“Djidji Ayôkwé” : un symbole atchan enfin de retour en Côte d’Ivoire

“Djidji Ayôkwé” : un symbole atchan enfin de retour en Côte d’Ivoire

Le “Djidji Ayôkwé”, tambour parleur du peuple Atchan, pèse plus de 400 kilos et mesure près de quatre mètres de long. Instrument rituel et de guerre, autrefois poussé par un léopard selon la tradition, il incarne une part essentielle de l’histoire et de l’identité de cette communauté.

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Plus d’un siècle après sa confiscation par les colons français, le tambour parleur “Djidji Ayôkwé” a été officiellement restitué à la Côte d’Ivoire. Ce geste marque une étape majeure dans le processus de restitution des biens culturels africains et ravive la mémoire d’un patrimoine longtemps éloigné de sa terre d’origine.

Un retour historique

La signature de l’acte de restitution entre les ministres française et ivoirienne de la Culture constitue l’ultime étape d’un processus engagé il y a sept ans. Abidjan avait formulé sa demande dès 2019. Il aura fallu l’adoption d’une loi spéciale en France en juillet 2025 pour permettre juridiquement cette restitution.

Le “Djidji Ayôkwé”, tambour parleur du peuple Atchan, pèse plus de 400 kilos et mesure près de quatre mètres de long. Instrument rituel et de guerre, autrefois poussé par un léopard selon la tradition, il incarne une part essentielle de l’histoire et de l’identité de cette communauté.

Après 110 ans d’absence, son retour en terre ivoirienne est salué comme un moment historique. “Voilà exactement 110 ans que le bien a été confisqué”, a déclaré la ministre ivoirienne de la Culture, Françoise Remarck, soulignant que ce tambour est devenu un symbole national de cohésion sociale et de fraternité.

Un symbole au-delà de l’objet

À son arrivée, le “Djidji Ayôkwé” sera déposé au Musée des Civilisations d’Abidjan, actuellement en réhabilitation et dont la réouverture est prévue dans le courant de l’année. Ce retour ne concerne pas seulement la communauté atchan : il s’inscrit dans une démarche plus large de reconnaissance patrimoniale et mémorielle.

Pour la ministre française en charge des Partenariats internationaux, Éléonore Caroit, cette restitution reflète l’évolution des relations entre la France et les pays africains, et en particulier avec la Côte d’Ivoire.

Au-delà de ce tambour, Abidjan réclame la restitution de 147 autres biens culturels conservés en France et dans d’autres pays. Le “Djidji Ayôkwé” pourrait ainsi ouvrir la voie à d’autres retours, dans un dialogue renouvelé sur la mémoire et le patrimoine.