Culture
À Ouarzazate, le musée du cinéma, cœur battant du 7e art
Chaque galerie raconte une étape du processus créatif : de l’écriture à la mise en scène, du maquillage aux effets spéciaux. Les décors originaux de films tels que Gladiator ou The Mummy témoignent du rôle central de la ville dans l’industrie mondiale du cinéma.
Quid avec avec Driss Hachimi Alaoui
À quelques pas de la Kasbah de Taourirt, le musée du cinéma de Ouarzazate offre une plongée saisissante dans l’histoire et les coulisses du 7e art. Entre décors monumentaux, costumes mythiques et équipements d’époque, ce lieu singulier incarne la mémoire vivante d’une ville devenue, au fil des décennies, un carrefour mondial des grandes productions cinématographiques.
Un voyage au cœur des illusions
En franchissant les portes du musée, le visiteur entre dans un univers où la fiction prend corps. Caméras anciennes, projecteurs, accessoires de tournage, statues pharaoniques, uniformes de légionnaires romains ou encore décors grandeur nature rappellent que Ouarzazate a servi de toile de fond à de nombreuses superproductions internationales.
Chaque galerie raconte une étape du processus créatif : de l’écriture à la mise en scène, du maquillage aux effets spéciaux. Les décors originaux de films tels que Gladiator ou The Mummy témoignent du rôle central de la ville dans l’industrie mondiale du cinéma. Loin d’être un simple espace d’exposition, le musée restitue l’atmosphère des plateaux et met en lumière les métiers de l’ombre qui donnent vie aux images.
Pour les milliers de touristes qui visitent chaque année Ouarzazate, cette halte s’impose comme un passage obligé. Fabrice, venu de France en famille, évoque avec enthousiasme “tout ce qui tourne autour du cinéma” dans la région. Après la visite des studios emblématiques, le musée apparaît comme le prolongement naturel de cette immersion dans la fabrique des rêves.
Un ancien studio devenu lieu de mémoire
Inauguré en 2007 et édifié sur deux hectares, le musée occupe un site chargé d’histoire. À l’origine, il s’agissait d’un studio de tournage construit au milieu des années 1980. Sa reconversion en musée a permis de préserver cette mémoire tout en maintenant sa vocation d’accueil de productions nationales et internationales.
Selon Ahmed Ouzdi, président de l’association du musée du cinéma de Ouarzazate, le lieu constitue aujourd’hui un pilier de l’écosystème cinématographique régional. Il continue d’offrir des espaces de tournage et des services techniques, tout en contribuant à la création d’emplois pour les compétences locales. Le cinéma, ici, n’est pas seulement un spectacle : il est un moteur économique et social.
La complémentarité entre cinéma et tourisme est particulièrement visible à Ouarzazate. La vitalité des productions attire visiteurs et professionnels, dynamisant l’hôtellerie, la restauration et les services connexes. La ville dispose d’infrastructures adaptées aux exigences des grandes sociétés de production, renforçant son attractivité en tant que destination de tournage et de séjour.
Un laboratoire de formation et de transmission
Au-delà de sa dimension patrimoniale et économique, le musée joue un rôle formateur essentiel. Il accompagne les stagiaires de l’Institut spécialisé des métiers du cinéma et de l’audiovisuel ainsi que les étudiants de la Faculté polydisciplinaire de Ouarzazate. Stages sur les plateaux, accueil de projets de fin d’études, réalisation de courts métrages et documentaires : l’articulation entre formation académique et pratique professionnelle y prend tout son sens.
Pour Youssaa Ouhti, délégué provincial du tourisme à Ouarzazate-Zagora-Tinghir, le musée occupe une position stratégique dans les circuits culturels. Aménagé dans d’anciens espaces de tournage, il valorise la mémoire cinématographique locale tout en enrichissant l’offre touristique.
En s’inscrivant dans les stratégies nationales de développement du secteur, le musée participe au rayonnement de Ouarzazate au niveau national et international. Il contribue à diversifier l’offre, à prolonger la durée de séjour des visiteurs et à consolider le positionnement de la ville comme pôle international du tourisme cinématographique.
À la croisée du patrimoine matériel et immatériel, le musée du cinéma incarne ainsi la rencontre entre mémoire et modernité. Il rappelle que, sous le soleil du Sud marocain, le cinéma n’est pas qu’un décor : il est une identité, une industrie et une promesse de création continue.