espère qu'elle le fera rapidement sinon notre vie de famille sera ruinée", déplore-t-elle.

Près du tiers des entreprises interrogées par Mercer disent s'inquiéter de l'impact de la réorganisation du travail sur leurs activités dans la région.

"Nous travaillons beaucoup avec l'Egypte et l'Arabie Saoudite", explique Rana, salariée d'une grande entreprise du secteur de l'événementiel, affirmant qu'une partie de son équipe va devoir travailler les dimanches.

Pour Ahmad Bilbisi, 34 ans, employé dans le secteur bancaire, cette réorganisation du travail "fait sens", surtout dans son domaine: "Maintenant nous allons travailler le même jour que le reste du monde".

Le nouveau weekend a d'ailleurs suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter.

"Ce n'est pas juste", a critiqué un internaute. "Mon corps et mon esprit sont habitués à avoir congé le vendredi. Je crois que cette journée sera longue et difficile", se plaint-il.

Pour faire taire les critiques, Charjah, l'un des sept émirats de la fédération, a quant à lui opté pour une autre solution: un weekend de trois jours, vendredi-samedi-dimanche.