À la Berlinale, le retour éclatant d’Ahmed Bouanani : “Mirage” renaît sur grand écran

À la Berlinale, le retour éclatant d’Ahmed Bouanani : “Mirage” renaît sur grand écran

L’Académie des Arts de Berlin a accueilli la première mondiale de la version restaurée de “Mirage” (Assarab), réalisé en 1979 par Ahmed Bouanani

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Quarante-sept ans après sa réalisation, “Mirage” d’Ahmed Bouanani retrouve la lumière internationale grâce à une restauration menée au Maroc et présentée en première mondiale à Berlin. L’événement consacre à la fois un film majeur du patrimoine national et la montée en puissance du Royaume dans la préservation et la diffusion de son héritage cinématographique.

Le classique marocain face au public berlinois

Mercredi soir, l’Académie des Arts de Berlin a accueilli la première mondiale de la version restaurée de “Mirage” (Assarab), réalisé en 1979 par Ahmed Bouanani. La projection s’inscrivait dans la prestigieuse section Berlinale Classics du Festival international du film de Berlin, dédiée aux grandes œuvres restaurées du cinéma mondial.

Devant une salle composée de professionnels, de critiques et de passionnés, le film a retrouvé sa dimension internationale, confirmant son statut d’œuvre fondatrice du cinéma d’auteur marocain. Plusieurs personnalités du secteur étaient présentes, dont le directeur du Centre cinématographique marocain Reda Benjelloun, la directrice de la Cinémathèque allemande Heleen Gerritsen, la réalisatrice Narjis Nejjar, à l’origine du projet de restauration, ainsi que Touda Bouanani, artiste et fille du cinéaste disparu.

L’émotion d’un héritage retrouvé

Pour Touda Bouanani, cette projection marque un moment symbolique. Elle a rappelé que sa dernière participation à la Berlinale remontait à 2017, lors d’un hommage consacré à son père par le réalisateur Ali Essafi. Voir aujourd’hui le film restauré figurer dans la sélection officielle constitue, selon elle, une reconnaissance majeure pour l’œuvre et pour la mémoire de son auteur.

Heleen Gerritsen a pour sa part qualifié “Mirage” de grand film et salué son intégration dans la programmation. Elle a souligné l’intérêt croissant pour le patrimoine cinématographique marocain, estimant que celui-ci demeure encore largement à découvrir à l’international.

Un récit social devenu allégorie

Unique long métrage d’Ahmed Bouanani, “Mirage” raconte l’histoire d’un homme modeste qui découvre une importante somme d’argent et quitte son village pour tenter sa chance en ville. Derrière ce parcours individuel se dessine une lecture symbolique des transformations sociales du Maroc de la fin des années 1970, entre espoir de modernité et déracinement.

Au fil du temps, l’œuvre a acquis un statut singulier dans l’histoire culturelle nationale, souvent considérée comme l’une des expressions les plus abouties du cinéma marocain moderne.

Restaurer pour transmettre

La restauration a été pilotée par la Cinémathèque marocaine sous la direction de Narjis Nejjar. Elle a rappelé que la préservation du patrimoine constitue l’une des missions essentielles de l’institution. Le travail, hautement technique, s’est étendu sur plusieurs mois et a nécessité une rigueur particulière pour restituer fidèlement la matière originale du film.

La projection berlinoise revêt également une portée historique : c’est la première fois qu’un film entièrement restauré en Afrique est sélectionné dans la section Berlinale Classics.

Le Maroc à l’honneur du marché du film

Parallèlement à cette reconnaissance artistique, le Maroc a été désigné Country in Focus de l’European Film Market, le marché professionnel de la Berlinale. Premier pays africain à recevoir cette distinction, le Royaume a mis en avant son patrimoine, mais aussi son rôle croissant comme plateforme de création et de coproduction internationale.

Ainsi, la renaissance de “Mirage” dépasse la simple redécouverte d’un film. Elle témoigne d’un cinéma qui se souvient de son passé pour mieux s’inscrire dans l’avenir.

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