Le Maroc dans le registre de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Le Maroc dans le registre de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Le Moussem de Tan-Tan et l’espace culturel de la place Jemaa El-Fna, inscrits dès 2008, incarnent des lieux de transmission vivante où se mêlent rituels, arts oraux et pratiques sociales.

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Avec seize éléments inscrits sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, le Maroc est l’un des pays les plus actifs et les plus reconnus dans la préservation du patrimoine vivant. Arts, rituels, savoir-faire artisanaux, pratiques sociales et expressions populaires témoignent d’une identité plurielle que le Royaume défend sur la scène internationale à travers une diplomatie culturelle structurée et une vision de long terme.

Un patrimoine vivant au cœur de l’identité marocaine

Depuis 2008, date des premières inscriptions marocaines sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, le Royaume n’a cessé de faire reconnaître des pratiques et des traditions profondément ancrées dans la vie quotidienne des communautés. Ces éléments ne relèvent pas du passé figé, mais d’un patrimoine vivant, transmis de génération en génération, en constante évolution et intimement lié aux dynamiques sociales, économiques et spirituelles du pays.

Les inscriptions couvrent un large spectre, allant des arts vivants à la gastronomie, en passant par les pratiques festives, les rituels sociaux et les savoir-faire artisanaux. Elles traduisent la diversité géographique et culturelle du Maroc, du Haut Atlas aux oasis du Sud, des médinas impériales aux espaces ruraux.

Des savoir-faire emblématiques reconnus à l’échelle mondiale

Parmi les éléments emblématiques figure le savoir-faire lié à l’arganier, inscrit en 2014. Cette reconnaissance met en lumière non seulement une ressource naturelle unique, mais aussi le rôle central des femmes rurales dans la valorisation économique et sociale de l’huile d’argan. Ce savoir-faire illustre le lien étroit entre patrimoine culturel immatériel et développement durable.

Les arts vivants occupent également une place majeure. La danse Taskiwin, inscrite sur la liste du patrimoine nécessitant une sauvegarde urgente, témoigne de la richesse des traditions du Haut Atlas occidental, tout en rappelant la fragilité de certaines pratiques menacées par les mutations sociales. À l’inverse, la musique Gnaoua, reconnue en 2019, connaît un rayonnement international croissant, tout en conservant sa dimension spirituelle et rituelle.

Le patrimoine équestre est représenté par la Tbourida, expression spectaculaire de la relation entre l’homme et le cheval, tandis que le Malhoun incarne la poésie populaire chantée, véritable archive vivante de la mémoire sociale et historique du Maroc.

Le Caftan, symbole d’un savoir-faire identitaire

L’inscription la plus récente, celle du Caftan marocain en décembre 2025, marque une étape significative dans la reconnaissance internationale de l’art vestimentaire marocain. Symbole d’élégance et d’identité, le caftan est le fruit d’un savoir-faire transmis sur plusieurs siècles, mobilisant broderie, tissage, coupe et ornementation.

Selon l’ambassadeur, Délégué permanent du Royaume auprès de l’UNESCO, Samir Addahre, cette inscription revêt une importance particulière dans un contexte marqué par des tentatives d’appropriation culturelle. La diplomatie marocaine s’est fortement mobilisée pour défendre l’authenticité et l’origine de ce marqueur fondamental de la culture nationale, aboutissant à une évaluation positive du dossier par l’organe compétent de la Convention de 2003.

Une implication ancienne dans la construction du cadre normatif

La position du Maroc au sein de l’UNESCO ne se limite pas aux inscriptions. Comme le rappelle Samir Addahre, le Royaume a joué un rôle actif dès les phases de conception de la Convention de 2003, contribuant à élargir la notion de patrimoine au-delà des monuments et sites matériels. Cette approche novatrice a permis d’intégrer les traditions, les expressions orales et les savoir-faire comme composantes essentielles de l’héritage de l’humanité.

Depuis l’adoption de cette convention, le Maroc a poursuivi une stratégie cohérente, malgré l’instauration d’un système de quota limitant le nombre d’inscriptions nationales. Cette contrainte n’a pas freiné la dynamique marocaine, le Royaume ayant également participé à des inscriptions multinationales, lorsque celles-ci relèvent d’un héritage partagé, comme le couscous, la diète méditerranéenne ou la calligraphie arabe.

Une diplomatie culturelle active et reconnue

Les efforts déployés par le Maroc en matière de sauvegarde et de promotion du patrimoine immatériel lui ont valu une reconnaissance croissante au sein de la communauté internationale. Cette crédibilité repose à la fois sur la qualité des dossiers soumis, sur l’implication des communautés concernées et sur la contribution marocaine aux réflexions thématiques menées par le Secrétariat de la Convention.

Cette diplomatie culturelle s’inscrit dans une vision plus large, portée par le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, visant à faire de la culture un levier de rayonnement international, de cohésion sociale et de développement humain.

Le zellige et les perspectives futures

Dans cette dynamique, d’autres candidatures sont en préparation, à commencer par le savoir-faire ancestral lié au zellige, élément distinctif par excellence de l’architecture marocaine. Déjà inscrit auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, le zellige pourrait bénéficier d’une double reconnaissance onusienne, renforçant son rayonnement international et sa protection.

La candidature, programmée pour le cycle 2027, s’inscrit dans une logique de continuité et de cohérence, confirmant la détermination du Maroc à valoriser l’ensemble de ses expressions culturelles, tout en contribuant à la sauvegarde du patrimoine commun de l’humanité.

Un patrimoine au service des générations futures

Au-delà des chiffres et des classements, les inscriptions marocaines à l’UNESCO traduisent un engagement profond en faveur de la transmission. Elles rappellent que le patrimoine immatériel n’a de sens que s’il est vécu, pratiqué et réinventé par les communautés qui en sont porteuses.

En consolidant sa place parmi les acteurs majeurs de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, le Maroc affirme une identité ouverte, enracinée et résolument tournée vers l’avenir, au service des générations présentes et futures.

Les éléments inscrit à l’UNESCO

Le Moussem de Tan-Tan et l’espace culturel de la place Jemaa El-Fna, inscrits dès 2008, incarnent des lieux de transmission vivante où se mêlent rituels, arts oraux et pratiques sociales. Le festival des cerises de Sefrou illustre, quant à lui, le lien étroit entre culture, territoire et cycles agricoles.

Les savoir-faire liés à l’arganier, la musique Gnaoua, la danse Taskiwin du Haut Atlas, la Tbourida ou encore le Malhoun reflètent des formes d’expression profondément enracinées dans l’histoire sociale et spirituelle du pays. Plus récemment, l’inscription du Caftan marocain a consacré un art vestimentaire emblématique, transmis de génération en génération.

Le Maroc est également partie prenante d’inscriptions multinationales, reflétant des traditions communes à l’espace méditerranéen et au monde arabe. La diète méditerranéenne, le couscous, la fauconnerie, la calligraphie arabe, les pratiques liées au palmier dattier, la gravure sur métaux ou encore le henné illustrent cet héritage partagé, à la fois local et universel.

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