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Diphtérie : un cas doit-il nous alerter avant que d’autres maladies contagieuses ne reviennent ? – Par Dr Anwar Cherkaoui
Un cas de diphtérie ne prédit pas à lui seul le retour de la poliomyélite, de la coqueluche ou du tétanos. Mais il doit nous rappeler une règle simple : lorsque la protection vaccinale faiblit
La réapparition d’un cas de diphtérie au Maroc ne signifie pas qu’une nouvelle vague de maladies contagieuses est imminente. Elle rappelle cependant la nécessité de maintenir une couverture vaccinale élevée, de repérer les retards de vaccination et de renforcer la surveillance épidémiologique afin d’éviter le retour de maladies que la vaccination avait largement contenues.

Anwar Cherkaoui
Expert en communication médicale et de santé
Un cas de diphtérie ne prédit pas à lui seul le retour de la poliomyélite, de la coqueluche ou du tétanos. Mais il doit nous rappeler une règle simple : lorsque la protection vaccinale faiblit, les maladies évitables peuvent retrouver le chemin de la population.
Diphtérie, coqueluche, poliomyélite, tétanos : quatre maladies que la vaccination avait progressivement reléguées à l’arrière-plan pourraient-elles regagner du terrain au Maroc ? La réapparition de cas de diphtérie constitue, en tout cas, un signal sanitaire qui mérite une réaction rapide.
Un cas isolé ne signifie pas automatiquement qu’une épidémie se prépare. Mais il doit pousser à rechercher d’éventuelles poches de vulnérabilité : personnes non vaccinées, vaccination incomplète, retards dans les rappels ou difficultés d’accès à la vaccination.
La diphtérie, un voyant rouge
La diphtérie est aujourd’hui une maladie évitable par la vaccination. Lorsque des cas réapparaissent, la première question est donc celle de la protection vaccinale de la population concernée.
L’alerte ne concerne d’ailleurs pas uniquement la diphtérie. Les programmes de vaccination infantile reposent largement sur des vaccins combinés, qui permettent de protéger contre plusieurs maladies, notamment la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et, selon les formulations et le calendrier, la poliomyélite.
Il serait toutefois scientifiquement excessif d’affirmer qu’un cas de diphtérie annonce automatiquement le retour de la coqueluche, de la poliomyélite ou du tétanos. En revanche, il constitue une occasion de vérifier immédiatement que la protection vaccinale reste solide.
Quand la couverture vaccinale baisse, les maladies reviennent
L’expérience internationale montre qu’une diminution de la couverture vaccinale peut créer des conditions favorables au retour de maladies que l’on croyait maîtrisées. La coqueluche a ainsi connu des recrudescences dans plusieurs pays européens ces dernières années.
La poliomyélite mérite également une vigilance particulière.
Même lorsque la transmission du poliovirus sauvage a été interrompue dans certaines régions, des poliovirus dérivés de souches vaccinales peuvent provoquer des flambées lorsque l’immunité collective devient insuffisante.
Le tétanos obéit à une logique différente : il ne se transmet pas d’une personne à l’autre.
Mais une personne insuffisamment vaccinée reste vulnérable après une plaie contaminée.
Pas de panique, mais pas d’attentisme
Le véritable enjeu n’est donc pas de transformer quelques cas de diphtérie en annonce prématurée d’une épidémie. Il est de profiter de ce signal pour vérifier toute la chaîne de protection vaccinale.
Qui sont les enfants insuffisamment vaccinés ? Où se trouvent les retards de vaccination ? Les rappels sont-ils à jour ? Existe-t-il des populations difficiles à atteindre ? La surveillance épidémiologique doit-elle être renforcée ?
La réponse doit être rapide, ciblée et fondée sur les données. Car en matière de maladies infectieuses, le retour d’une maladie évitable par la vaccination n’est pas une raison de paniquer. C’est une raison d’agir avant que le signal ne devienne une tendance.
Un cas de diphtérie ne prédit pas à lui seul le retour de la poliomyélite, de la coqueluche ou du tétanos. Mais il doit nous rappeler une règle simple : lorsque la protection vaccinale faiblit, les maladies évitables peuvent retrouver le chemin de la population.