Culture
La Culture en Brèves : enfance et jeunesse, créativité et transmission
À Rissani, la 31e Rencontre Sijilmassa de l’art du Melhoun
Festivals, rencontres artistiques, concours patrimoniaux et initiatives culturelles se multiplient à travers plusieurs villes du Royaume, de Rissani à Casablanca en passant par Meknès, Tétouan, Tanger, Larache et Rabat. Entre valorisation du patrimoine andalou, promotion des jeunes talents et réflexion sur les nouveaux usages culturels, ces manifestations témoignent d’une scène culturelle marocaine marquée par la diversité des expressions artistiques et l’attention portée à la transmission.
La jeunesse et initiatives culturelles
À Rissani, la 31e Rencontre Sijilmassa de l’art du Melhoun a accordé une place particulière à la jeune génération à travers un concours de chant dédié aux moins de 18 ans. Treize candidats venus de différentes régions du Royaume ont interprété des pièces issues du patrimoine du melhoun devant un public nombreux réuni au centre culturel de la ville. L’initiative visait à encourager les jeunes à s’approprier cet art poétique et musical considéré comme l’un des piliers du patrimoine marocain.
La compétition a consacré la jeune Hiba Labib de Marrakech, tandis qu’Abdelmoughit Chbihi Kadouri de Rissani et Ismail Achir de Meknès ont remporté respectivement les deuxième et troisième prix. À travers cette initiative, les organisateurs cherchent à assurer la continuité d’un art transmis traditionnellement de génération en génération.
La jeunesse occupait également une place centrale à Meknès avec l’ouverture de la 24e édition du Festival International de Cinéma d’Animation de Meknès (FICAM). Placée sous le thème « La jeunesse fait son cinéma d’animation », cette édition met l’accent sur les jeunes créateurs marocains et les nouvelles formes d’expression visuelle. Pendant six jours, étudiants, réalisateurs, producteurs et professionnels du secteur se retrouvent autour de projections, de rencontres et d’expériences immersives.
Le festival a aussi rendu hommage à Fayez Al-Sabbagh, fondateur de la chaîne Spacetoon, salué pour son apport aux contenus destinés à la jeunesse arabe. Le Grand Prix AICHA de l’Animation 2026 a été attribué au projet « Figue de barbarie » du jeune réalisateur Kamal Bouglib. En parallèle des projections, un forum des métiers innovants permet aux étudiants et jeunes professionnels de rencontrer des acteurs du secteur de l’animation et du jeu vidéo.
À Tanger, la deuxième édition du Festival « Créateurs de l’avenir » a, elle aussi, mis l’accent sur l’enfance et l’épanouissement personnel. Organisée avec le soutien de plusieurs institutions nationales, cette manifestation a débuté par une conférence consacrée à la santé mentale des enfants. Les discussions ont porté sur l’estime de soi, la confiance, la créativité et l’importance de l’accompagnement psychologique dans le développement de l’enfant. Des représentations théâtrales autour des valeurs de coexistence et de paix ont également rythmé cette rencontre.
Patrimoine andalou et mémoire culturelle
À Larache, la Semaine culturelle et l’exposition itinérante « Les Enfants d’Al Andalus » ont été lancées sous le thème « L’Andalousie dans la mémoire marocaine : passerelles culturelles et patrimoine humain commun ». Cette manifestation entend rappeler l’importance de l’héritage andalou dans la construction de l’identité culturelle marocaine et méditerranéenne.
Au-delà de la dimension historique, les organisateurs présentent l’Andalousie comme une mémoire commune marquée par la coexistence, la créativité artistique et les échanges entre les deux rives de la Méditerranée. Jusqu’au 23 mai, la ville accueille un programme varié comprenant conférences, expositions photographiques, rencontres littéraires, spectacles musicaux et projections cinématographiques.
Des ateliers destinés aux enfants ainsi que des visites du site archéologique de Lixus et de l’ancienne médina de Larache figurent également au programme. L’événement ambitionne de renforcer la dynamique culturelle locale tout en valorisant les liens historiques entre le Maroc et l’héritage andalou.
Cette dimension patrimoniale s’est également retrouvée à Tétouan avec l’ouverture de la 7e édition du Festival des poètes marocains organisé au Théâtre Español. Placée sous le thème « La poésie andalouse : référence et horizon », cette manifestation confirme sa place parmi les principaux rendez-vous poétiques du Royaume.
Le festival, organisé dans le cadre de la coopération entre le Maroc et le département de la Culture de Sharjah, rassemble des poètes issus de différentes générations et expressions linguistiques, notamment arabe, amazighe et hassanie. La cérémonie d’ouverture a rendu hommage au poète Allal Hajjam, à la chercheuse Fatima Tahtah et au poète défunt Mohamed Tanjaoui.
Les organisateurs ont également annoncé les lauréats du Prix du premier recueil de poésie des jeunes poètes. Le premier prix a été attribué ex aequo à Asmae Kabir et Omar Raji, tandis que Yassine Arhal et Mohamed Al Mouden ont été distingués pour leurs recueils respectifs. Le programme comprend aussi des conférences intellectuelles, des soirées poétiques et une exposition intitulée « Tableaux poétiques ».
La musique comme espace de transmission
À Casablanca, la musique andalouse a occupé le devant de la scène avec la tenue de la quatrième édition du Festival Marocain de la Musique Andalouse (FMMA). Organisé au Théâtre L’Hermitage, le festival a réuni plusieurs figures majeures de ce répertoire musical ancestral.
La soirée inaugurale a été animée par l’Orchestre Andalou de Rabat dirigé par Mohamed Amine Debbi, accompagné notamment de Haj Mohamed Bajeddoub et de la chanteuse Bahaa Ronda. L’Orchestre Andalou de Tétouan, sous la direction de Fahd Benkirane, a également participé à cette ouverture marquée par l’interprétation de noubas et de pièces emblématiques du patrimoine andalou.
Le lendemain, l’Orchestre Andalou de Fès dirigé par Mohamed Briouel a offert un moment de tarab accompagné de la chanteuse Chaimae Imran. La clôture du festival a ensuite pris une dimension plus populaire avec la prestation du groupe Nass El Ghiwane, dont les chansons continuent d’occuper une place importante dans la mémoire collective marocaine.
Organisé sous le thème « La culture, levier de développement et de rayonnement durable », le FMMA cherche à établir des passerelles entre les différentes expressions musicales marocaines tout en mettant en valeur un patrimoine transmis depuis des siècles.
Innovation culturelle et nouveaux usages
À Rabat, le Hackathon « Rabat smart book 2026 » a mis en avant les liens entre culture et innovation technologique. Organisée dans le cadre des activités de « Rabat, Capitale mondiale du livre », cette manifestation s’est achevée par la remise de plusieurs distinctions à des équipes ayant développé des solutions numériques destinées à faciliter l’accès à la lecture et à promouvoir l’inclusion des personnes à besoins spécifiques.
Le président de l’Association Ribat Al Fath, Abdelkrim Bennani, a souligné l’importance de l’adaptation des pratiques de lecture aux mutations technologiques et numériques. Le hackathon s’est étalé sur plusieurs mois et a permis à de jeunes participants de proposer des outils destinés à moderniser les usages culturels.
Dans le même esprit de transmission vers les jeunes générations, le Festival International du Cinéma Africain de Khouribga (FICAK) a annoncé qu’une place importante sera consacrée au cinéma pour enfants lors de sa 26e édition prévue du 30 mai au 6 juin. Les organisateurs souhaitent faire du cinéma un outil d’éducation à l’image et de sensibilisation culturelle.
Cette programmation spéciale, organisée sous le slogan « Là où le rêve commence », comprendra des projections adaptées aux jeunes publics ainsi que des ateliers éducatifs et de formation. Le festival entend ainsi développer la sensibilité artistique des enfants tout en favorisant leur découverte du cinéma africain.
À travers ces différentes manifestations, la scène culturelle marocaine confirme sa diversité et son ancrage territorial. Entre préservation du patrimoine, soutien à la création contemporaine et ouverture aux outils numériques, les initiatives se multiplient pour faire de la culture un espace de transmission, de dialogue et de formation des nouvelles générations.