Coupe du monde : le Maroc à la rencontre méritée de l’élite – Talaâ Saoud Al Atlassi

Coupe du monde : le Maroc à la rencontre méritée de l’élite – Talaâ Saoud Al Atlassi

Supportere marocain lors dy match amical international de football opposant le Maroc à la Norvège au Sports Illustrated Stadium de Harrison, dans le New Jersey, le 7 juin 2026. (Photo : ANGELA WEISS / AFP)

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Une nouvelle fois, le football s’impose comme le principal langage universel des passions collectives. Ferveur populaire, enjeux nationaux et rivalités symboliques, la compétition dépasse largement le cadre sportif. Talaâ Saoud Al Atlassi analyse les sens d’une passion populaire et rappelle que pour le Maroc, qualifié parmi les meilleures nations de la planète, la participation à ce rendez-vous mondial est l’aboutissement d’un parcours mérité et d’une ambition désormais assumée qu’il serait heureux de confirmer.

Talaâ Saoud Al Atlassi

Quand le monde vit au rythme du football

Pendant plus d’un mois, le football sera partout : dans les conversations, les médias, les émotions populaires et jusque dans les calculs des États. La Coupe du monde constitue cette parenthèse unique où la planète semble suspendre une partie de ses préoccupations pour se concentrer sur un ballon, des couleurs nationales et des rêves de victoire.

Cette compétition possède une force singulière. Elle fascine au point que ceux qui y goûtent souhaitent la voir éternellement recommencer. Elle quitte à peine les lèvres qu’elle y revient déjà. Le football exerce sur le monde une emprise que peu de phénomènes culturels ou politiques peuvent revendiquer.

Quarante-huit nations ont confié leurs espoirs à vingt-six joueurs chacune. Ces hommes ont franchi les obstacles des qualifications pour porter leur drapeau au sommet de la hiérarchie mondiale. Derrière eux se tiennent des peuples entiers, porteurs d’attentes, d’aspirations et d’une quête de reconnaissance qui dépasse largement les limites du terrain.

Le football, bien plus qu’un jeu

Les joueurs entrent seuls sur la pelouse, mais ils n’y portent jamais uniquement leur talent. Ils transportent avec eux l’histoire, les frustrations, les ambitions et parfois même les blessures de leurs nations.

Le poids de cette responsabilité ne se mesure pas en minutes de jeu, même lorsque les rencontres s’étirent jusqu’à cent vingt minutes. Il se mesure à l’intensité de la passion collective. Une passion capable d’épuiser, parfois même de briser, mais qui, dans quelques cas exceptionnels, conduit au sommet.

L’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait dénoncé, dans sa « Troisième Théorie universelle » exposée dans le « Livre vert », le fait qu’une minorité pratique le sport tandis que la majorité se contente d’assister au spectacle. Selon sa conception, les foules auraient dû envahir les terrains pour reléguer les sportifs professionnels dans les tribunes.

L’histoire a démontré les limites de cette vision. La Libye ne s’est imposée ni comme une grande nation sportive ni comme un modèle de compétition populaire. Les foules libyennes n’ont acquis ni la culture du défi sportif ni celle de la confrontation politique démocratique.

Une guerre symbolique entre nations

Pourtant, Kadhafi avait peut-être perçu, sans le vouloir, une réalité essentielle : les compétitions sportives ne sont plus l’affaire exclusive des joueurs.

Dans leur dimension internationale, elles mobilisent des peuples entiers. Les hymnes, les drapeaux, les médias et les émotions collectives participent pleinement à l’affrontement. Le vocabulaire lui-même emprunte largement au registre militaire : attaque, défense, contre-offensive, tactique, stratégie ou encore coup fatal.

Le football est devenu une forme particulière de confrontation entre nations. Une guerre symbolique où les armes sont les passes, les dribbles et les frappes. Les buts n’y versent pas le sang, mais ils peuvent faire couler des larmes ou blesser l’orgueil de peuples entiers.

Le Maroc parmi les meilleures nations du monde

Aucune autre discipline sportive n’a atteint un tel degré de popularité. Même les États-Unis, longtemps attachés à leurs propres sports collectifs, ont fini par succomber à la passion du football et disposent aujourd’hui d’une sélection capable de rivaliser avec de grandes nations historiques.

Cette popularité s’explique par des facteurs sociaux, sportifs et politiques, auxquels s’ajoute désormais une dimension économique considérable. Le football est devenu un secteur d’investissement, un instrument de rayonnement et parfois même un substitut aux succès obtenus dans les domaines du développement, de l’innovation ou de la puissance internationale.

C’est dans cet univers exigeant que le Maroc s’est hissé parmi l’élite mondiale. Sa présence à la Coupe du monde n’est ni un cadeau ni une faveur du destin. Elle est le résultat d’un travail de longue haleine, d’une progression constante et d’une ambition portée par tout un peuple.

Le Royaume va à la rencontre des meilleures sélections du monde. Il y va avec ses joueurs, ses supporters, ses rêves et sa confiance retrouvée. Il y va surtout parce qu’il a gagné le droit d’y être.

Le sport comme levier du projet national marocain

Le Maroc fait partie des pays qui ont intégré le sport en général, et le football en particulier, dans leur stratégie de développement. Le projet marocain de réforme et de modernisation, dont le Roi Mohammed VI a posé les fondements et fixé les objectifs, se caractérise par une vision globale où les différents chantiers se complètent et interagissent. Le sport y occupe une place essentielle comme instrument de progrès.

À l’échelle individuelle, il contribue à nourrir un sentiment d’appartenance nationale positif, fondé sur la fierté de l’identité marocaine sans enfermement ni excès. Il encourage également une culture de l’excellence reposant sur le mérite, la compétence et l’effort, loin de la tricherie, des intrigues ou des artifices. La formation physique y demeure indissociable d’une éducation morale qui renforce les valeurs nationales d’un pays fort de sa profondeur historique et pleinement disposé à contribuer aux idéaux universels de paix, de solidarité et de coopération entre les peuples.

Une ferveur populaire sans haine de l’autre

Au Maroc, des épisodes de violence entre supporters de clubs locaux ont certes été observés. Ces débordements trouvent leur origine dans diverses réalités : régionalismes excessifs, fragilités sociales de certains jeunes attirés par les comportements violents ou encore conséquences d’une urbanisation rapide insuffisamment accompagnée sur les plans économique et social.

Mais ces manifestations n’ont jamais marqué les compétitions internationales. Les célébrations des victoires de l’équipe nationale, au Maroc comme à l’étranger, ont toujours été caractérisées par un enthousiasme débordant, sans jamais sombrer dans l’humiliation des adversaires ou le mépris de l’autre. Et lorsque la sélection nationale est battue, les Marocains savent contenir leur déception, apaiser les blessures de leur fierté et conserver leur confiance dans les succès à venir.

La finale de la Coupe d’Afrique organisée au Maroc en a fourni une illustration remarquable. Le monde a vu les supporters marocains refuser de répondre aux provocations de certains supporters sénégalais présents dans le stade. Ils ont choisi de ne pas laisser ces incidents sportifs déborder sur les relations humaines, économiques ou politiques entre les deux pays.

Le Maroc face aux campagnes d’hostilité

Durant cette même édition de la Coupe d’Afrique, le Maroc a également été la cible d’une campagne de dénigrement visant à ternir l’image du Royaume et à compromettre la réussite de cet événement continental.

Il était manifeste que cette campagne était conduite de manière organisée et préméditée. Des médias occidentaux ont même révélé qu’un pays maghrébin hostile au Maroc aurait consacré près de six millions de dollars, sur une année, à un plan global destiné à discréditer l’organisation marocaine de la compétition.

Pourtant, la réussite de cette Coupe d’Afrique a été officiellement reconnue par les instances africaines elles-mêmes. Dans leurs évaluations finales, elles ont salué la qualité de l’organisation et le caractère exceptionnel de l’accueil réservé aux délégations et aux supporters.

Face à ces attaques, les Marocains, tant au niveau de l’État que de la société, ont choisi la retenue. Ils ont refusé de répondre à la provocation ou de se laisser entraîner dans une spirale de réactions émotionnelles.

Une Coupe du monde abordée avec confiance

Le Maroc aborde aujourd’hui la Coupe du monde avec l’état d’esprit d’un participant convaincu de sa valeur. L’équipe nationale bénéficie d’un immense respect à travers le monde depuis son parcours exceptionnel lors du Mondial au Qatar.

Cette sélection est façonnée par l’ambition de gagner. Elle aspire à jouer les premiers rôles au sein de cette élite mondiale parce qu’elle dispose d’une préparation de haut niveau, mais aussi parce qu’elle représente un pays qui a fait sortir le football de la marginalité, de l’improvisation et de la gestion aléatoire.

Le Royaume considère désormais le sport comme l’un des moteurs de sa réussite globale, au même titre que les autres chantiers de développement économique et social.

Une victoire qui dépasse le terrain

Il ne fait guère de doute que la participation du Maroc à cette Coupe du monde sera remarquable. Les observateurs les plus attentifs s’attendent déjà à voir le Royaume confirmer sa place parmi les grandes nations du football mondial.

Quel que soit le résultat final, cette présence constituera un nouveau succès dans une longue série de réalisations. L’essentiel est que ces avancées s’accompagnent d’une conscience lucide des obstacles qui continuent de jalonner le parcours du pays. Ces freins, ces résistances et ces difficultés peuvent ralentir sa progression, mais ils ne parviennent pas à l’arrêter, tant les réalisations accomplies se renforcent mutuellement au sein de l’ensemble national.

Le Maroc poursuit ainsi son chemin avec assurance dans la consolidation de l’unité de son territoire et de son peuple. Plus d’un quart de siècle après avoir fait le choix de la fidélité à son histoire et à ses constantes nationales, il récolte aujourd’hui les fruits d’une diplomatie fondée sur la raison et la constance.

Plus de 140 pays comprennent désormais sa position nationale et soutiennent sa proposition pacifique de règlement d’un conflit artificiellement entretenu. Par ce soutien, ces États reconnaissent le Maroc dans sa globalité et souhaitent prendre part à sa dynamique de développement.

Un acteur majeur en Afrique

Le Maroc occupe aujourd’hui une position de premier plan sur le continent africain. Dans le domaine industriel, il a atteint un niveau qui le place parmi les économies les plus performantes d’Afrique et lui confère une forte attractivité auprès de nombreux partenaires africains.

Cette influence repose sur une doctrine de coopération fondée sur le principe du gagnant-gagnant, qui guide ses relations avec les pays du continent.

Pour la troisième année consécutive, le Royaume accueille également la Plateforme de Marrakech, organisée en partenariat avec les Nations unies et réunissant les services de renseignement africains. Près de quarante agences de sécurité du continent y participent, témoignant de la confiance accordée à l’expertise marocaine dans la lutte contre le terrorisme.

Cette reconnaissance n’est pas le fruit de la complaisance. Elle résulte d’une efficacité opérationnelle et d’une préparation sécuritaire reconnues à l’échelle internationale. Une efficacité qui puise sa force dans la clarté du projet réformateur et modernisateur conduit par le Roi Mohammed VI.

Une reconnaissance internationale qui nourrit l’ambition

L’ambassadeur des États-Unis au Maroc a lui aussi illustré cette dynamique lors de la célébration de la fête nationale américaine à Rabat. Il a affirmé que le Maroc était un allié solide des États-Unis et que le président Donald Trump soutenait fermement le processus de règlement de la question du Sahara sur la base de la proposition marocaine d’autonomie.

Pour l’auteur, cette déclaration constitue un indicateur fort de l’influence acquise par le Maroc sur la scène internationale. L’administration américaine, selon cette lecture, ne noue pas d’alliances stratégiques ni n’accorde son soutien aux acteurs qu’elle considère comme faibles. C’est la solidité du Maroc, la crédibilité de ses choix et l’étendue de ses capacités qui structurent ses relations extérieures et déterminent le regard que ses partenaires portent sur lui.

Ces éléments ne sont que quelques exemples parmi les évolutions récentes qui témoignent, aux yeux de l’auteur, des succès accumulés par le Royaume dans différents domaines. Ils illustrent un contexte national dont l’équipe marocaine de football s’inspire pour nourrir sa confiance, renforcer sa détermination et poursuivre son aspiration à l’excellence.

La sélection nationale n’évolue pas dans un vide. Elle est le reflet d’un pays engagé dans un vaste processus de transformation, porté par une ambition de progrès, de rayonnement et de reconnaissance. Les joueurs qui défendent les couleurs du Maroc sur les terrains de la Coupe du monde portent ainsi bien davantage qu’un maillot : ils incarnent une volonté collective de réussite.

C’est pourquoi le Maroc aborde cette compétition avec la sérénité de ceux qui ont gagné leur place parmi les meilleurs et avec l’ambition de confirmer que l’exploit n’était pas une exception, mais l’expression d’une trajectoire. Une trajectoire qui, dans l’esprit de l’auteur, associe la réussite sportive à une dynamique plus large de développement, d’influence et de confiance en l’avenir.

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