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Feux de forêt : historiques en Belgique, plus de 254.000 hectares ravagés en Espagne, ‘’sentiment d’apocalypse’’ en France
Depuis le début de l’année, 6.685 incendies ont été recensés à travers l’Espagne dont 4.382 ont touché une superficie inférieure ou égale à un hectare
Les incendies de forêt ont détruit 254.730 hectares en Espagne entre le 1er janvier et le 17 août 2026. Si le bilan reste lourd, il marque pour la première fois cet été un recul par rapport à la même période de 2025, selon les données provisoires du ministère de la Transition écologique.
Un bilan en baisse par rapport à 2025
La superficie ravagée par les flammes est désormais inférieure de 13,8 % à celle enregistrée à la même date en 2025, lorsque 295.580 hectares avaient brûlé.
Depuis le début de l’année, 6.685 incendies ont été recensés à travers le pays. Parmi eux, 4.382 ont touché une superficie inférieure ou égale à un hectare.
Les autorités ont également dénombré 42 grands incendies, catégorie regroupant les feux ayant parcouru plus de 500 hectares. À eux seuls, ces sinistres ont détruit 223.872 hectares, soit l’essentiel de la superficie totale brûlée.
Les zones boisées particulièrement touchées
Selon le ministère de la Transition écologique et du Défi démographique, 127.025 hectares de zones boisées ont été ravagés, contre 115.237 hectares de végétation ligneuse non arborée et 12.466 hectares de végétation herbacée.
L’année 2026 se distingue ainsi par une évolution inhabituelle : pour la première fois au cours de la dernière décennie, la superficie boisée brûlée dépasse celle des espaces non boisés.
Une mobilisation aérienne renforcée
Malgré l’amélioration relative du bilan, la campagne demeure particulièrement exigeante. Les moyens aériens de l’État ont effectué 8.753 heures de vol depuis janvier, contre 4.912 heures à la même période de 2025, soit une hausse de 78 %.
Cette mobilisation vise à soutenir les communautés autonomes lors des épisodes les plus critiques.
La ministre de la Transition écologique, Sara Aagesen, a appelé à maintenir une vigilance élevée. Elle a rappelé que la saison des incendies avait commencé particulièrement tôt cette année et que des températures très élevées restaient attendues jusqu’au milieu de la semaine.
Belgique : l’incendie des Hautes Fagnes encerclé, mais toujours loin d’être éteint
L’incendie qui ravage depuis vendredi le parc naturel des Hautes Fagnes, dans l’est de la Belgique, est désormais totalement encerclé après avoir détruit quelque 3.000 hectares. Les pompiers restent toutefois confrontés à de nombreuses reprises de feu, favorisées par la tourbe qui continue de brûler en profondeur.
Les autorités belges se montrent prudemment optimistes. Le feu ne devrait plus pouvoir progresser, mais il n’est pas encore considéré comme totalement fixé ou maîtrisé.
Quelque 500 pompiers restent mobilisés pour lutter contre les reprises de feu et surveiller l’immense zone touchée. Une réduction progressive des moyens engagés pourrait être décidée en fonction de l’évolution de la situation.
La pluie tombée depuis lundi facilite leur travail, sans toutefois suffire à éteindre l’incendie. Elle provoque également d’importantes fumées, qui limitent la visibilité et compliquent les interventions aériennes.
Mardi, les bombardiers d’eau venus de Norvège, d’Allemagne, de Suède et des Pays-Bas n’avaient ainsi pas pu décoller. Un éventuel soutien aérien mercredi restait dépendant des conditions météorologiques.
La menace des « feux zombies »
La principale difficulté vient de la nature du terrain des Hautes Fagnes, composé notamment de landes et de tourbières. La tourbe, matière végétale riche en carbone et particulièrement inflammable, peut continuer à brûler sous terre alors que le feu semble éteint en surface.
Ces foyers enfouis peuvent ressurgir plusieurs mètres plus loin lorsque le vent ou la sécheresse redeviennent favorables. Ce phénomène, surnommé « feu zombie », oblige les secours à maintenir une surveillance constante.
Des drones équipés de détecteurs thermiques sont utilisés pour localiser les zones encore chaudes. Les pompiers ont également recours à l’étrépage, technique consistant à retirer la couche superficielle du sol pour éliminer les matières susceptibles d’alimenter les flammes.
Une extinction totale encore lointaine
Le ministre belge de l’Intérieur, Bernard Quintin, a prévenu que l’extinction complète pourrait nécessiter plusieurs semaines.
Cet incendie, le plus important dans les Hautes Fagnes depuis celui de 1911, intervient après une succession d’épisodes de fortes chaleurs et de sécheresse. Les températures avaient atteint jusqu’à 37°C dans certaines régions belges à la fin de la semaine dernière, créant des conditions particulièrement favorables à la propagation du feu.
France : 52 jours de vagues de chaleur en 2026, un record historique
La France métropolitaine a cumulé 52 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin 2026, un niveau inédit depuis le début des relevés en 1947. Trois épisodes successifs ont marqué l’été, dans un contexte de chaleur exceptionnelle touchant une grande partie de l’Europe occidentale. En ont découlé des incendies qui ont ravagé plusieurs régions françaises, notamment la Gironde, et les vagues de chaleur qui ont frappé le pays "ont fait croître de 2,6 millions le nombre de personnes souffrant d'éco-anxiété", créant un "sentiment d'apocalypse"
Affirme Pierre-Éric Sutter, directeur de l'Observatoire de l'éco-anxiété (OBESCA), qui s'appuie sur les premiers résultats d'une étude à paraître en septembre.
Trois vagues de chaleur successives
Selon une analyse de l’AFP fondée sur les données de Météo-France, la France a connu 14 jours de fortes chaleurs en juin, 16 en juillet, puis 22 depuis la fin juillet. Cette dernière vague n’était toujours pas officiellement terminée au 18 août.
Le précédent record remontait à 2022, avec 33 jours cumulés, contre 22 jours lors de l’été meurtrier de 2003.
Des records de température battus
Les 24 et 25 juin 2026 ont également été les journées les plus chaudes jamais mesurées en moyenne en France métropolitaine. L’indicateur thermique national a atteint 30°C, dépassant le précédent record établi en 2003.
La vague débutée fin juillet est par ailleurs la deuxième plus longue jamais observée, avec 22 jours, derrière les 23 jours enregistrés en juillet 1983.
Depuis 1947, la France a subi 54 vagues de chaleur, dont plus de la moitié depuis 2010, illustrant l’accélération du phénomène dans un contexte de réchauffement climatique. (Quid avec AFP et MAP)