Culture
Biyelmawn à Agadir, Mawazine à Rabat, Melhoun à Rissani, cinéma et arts visuels à Tanger-Tétouan
Biyelmawn, la joie aux rythmes amazighs”, une manifestation culturelle qui entend consolider la place de la capitale du Souss comme l’un des pôles majeurs de la culture amazighe au Maroc, tout en inscrivant durablement le carnaval dans l’agenda culturel national.
Festivals patrimoniaux, Les concerts de Mawazine, rencontres littéraires, initiatives artistiques et concours destinés aux jeunes créateurs, d’Agadir à Fès, en passant par Rissani, Erfoud, Rabat, Tanger et Tétouan plusieurs villes marocaines accueilleront dans les prochaines semaines une série d’événements culturels mêlant valorisation des héritages locaux, ouverture internationale et soutien aux nouvelles formes d’expression.,
Agadir célèbre “Biyelmawn” entre patrimoine amazigh et ouverture atlantique
La ville d’Agadir accueillera du 15 au 21 juin la troisième édition du carnaval “Biyelmawn”, organisée cette année sous le thème “Biyelmawn, la joie aux rythmes amazighs”. Cette manifestation culturelle entend consolider la place de la capitale du Souss comme l’un des pôles majeurs de la culture amazighe au Maroc, tout en inscrivant durablement le carnaval dans l’agenda culturel national.
Cette édition mettra à l’honneur les îles Canaries, invitées spéciales du festival. Une délégation composée d’universitaires, d’experts, de troupes folkloriques et d’exposants participera aux différentes activités prévues durant la semaine. Les organisateurs souhaitent ainsi souligner les liens historiques et civilisationnels entre les deux espaces atlantiques, longtemps marqués par les échanges humains, commerciaux et culturels.
Le programme du carnaval mêlera recherche scientifique, animation urbaine et création artistique. Plusieurs ateliers seront proposés au public, notamment autour de la fabrication des masques traditionnels, de l’apprentissage de l’alphabet tifinagh ou encore de la bande dessinée inspirée de l’univers de Biyelmawn. Des expositions patrimoniales et des présentations de maquettes artistiques viendront compléter cette programmation pensée comme un espace de transmission culturelle.
Dans différents quartiers d’Agadir, des maisons de jeunes accueilleront des ateliers destinés aux habitants, tandis qu’un colloque abordera le rôle des musées dans la préservation de ce patrimoine immatériel. Le jardin Ibn Zaidoun sera transformé en “Village du Carnaval”, réunissant plusieurs pavillons et espaces d’exposition. Quant à la place Al Amal, elle accueillera deux grandes soirées musicales animées par des artistes amazighs.
La parade des troupes folkloriques constituera l’un des temps forts de cette édition, avec la participation de formations venues de plusieurs pays. L’événement est porté par le Conseil communal d’Agadir dans le cadre du Plan d’action communal 2022-2027, en partenariat avec plusieurs institutions publiques et sous la direction du Centre Souss-Massa pour le développement culturel.
Le Melhoun à l’honneur dans le Tafilalet
À Rissani et Erfoud, la 31e Rencontre Sijilmassa de l’art du Melhoun se tiendra du 15 au 17 mai sous le thème “Le Melhoun au service de l’unité nationale”. Cette manifestation portée par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication poursuit un double objectif : préserver l’un des grands patrimoines poétiques marocains et renforcer sa transmission auprès des nouvelles générations.
Le festival réunira des groupes artistiques représentant plusieurs régions du Royaume. Des soirées musicales sont prévues au Centre culturel de Rissani ainsi qu’à la Place des Forces Armées Royales à Erfoud. Une master class consacrée à l’art du Melhoun permettra également d’explorer les dimensions historiques, musicales et poétiques de cette tradition orale et chantée.
Comme lors des précédentes éditions, des hommages seront rendus à plusieurs figures du Melhoun en reconnaissance de leur contribution à la sauvegarde de cet héritage artistique. Les organisateurs souhaitent ainsi rappeler le rôle central joué par les artistes et les maîtres du genre dans la transmission de ce patrimoine.
La programmation prévoit également un concours de chant destiné aux jeunes de moins de 18 ans. Cette initiative vise à encourager l’intérêt des nouvelles générations pour cet art ancestral et à assurer sa continuité dans les espaces culturels contemporains.
Au-delà des spectacles, la rencontre entend aussi renforcer la dimension sociale et humaine du Melhoun. Des soirées artistiques seront organisées au profit des pensionnaires de la prison locale d’Errachidia ainsi que des résidents du centre Dar Talib à Erfoud. L’événement est organisé en partenariat avec la Wilaya de Drâa-Tafilalet et les collectivités territoriales concernées.
Mawazine poursuit l’annonce de sa programmation internationale
À Rabat et Salé, le Festival Mawazine – Rythmes du Monde continue de dévoiler progressivement les artistes attendus pour sa 21e édition, prévue du 19 au 27 juin. Les organisateurs ont annoncé la participation du compositeur marocain Nouamane Lahlou et de la star ivoirienne Serge Beynaud.
Nouamane Lahlou se produira le 23 juin au Théâtre national Mohammed V. Le concert devrait mettre à l’honneur plusieurs registres de la chanson marocaine contemporaine, dans une performance présentée comme une célébration de l’identité musicale nationale.
DSerge Beynaud animera la scène de Bouregreg avec un spectacle orienté vers les rythmes festifs africains. Figure populaire du coupé-décalé ivoirien, l’artiste rejoint ainsi une programmation déjà marquée par une forte diversité de styles musicaux et d’origines géographiques.
Parmi les autres artistes annoncés figurent notamment Ninho, Oumou Sangaré, Lotfi Bouchnak, Asma Lamnawar, Rema, Hassan Chakoush, Tamer Hosny, Mayada El Hennawy, Major Lazer, Nicky Jam, Marwa Nagy et Hatim Ammor.
Littérature, cinéma et arts visuels : une effervescence culturelle régionale
Dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, plusieurs initiatives culturelles sont également annoncées pour les prochaines semaines. À Tanger, l’Institut français accueillera le 19 mai une rencontre avec la jeune écrivaine Soundouss Chraïbi autour de son roman “Le Soleil se lève deux fois”, publié chez Gallimard en 2026. Le livre retrace le parcours d’une femme confrontée aux épreuves de l’existence et à une quête identitaire. Une séance de dédicaces est prévue en partenariat avec la librairie “Les Insolites”.
À Tétouan, l’association “Amis du Cinéma de Tétouan” a lancé un concours de courts métrages réalisés à l’aide du téléphone portable sous le titre “Le cinéma entre vos mains”. Destiné aux jeunes âgés de 15 à 35 ans, ce concours vise à encourager les pratiques audiovisuelles accessibles et à développer les compétences de réalisation chez les nouvelles générations.
La ville accueillera également la deuxième édition du Festival international du cinéma et de la littérature de Tétouan. Plusieurs appels à candidatures ont été ouverts pour des compétitions nationales, internationales et régionales autour du court métrage, de la nouvelle littéraire et de la poésie. Un concours de poésie autour du thème “La Méditerranée : mémoire commune et passerelles de rencontre” figure notamment parmi les temps forts annoncés.
Toujours à Tétouan, la troupe “Double face pour le théâtre et le cinéma” présentera le 14 mai sa nouvelle pièce intitulée “Disparais comme je te le dis”, mise en scène par Mehdi Ahmid, dans le cadre de la Journée nationale du théâtre.
À Fès enfin, l’Université Privée de Fès a inauguré “Fenn”, sa nouvelle galerie d’exposition créée dans le cadre des “Fès Design Days 2026”. L’exposition inaugurale réunit les œuvres de l’artiste-peintre Rime Sbai et celles de l’artiste multidisciplinaire Ahmed Bennani.
Les tableaux de Rime Sbai explorent un univers marqué par des couleurs vives et des figures féminines inspirées du patrimoine marocain et des traditions musicales populaires. Les œuvres d’Ahmed Bennani développent quant à elles une approche plus sobre autour du voile, de la matière et des représentations sociales du corps.