Festivals, expositions et littérature un printemps culturel pour un été dansant et en couleurs

Festivals, expositions et littérature un printemps culturel pour un été dansant et en couleurs

Neila Tazi, directrice et productrice de ce Festival Gnaoua d’Essaouira, inscrit cette édition dans la continuité d’un projet culturel structurant fondé sur la création, la transmission, le dialogue des cultures et l’ouverture sur le monde

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De Fès à Marrakech, en passant par Tanger, Essaouira et Casablanca, plusieurs événements culturels majeurs marque la saison estivale. Festivals de musique, expositions artistiques et rencontres littéraires témoignent d’une dynamique riche, mêlant patrimoine, création contemporaine et dialogue des cultures.

Fès, entre spiritualité et artisanat vivant

Le Festival de Fès des musiques sacrées du monde revient du 4 au 7 juin avec un format resserré de quatre jours, proposant 18 spectacles portés par 160 artistes internationaux. Cette 29e édition met à l’honneur les maîtres-artisans de la médina, à travers une thématique consacrée à leur rôle dans la préservation du patrimoine.

La programmation investira plusieurs lieux emblématiques, dont Bab Makina et les jardins de Jnan Sbil. Fidèle à sa tradition, le festival s’ouvrira par une création originale célébrant les savoir-faire artisanaux. Des artistes venus d’horizons variés, du Kazakhstan à l’Irlande en passant par le Liban et l’Inde, se produiront au fil des concerts, tandis que la prestation de Sami Yusuf s’annonce comme l’un des temps forts.

Essaouira, un carrefour musical et intellectuel

À Essaouira, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde, prévu du 25 au 27 juin, confirme sa vocation de plateforme d’échanges culturels. Plus de 400 artistes y sont attendus, dont 42 Maâlems Gnaoua, illustrant la vitalité d’une tradition fondée sur la transmission.

Neila Tazi, directrice et productrice de ce Festival, inscrit cette édition dans la continuité d’un projet culturel structurant fondé sur la création, la transmission, le dialogue des cultures et l’ouverture sur le monde. S’exprimant lors d’une conférence de presse dédié à la présentation de la 27ème édition de cet évènement, Mme Tazi a indiqué que cette édition réunira plus de 400 artistes (États-Unis, Brésil, Rwanda, Inde, Europe, Palestine et Liban), dont 42 Maâlems issus de différentes régions du Maroc et de plusieurs générations.

La programmation mêlera musiques gnaoua, jazz et sonorités du monde, avec plusieurs créations inédites et collaborations internationales. Le festival s’ouvrira par la parade des Maâlems, suivie d’un concert collectif réunissant artistes marocains et étrangers.

Au-delà des spectacles, le festival poursuivra sa dimension réflexive à travers le Forum des droits humains, dédié cette année aux enjeux de la jeunesse dans un monde en mutation. Des initiatives pédagogiques, en partenariat avec le Berklee College of Music et l’Université Mohammed VI Polytechnique, renforceront également sa mission de transmission.

Tanger, un dialogue artistique entre les rives

À Tanger, l’exposition consacrée à Mariano Fortuny i Marsal met en lumière l’œuvre d’un maître de la gravure du XIXe siècle. Présentée à Dar Niaba jusqu’au 21 août, elle réunit une cinquantaine de pièces illustrant la rigueur technique et la finesse du trait de l’artiste.

Les œuvres exposées témoignent de l’influence du Maroc sur Fortuny, dont les séjours à Tanger ont marqué l’esthétique. L’exposition souligne les échanges artistiques entre l’Europe et le Maroc, dans un dialogue qui traverse le temps et les disciplines.

Casablanca, entre création contemporaine et introspection littéraire

La scène culturelle casablancaise accueille plusieurs événements marquants. À la Villa des Arts, l’exposition « Papers Blooming in a forest » d’Ilias Selfati propose une immersion dans un univers où peinture, dessin et sculpture dialoguent librement. L’artiste y explore les transformations de la matière et de l’espace, dans une approche sensible et évolutive.

Parallèlement, une rencontre autour de l’ouvrage « 9. Ni forte ni faible, mère » de Zineb Bouazzaoui a mis en lumière la notion de matrescence. À travers ce récit mêlant expérience personnelle et analyse, l’auteure aborde la maternité comme un processus de transformation profonde, questionnant les normes sociales et les représentations contemporaines.

Marrakech, les arts populaires à l’honneur

Du 2 au 6 juillet, Marrakech accueillera la 55e édition du Festival national des Arts populaires. Placé sous le thème « Les Arts Populaires, Trésors d’hier et d’Aujourd’hui », l’événement met en valeur la richesse des traditions marocaines.

Les spectacles investiront des lieux emblématiques comme le Palais Badii et la place Jemaa el-Fna, offrant une vitrine aux expressions artistiques venues de toutes les régions du Royaume. Danses, chants et rituels se succéderont pour célébrer un patrimoine vivant.

Parmi les moments forts, la « Nuit des Stars » rendra hommage à la chanteuse Zina Daoudia, figure majeure du chaâbi marocain. Cette reconnaissance s’inscrit dans une volonté de valoriser les artistes populaires et leur contribution à la mémoire collective.