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Aides au Cinéma, soutien aux festivals et poésie
La Commission d’aide à la numérisation, à la modernisation et à la création des salles de cinéma a tenu, le 21 juillet au Centre cinématographique marocain à Rabat, sa première session au titre de l’année 2026
À Rabat, le Centre cinématographique marocain a annoncé de nouvelles aides destinées aux salles de cinéma et à quarante festivals. Dans le même temps, Saïdia accueille la première édition d’un festival musical appelé à renforcer son attractivité touristique, tandis que la plage de Beddouza, dans la province de Safi, s’apprête à recevoir la septième édition des Plages de la poésie.
Des aides pour créer et moderniser les salles de cinéma
La Commission d’aide à la numérisation, à la modernisation et à la création des salles de cinéma a tenu, le 21 juillet au Centre cinématographique marocain à Rabat, sa première session au titre de l’année 2026. Elle a examiné les dossiers jugés éligibles avant de répartir les aides entre plusieurs établissements de Casablanca, Tanger et Rabat.
Deux projets casablancais bénéficieront chacun d’une enveloppe de 4 millions de dirhams au titre de l’aide à la création de salles. Il s’agit de Cinerji Aïn Sebaâ et du Cinéma Empire. Ces deux dotations représentent la part la plus importante des aides décidées au cours de cette session et traduisent la volonté de renforcer l’offre cinématographique dans la métropole.
À Tanger, le Cinéma Alcazar recevra 575.000 dirhams pour la rénovation de ses installations. L’établissement bénéficiera également d’une aide de 650.000 dirhams pour sa numérisation. Le soutien doit ainsi porter à la fois sur la remise à niveau de la salle et sur l’adaptation de ses équipements aux nouvelles technologies de projection.
La numérisation concerne également le complexe Mégarama City Mall de Tanger. Ses huit salles se verront attribuer une enveloppe globale de 3 millions de dirhams. À Rabat, le Cinéma Renaissance recevra, pour sa part, 650.000 dirhams dans le même cadre.
Plus de 26 millions de dirhams pour quarante festivals
Le soutien au cinéma ne se limite pas aux infrastructures. Réunie les 21 et 23 juillet à Rabat, la Commission de soutien à l’organisation des festivals cinématographiques a retenu quarante festivals et manifestations, pour un montant global de 26,46 millions de dirhams.
Au total, 55 dossiers ont été examinés. Les organisateurs ont été reçus afin de présenter leurs projets et d’en défendre la programmation, les objectifs et la portée culturelle. La répartition des aides fait apparaître une forte concentration des crédits sur les deux principales manifestations institutionnelles du calendrier cinématographique national.
La Fondation du Festival international du film de Marrakech recevra ainsi 12 millions de dirhams. Le Festival national du film de Tanger, organisé par le Centre cinématographique marocain, bénéficiera de 7,5 millions de dirhams. À eux seuls, ces deux rendez-vous concentrent près des trois quarts de l’enveloppe accordée.
Le Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan se verra attribuer 1,2 million de dirhams, tandis que le Festival international du film de femmes de Salé recevra un million de dirhams. Le Festival international du cinéma d’auteur de Rabat sera soutenu à hauteur de 800.000 dirhams.
D’autres manifestations implantées dans les régions bénéficieront de montants allant de 300.000 à 480.000 dirhams. Le Festival international du film maghrébin d’Oujda recevra 480.000 dirhams. Le Festival international du film transsaharien de Zagora et le Festival international du cinéma de montagne d’Ouzoud obtiendront chacun 300.000 dirhams. À Nador, le Festival international du cinéma et mémoire commune sera doté de 250.000 dirhams.
Le dispositif soutient également des manifestations consacrées aux migrations, aux écoles de cinéma, au court métrage, au cinéma éducatif, au documentaire, à la philosophie, au cinéma amazigh ou encore au handicap. Les montants accordés varient entre 30.000 et 200.000 dirhams selon l’ampleur et la nature des projets.
La question de leur pérennité demeure toutefois liée à leur capacité à construire des programmations solides, à diversifier leurs ressources et à dépasser le seul temps événementiel. Les aides publiques leur permettent de fonctionner, mais elles les placent aussi devant l’exigence d’un impact culturel durable.
Saïdia mise sur la musique pour renforcer son attractivité
À l’autre extrémité du calendrier estival, la Marina de Saïdia a accueilli, mercredi soir, l’ouverture de la première édition du Saïdia Music Festival. La manifestation entend associer animation culturelle, promotion touristique et développement territorial.
La soirée inaugurale a réuni un public nombreux autour d’une programmation mêlant patrimoine régional et musique populaire contemporaine. Une troupe locale de reggada a ouvert la scène avec un répertoire puisé dans la culture de l’Oriental, avant les prestations d’Anbar, Badr Soultan et Stormy.
Pour ses organisateurs, le festival ne constitue pas seulement un nouveau rendez-vous musical. Il est présenté comme une initiative portée par des jeunes de la région, déterminés à faire de la culture un levier de développement économique et social.
Le directeur du festival, Mohammed Tijjini, a souligné la volonté de démontrer la capacité de la jeunesse locale à concevoir des projets culturels ayant des retombées sur la ville, la station balnéaire et l’ensemble de l’Oriental. L’ambition est de pérenniser l’événement et de l’inscrire durablement dans la programmation estivale de Saïdia.
Pendant cinq jours, du 5 au 9 août, le festival propose des concerts et des animations avec plusieurs figures de la scène musicale marocaine, parmi lesquelles Hatim Ammor, Fnaire, Zouhair Bahaoui, Aminux, Dada, Simo Balady, Five Stars et Walid Rahmani. Des artistes issus de la région doivent également participer à la programmation.
Le festival intervient en pleine saison touristique. Surnommée la Perle bleue de la Méditerranée, Saïdia attire chaque été des visiteurs marocains et étrangers, ainsi qu’un grand nombre de Marocains résidant à l’étranger. La ville dispose de quatorze kilomètres de plages, d’infrastructures touristiques et d’une marina qui en font l’une des principales destinations balnéaires de l’Oriental.
La poésie prend ses quartiers sur la plage de Beddouza
Dans la province de Safi, la culture prendra une autre forme du 9 au 11 août. La Maison de la poésie de Marrakech organisera, sur la plage de Beddouza, la septième édition des Plages de la poésie.
La manifestation, organisée en coordination avec la Direction régionale de la Culture de Marrakech-Safi, vise à rapprocher la poésie du public en l’installant dans un espace ouvert et fréquenté par les estivants. Elle s’inscrit dans une démarche d’élargissement des activités de la Maison de la poésie à plusieurs villes et régions du sud du Maroc.
Le programme réunira poètes, artistes et critiques littéraires autour de soirées poétiques, de prestations musicales et de rencontres. Une séquence sera consacrée à la critique de la poésie au Maroc, en mettant l’accent sur les liens entre création poétique, diversité culturelle et pluralisme linguistique.
Cette édition rendra également hommage au critique Mounir El Biskri. Des ateliers de poésie et de lecture seront proposés aux enfants, tandis qu’une sculpture de sable sera réalisée sur la plage pour conserver une trace symbolique de l’événement.
La bibliothèque de la Maison de la poésie de Marrakech ouvrira par ailleurs un espace de lecture publique destiné aux estivants et au grand public. À travers cette initiative, les organisateurs cherchent à sortir la poésie de ses lieux habituels pour l’installer au cœur de la vie quotidienne.