EN CES TEMPS TROUBLÉS, LE FESTIVAL DE FÈS DE LA CULTURE SOUFIE - Par Mustapha SEHIMI

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En ces temps troublés où l’inquiétude paraît prévaloir, il vaut en effet de faire une pause de réflexion sur des interrogations existentielles. Le soufisme ? Il est central dans cette problématique de la vie.

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Ouvert depuis une semaine, le Festival de Fès de la culture soufie prend fin ce samedi 16 octobre. Pour cette 14ème édition, il a eu pour thème » « Voyage sou les Hautes Lieux du Soufisme ». Par suite de la pandémie actuelle, il a pris – comme en 2020 – une forme digitale. Il s’agit à cet égard de continuer une longue marche tournée vers « ce voyage du sens et de la découverte des trésors du patrimoine soufi dans ses différentes expressions culturelles », comme le précise Faouzi Skali, président de ce festival.

En ces temps troublés où l’inquiétude paraît prévaloir, il vaut en effet de faire une pause de réflexion sur des interrogations existentielles. Le soufisme ? Il est central dans cette problématique de la vie. Des valeurs. De l’éthique. Et de l’engagement. Une recherche appréhendant tout croyant à la recherche de Dieu, de son message et de ses préceptes de sagesse. Aucune frontière ne marque les frontières de la pensée, de la culture et de la spiritualité. Le soufisme est là, vivant, comme en promenade sur les réseaux sociaux dans le nouveau monde virtuel - et de plus en plus - mais aussi au Maroc et dans certains lieux du monde. A  ce titre, le soufisme c’est la navigation de la spiritualité, gagnant des territoires et des communautés. Un vecteur d’humanisme et de civilisation.

Questionnements

Avec cette crise pandémique et ses multiples impacts, le soufisme s’inscrit dans des questionnements de principe : le bilan de nos sociétés, l’état d’esprit axé vers davantage de réflexion critique et de lucidité, nos fragilités dans ce monde, nos aveuglements dans certains choix de société. Une remise en question d’un certain modèle matérialiste et consumériste.

Voilà bien qui doit nourrir un « autre » projet sociétal remettant à plat certaines valeur s’installées pour leur substituer d’autres adossées à l’épanouissement de l’être en lieu et place de l’avoir. La crise doit être une opportunité pour nous inspirer d’un référentiel culturel, spirituel aussi, devant éclairer la recherche et la découverte d’un paradigme civilisationnel à la hauteur de la quête de sens et de spiritualité. Tout cela est le travail pionnier du festival de Fès de la culture Soufie. Il s’est ainsi attelé depuis 2020 à mettre en place une « Bibliothèque vivante des œuvres universelles » - un fonds, une mémoire accessible à tous. Un voyage numérique incessant, avec des étapes et des hauts lieux.

De nouvelles voies

Le paradigme de cette édition traduit au mieux de telles préoccupations. Avec un répertoire musical et poétique, la visite en livre vidéo du patrimoine de Fès – c’est le 40ème anniversaire de son inscription par l’UNESCO patrimoine mondial - ; la symbolique du voyage dans la culture soufi, et tant d’autres événements déclinés depuis une semaine.

Et puis la formule des Master class. Ils représentent l’un des aspects les plus riches et prometteurs de la transmission digitale ; c’est l’expression de la mise en œuvre des nouvelles technologies au service de la préservation et du développement d’un patrimoine vivant. Où quand l’histoire, la culture et la civilisation – dans leur versant soufi – empruntent de nouvelles voies ravivant le spiritualité…