Cent et une chroniques – Par Seddik Maaninou

Cent et une chroniques – Par Seddik Maaninou

Mes souvenirs de mon travail à la télévision ont également ressurgi, notamment ceux liés à des moments historiques du règne du roi Hassan II. J’ai évoqué ma visite à Dakhla en mars 1980, ainsi que la décision de donner les noms d’Allal El Fassi et de Belhassan Ouazzani à deux ruelles devenues aujourd’hui de larges avenues, illustrant la profonde transformation que connaît Oued Eddahab.

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Retour sur deux années d’écriture, de débats et de voyages : Seddik Maaninou revisite cent et une chroniques publiées sur le site Quid.ma, entre mémoire personnelle, engagement médiatique et regard critique sur les grandes questions nationales et régionales.

Seddik Maaninou

Alors que je mettais de l’ordre dans les chroniques que j’ai écrites pour Quid.ma, animé par mon ami Naïm Kamal, j’ai découvert qu’au cours des deux dernières années j’avais produit cent et une chroniques. La surprise fut réelle. J’ai alors tenté de classer ces textes par thèmes et par événements, un travail qui m’a demandé beaucoup de temps et de concentration. Je m’en suis remis à Dieu, et je tiens à préciser que ma contribution à ce site est née d’une conversation fortuite entre Naïm et moi. J’avais exprimé mon admiration pour son site, pour le niveau de ses contributeurs, ainsi que pour l’esprit de liberté et de diversité qui le caractérise. C’est à ce moment-là qu’il m’a proposé de rejoindre la liste des chroniqueurs et des commentateurs. J’ai immédiatement accepté l’idée, tout en soulignant que j’assumais pleinement la responsabilité de mes écrits. Avec son calme habituel, Naïm m’a rassuré en me disant : « Remets-t’en à Dieu ».

Je reconnais que ma participation à ce site constitue une expérience nouvelle dans mon parcours médiatique. Après l’audiovisuel et après l’écriture des mémoires, une autre aventure s’ouvrait à moi, exigeant un suivi constant de l’actualité et un choix réfléchi des angles que je jugeais utiles à traiter.

Une première contribution et l’appel à une réflexion nationale

En relisant ces articles, j’ai constaté que ma première contribution portait sur la cérémonie d’hommage posthume rendue à l’ami et confrère Abdellah Stouki. Ce fut un hommage à la hauteur du défunt, tant par les interventions individuelles que par la table ronde consacrée à une partie de sa vie et de son apport dans le domaine de la communication. Lors de mon intervention, j’avais appelé à l’organisation d’une nouvelle rencontre nationale afin d’approfondir le débat sur la situation de la presse toutes catégories confondues (papier, audiovisuelle et électronique, et sur les dérives qui polluent le secteur et aggravent les difficultés de la profession et de ses acteurs.

La sécheresse et les inquiétudes collectives

Par la suite, j’ai parcouru des articles consacrés à des sujets qui préoccupent l’opinion publique, comme la crise de l’eau, sa raréfaction et les prières pour la pluie. À travers ces textes, j’ai exprimé clairement mon inquiétude face au phénomène de la sécheresse et à ses répercussions sur le monde rural marocain, sur la sécurité alimentaire, et même sur la capacité à approvisionner les villes en eau potable.

Dans le cadre de notre confrontation médiatique avec la presse française, j’ai consacré plusieurs articles à la réponse aux médias européens. Dans ce contexte, j’ai qualifié le président français de « garnement », une formule qui a rencontré un large écho.

Oued Eddahab, mémoire et symboles

Mes souvenirs de mon travail à la télévision ont également ressurgi, notamment ceux liés à des moments historiques du règne du roi Hassan II. J’ai évoqué ma visite à Dakhla en mars 1980, ainsi que la décision de donner les noms d’Allal El Fassi et de Belhassan Ouazzani à deux ruelles devenues aujourd’hui de larges avenues, illustrant la profonde transformation que connaît Oued Eddahab.

À cette occasion, j’ai rappelé un épisode des leçons hassaniennes d’août 1979, lorsque le regretté souverain avait pris la parole pour annoncer la récupération d’Oued Eddahab et prononcer sa célèbre phrase : «  كبَّرها تصغار » (littéralement agrandis-là elle se dégonflera d’elle-même). J’ai saisi toutes les occasions pour rappeler le rôle de la Marche Verte dans la libération du Sahara. À l’occasion du cinquantième anniversaire de son lancement, j’ai écrit six articles mettant en lumière des aspects singuliers de sa préparation, de son déroulement, ainsi que les efforts diplomatiques ayant conduit aux négociations de Madrid.

Le voisin hostile

J’ai également rédigé plusieurs textes sur l’Algérie, son hostilité persistante et les problèmes internes qui l’ont conduite à s’opposer à la majorité de ses voisins, en plus de son isolement régional et international. J’ai présenté plusieurs extraits d’un ouvrage publié par des chercheurs français, intitulé « Le mal algérien », dans lequel les auteurs relatent leurs visites en Algérie et décrivent la dégradation économique et sociale ainsi que l’incapacité à faire face aux crises.

Livres, hommages et fidélité à la mémoire

Cette période a coïncidé avec la publication de mon nouvel ouvrage intitulé « Empreintes », un album rassemblant des centaines de photographies de ma vie professionnelle. Plutôt que de le commercialiser, j’ai choisi de l’offrir à celles et ceux qui possèdent les six volumes de mes mémoires. J’annonce également qu’un nouvel ouvrage est en route vers l’imprimerie, sous le titre « Salé à travers des regards étrangers », qui sera mon quinzième livre et viendra enrichir la liste de mes publications.

J’ai par ailleurs retrouvé trois articles consacrés à l’officier marocain, héros de l’épopée de Bir Anzarane, le général M’zired, que j’ai rencontré à son domicile, saluant à travers lui le courage et l’héroïsme des Forces armées royales.

À l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône de ses illustres ancêtres, j’ai contribué par trois longs articles publiés sur plusieurs sites nationaux et internationaux. Ces textes retracent son parcours scolaire et universitaire, ses activités officielles et son leadership dans la bataille du développement et du progrès.

Voyages, rencontres et transmission

Au cours de ces deux années, j’ai visité dix-neuf villes, de Tétouan à Dakhla et de Tanger à Fquih Ben Salah. Durant cette tournée éprouvante, j’ai donné des conférences dans des universités, des lycées et divers espaces culturels. J’ai également participé à de nombreuses rencontres, d’Asilah et Larache à Casablanca et Agadir, en passant par Bouskoura et l’Université d’Ifrane.

Durant la même période, répondant aux invitations des communautés marocaines établies à l’étranger, j’ai visité le Canada, la Belgique et l’Italie, où j’ai eu le plaisir de rencontrer des centaines de Marocains du monde.

Je reconnais avoir éprouvé un réel plaisir à revenir sur ces articles, sur ces cent chroniques et une de plus. Je ne sais si cette participation me vaudra une mention excellente parmi la riche liste des contributeurs, mais l’expérience, elle, demeure inestimable.

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