Un été culturel entre cinéma, musique, patrimoine et design

Un été culturel entre cinéma, musique, patrimoine et design

À Larache, la cinquième édition du Festival de la Mer, FESTIMAR, a placé le patrimoine maritime au cœur de la fête

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De Casablanca à Agadir, en passant par Harhoura, Larache et Ifrane, plusieurs manifestations ont animé le paysage culturel marocain. Le cinéma arabe a célébré ses lauréats, les festivals populaires ont attiré des publics nombreux et cinq créateurs marocains se sont distingués parmi les finalistes du Prix du design 2026 de l’Institut du monde arabe à Paris.

Le cinéma arabe à l’honneur à Casablanca

La 7e édition du Festival du film arabe de Casablanca s’est achevée par le sacre de Plainte N°713317, du réalisateur égyptien Yasser Shafiei. Le long métrage a remporté le Grand Prix et Mahmoud Himida le prix du Meilleur acteur.

Le Prix spécial du jury a été attribué à Flana, de l’Irakienne Zahrae Ghandour. Le Marocain Yassine Fenane a reçu le Prix du meilleur scénario pour Les Fourmis. La Tunisienne Zineb El Malki a été récompensée comme Meilleure actrice pour Je cherche Ayda, alors que le film saoudien Anti-cinéma, d’Ali Saeed, a obtenu une mention spéciale.

Le Lac des orphelins, du Marocain Salem Ballal, a remporté le prix du Meilleur documentaire. La compétition des courts métrages a consacré I Owe You a Touch, de l’Égyptien Marwan El Shafie. Mon nom est espoir, du Syrien Sherwan Haji, a été récompensé pour son image, tandis que Noé, de l’Irakien Murthada Harz Al Yasry, a obtenu le Prix du meilleur scénario. Le film égyptien 32B a reçu une mention spéciale.

La cérémonie de clôture a également rendu hommage au réalisateur marocain Nabil Ayouch. Au total, 29 œuvres, dont 12 longs métrages et 17 courts métrages, ont participé à la compétition officielle, illustrant la diversité du cinéma arabe.

Harhoura rapproche le septième art du public

Sur la côte de Harhoura, le Festival Ciné-Plage a refermé sa septième édition avec le sacre de Wa Lana Fel Khayal Hob, réalisé par Sarah Rozik. La Tunisienne Najlae Ben Abdellah a remporté le Prix de la meilleure interprétation féminine pour Donya, tandis que Mohamed Bouchait a reçu celui de la meilleure interprétation masculine pour Un amour à Dakhla.

Le Prix de la réalisation est revenu à Bribes, signé Abdilah Zirat et Fatine Janane Mohammadi. Dans la compétition Ciné-école, Au gré du vent, d’Inès Lehaire, a été distingué. La manifestation a aussi rendu hommage aux acteurs Aïcha Mahmah et Anas El Baz pour leur contribution au cinéma marocain.

Au-delà des projections, Ciné-Plage a proposé des ateliers, des master classes et des tables rondes consacrées notamment à l’intelligence artificielle, à l’avenir du cinéma et aux droits humains. Installé dans un espace balnéaire, le festival entend rapprocher les œuvres du public et favoriser les échanges.

Larache célèbre son identité maritime

À Larache, la cinquième édition du Festival de la Mer, FESTIMAR, a placé le patrimoine maritime au cœur de la fête. Organisée dans le cadre des célébrations de la Fête du Trône, la manifestation a débuté par un carnaval musical et folklorique reliant l’avenue Mohammed V à la place de la Libération.

Fanfares, troupes populaires, associations et clubs sportifs ont participé au défilé. Les costumes traditionnels féminins de Larache, notamment le haïk et le mendil, ont côtoyé les tenues maritimes et les uniformes des étudiantes de l’Institut maritime. Des maquettes de créatures marines ont complété la parade.

Le programme a aussi associé sports nautiques, pêche, gastronomie et spectacles. Des démonstrations de surf, des compétitions de kayak et des concours de pêche à la ligne ont été organisés sur les plages de la ville. La soirée Fusion des deux rives : flamenco, andalou et gnaoua a illustré les liens culturels entre le nord du Maroc et l’Espagne.

La dernière journée devait mettre à l’honneur la cuisine maritime locale à la place Bab Al Bahr, avec des plats de poisson préparés selon les traditions de Larache. FESTIMAR célèbre ainsi la mer, les savoir-faire locaux et la mémoire urbaine.

Ifrane conjugue fête populaire et environnement

Dans le Moyen Atlas, le Festival international d’Ifrane a ouvert sa huitième édition devant une foule nombreuse réunie à la place Taj. Familles, jeunes, Marocains résidant à l’étranger et touristes ont partagé une première soirée à forte dimension populaire.

Les prestations d’Abidat Rma ont rapidement transformé l’espace en vaste piste de danse, avant que Nadia Laaroussi ne prolonge l’ambiance avec un répertoire inspiré du patrimoine musical de l’Oriental. La programmation prévoit également Abdellah Daoudi, Ahouzar, Hatim Idar, Muslim, Asma Lmnawar, Badr Ouabi et la Symphonie Ahidous.

Le festival ne se limite pas aux concerts. Placée sous le thème du Parc national d’Ifrane et du développement durable, l’édition associe rencontres scientifiques, ateliers environnementaux, activités sportives et animations pour les enfants. L’objectif est aussi de sensibiliser le public à la préservation des zones montagneuses.

Timitar referme trois jours de dialogue musical

À Agadir, la 21e édition du Festival Timitar – Signes et cultures s’est achevée à la place Al Amal et au Théâtre de Verdure. La clôture a illustré sa vocation : faire dialoguer les expressions amazighes avec les musiques arabes, africaines et internationales.

La troupe Ahwach du Grand Sud a ouvert les festivités avec des chants, des danses collectives et des rythmes amazighs. Le DJ H-Brown a ensuite associé sonorités traditionnelles et musique électronique dans une scénographie lumineuse.

L’un des temps forts a été la prestation de Hamid El Kasri, accompagné des maâlems Mehdi Nassouli et Mehdi Qamoum. Guembri, rythmes africains, guitare électrique et saxophone ont donné au répertoire gnaoui une dimension contemporaine. Ragheb Alama a repris plusieurs titres de sa carrière et présenté une nouvelle chanson, avant la clôture assurée par Oudaden.

Au Théâtre de Verdure, Fatima Tachtoukt, Fatima Tabaamrant et la Libanaise Abeer Nehme ont proposé une rencontre entre poésie, patrimoine amazigh et chanson arabe contemporaine. Cette diversité a une nouvelle fois donné corps à la devise de Timitar : les artistes amazighs accueillent les musiques du monde.

Le design marocain gagne en visibilité

À Paris, cinq créateurs marocains figurent parmi les finalistes du Prix du design 2026 de l’Institut du monde arabe. Leur présence dans quatre catégories illustre la vitalité d’une création située au croisement de l’innovation, de l’artisanat, de l’architecture et de la sauvegarde patrimoniale.

Othmane Bengebara est finaliste dans la catégorie Talent émergent avec Irtah !, une relecture contemporaine de l’assise traditionnelle marocaine. Imane Mellah concourt pour le Prix de l’Artisanat contemporain avec Bab, une œuvre textile inspirée des portes des médinas et des techniques de tissage amazigh.

Le cabinet casablancais 99+ X Architects, fondé par Alaa Halifi et El Yazid Boudraa, a été sélectionné pour What Remains: Atlas of a Disappearing Casablanca. Le projet transforme les gravats issus des démolitions en ressources destinées à préserver la mémoire architecturale de la métropole.

L’architecte Salima Naji est, quant à elle, finaliste du Grand Prix avec le Centre d’interprétation du patrimoine de Tiznit, réalisé en terre crue dans les remparts historiques. Les lauréats seront annoncés le 9 septembre à Paris, tandis que les projets seront exposés à l’Institut du monde arabe du 3 au 20 septembre.

De la musique au cinéma, des plages aux espaces patrimoniaux, ces rendez-vous dessinent un été culturel dense. Ils montrent un Maroc attaché à ses traditions, mais aussi ouvert aux échanges avec les scènes arabes, africaines et internationales.