Berlinale 2026 : le Maroc à l’honneur et un cinéma du monde en dialogue

Berlinale 2026 : le Maroc à l’honneur et un cinéma du monde en dialogue

L'actrice malaisienne Michelle Yeoh tient le trophée Honorary Golden Bear qui lui a été décerné « en reconnaissance de ses réalisations exceptionnelles dans le domaine du cinéma » lors d'une conférence de presse organisée dans le cadre de la Berlinale, le premier grand festival de cinéma européen de l'année, à Berlin, le 13 février 2026. (Photo de Ronny HARTMANN / AFP)

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La 76e édition du Festival international du film de Berlin s’est ouverte au Berlinale Palast dans un contexte marqué par la diversité des récits et la dimension politique du cinéma contemporain. Cette année, le Maroc occupe une place d’honneur à l’European Film Market, tandis que le film d’ouverture interroge l’Afghanistan contemporain à travers une comédie dramatique portée par une réalisatrice exilée.

Un lancement officiel sous le signe du dialogue culturel

La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence de la directrice du festival Tricia Tuttle et du président du jury Wim Wenders. Parmi les invités figuraient le ministre d’État allemand à la Culture et aux Médias Wolfram Weimer, le bourgmestre-gouverneur de Berlin Kai Wegner et l’actrice Michelle Yeoh, distinguée par un Ours d’or d’honneur.

La délégation marocaine a également foulé le tapis rouge, à l’occasion de la participation du Royaume à l’European Film Market, dont il est cette année le pays à l’honneur. Étaient présents notamment l’ambassadrice du Maroc en Allemagne Zohour Alaoui, le secrétaire général du département de la Communication Abdelaziz El Bouzdaini et le directeur du Centre cinématographique marocain Reda Benjelloun.

Selon la diplomate marocaine, cette participation reflète la place croissante du cinéma marocain dans les échanges culturels internationaux et son rôle comme vecteur de compréhension mutuelle. Elle souligne également la convergence de valeurs entre la Berlinale et le Maroc autour de la diversité culturelle, de la liberté de création et du pluralisme artistique.

Le cinéma marocain au cœur du marché professionnel

Un événement consacré au Maroc a été organisé au Gropius Bau pour lancer la présence du Royaume à l’EFM, premier pays africain mis à l’honneur dans ce cadre professionnel. Les organisateurs justifient ce choix par l’accueil régulier de productions internationales au Maroc et par l’évolution de ses infrastructures cinématographiques.

La délégation présente les mécanismes de coproduction et de financement ainsi que l’expertise du pays en matière de tournage. Producteurs confirmés et jeunes professionnels y exposent fictions, documentaires et séries, certains projets étant en phase de post-production. Des rencontres professionnelles et tables rondes doivent également favoriser de futures collaborations avec des partenaires allemands et internationaux.

La section Berlinale Classics propose par ailleurs une projection restaurée du film The Mirage d’Ahmed Bouanani, soulignant la dimension patrimoniale de la participation marocaine.

Un film d’ouverture entre humour et réalité politique

La Berlinale s’ouvre avec No Good Men, une comédie romantique afghane réalisée et interprétée par Shahrbanoo Sadat. Le film suit une journaliste vidéo qui reconsidère sa vision des relations hommes-femmes dans un pays marqué par le retour au pouvoir des autorités talibanes en 2021.

La réalisatrice, exilée en Allemagne, explique vouloir montrer un Afghanistan raconté par ses habitants. Elle évoque également son expérience personnelle, notamment les scènes inspirées de l’évacuation chaotique de Kaboul, qu’elle a vécue avec sa famille.

Le long métrage adopte un ton mêlant légèreté et critique sociale pour aborder les restrictions imposées aux femmes. Il rend aussi hommage aux journalistes afghans victimes de violences, tout en évitant d’idéaliser la période antérieure au retour des talibans.

Filmé en Allemagne avec des images d’archives de Kaboul, le projet a mobilisé la diaspora afghane locale. Malgré les interdictions en Afghanistan, la réalisatrice estime que le film pourra y circuler par des canaux informels.

Entre présence marocaine au marché professionnel et ouverture avec un film engagé, la Berlinale 2026 confirme sa vocation de plateforme internationale d’échanges culturels et de débats sur les réalités du monde contemporain. (Quid avec MAP et AFP)

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