Le Maroc en Culture : droits et création au Maroc, mémoire, territoires et images

Le Maroc en Culture : droits et création au Maroc, mémoire, territoires et images

À Taroudant, la 6e édition du Forum international de l’inspiration, organisée par l’Association Al Mohammadia d’arts plastiques, met en lumière le rôle de l’art et de la culture dans le développement humain et régional.

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De Rabat à Guelmim, de Tanger à Taroudant se croisent réflexion sur les droits humains, cinéma émergent, politiques culturelles de proximité et soutien structuré à la création. À travers la présentation d’un ouvrage de référence sur les droits de l’Homme, l’ouverture de festivals, le lancement d’initiatives de démocratisation culturelle et l’annonce de projets cinématographiques soutenus par l’État, se dessine la semaine culturelle

Rabat, un regard rétrospectif sur les droits de l’Homme

À Rabat, la présentation de l’ouvrage « Les Droits de l’Homme au Maroc 1999-2025 » de Khalid Cherkaoui Semmouni s’est inscrite comme un moment de réflexion et de mise en perspective. Accueillie dans le cadre du 7e Forum florilège culturel organisé par l’Association Ribat Al-Fath pour le développement durable, cette rencontre a permis de revenir sur plus d’un quart de siècle d’évolutions institutionnelles et normatives. L’auteur y retrace les transformations du système marocain des droits humains depuis l’avènement du règne de Mohammed VI, en mettant l’accent sur les avancées législatives, la création d’instances de gouvernance et l’alignement progressif sur les standards internationaux.

Khalid Cherkaoui Semmouni a souligné que cette période a été marquée par la ratification de conventions internationales majeures, la levée de certaines réserves et l’émergence de mécanismes dédiés à la protection des libertés fondamentales. Son ouvrage, qui sera disponible en librairie début 2026, accorde une place particulière aux droits des femmes, à la consécration de l’égalité et au renforcement des droits sociaux, culturels et environnementaux, considérés comme des piliers d’une approche globale des droits humains.

Pour les organisateurs, cette rencontre s’inscrit dans une volonté de nourrir le débat public et de rappeler que la Constitution de 2011 a consacré de manière explicite la centralité des droits et libertés. Le forum, placé sous le Haut Patronage Royal, ambitionne plus largement de penser les villes intelligentes et durables, en lien avec les enjeux de gouvernance et de citoyenneté.

Guelmim, le cinéma comme espace de dialogue

À Guelmim, l’ouverture de la 11e édition du Festival Oued Noun du cinéma a confirmé l’ancrage de cette manifestation dans le paysage culturel du Sud marocain. Organisé par l’Association des Jeunes créateurs de Guelmim, le festival met à l’honneur le court métrage et le documentaire, deux formats privilégiés pour explorer les réalités sociales, culturelles et territoriales.

La cérémonie d’ouverture a rendu hommage à la comédienne Hajar Graigaa et au réalisateur Sidi Mohamed Fadel El Joummani, saluant des parcours qui ont contribué à enrichir la création nationale. La compétition officielle réunit neuf films internationaux, évalués par un jury présidé par le réalisateur Bouchâaib El Messaoudi, aux côtés de Fatima-Zohra El Aahed, Salem Ballal et Ahlam Salhi.

Au-delà des projections, le festival se distingue par un programme parallèle dense : ateliers sur les métiers du cinéma, master class, colloque sur les liens entre roman et écran, présentations d’ouvrages et caravane cinématographique à destination des établissements scolaires. Autant d’initiatives qui visent à faire du cinéma un outil de formation, de transmission et de dialogue interculturel, tout en renforçant la dynamique artistique locale.

Tanger, la lecture au cœur de l’espace public

Dans le nord du Royaume, la Commune de Tanger a lancé le programme « Bibliobus », dans le cadre de son engagement au sein du Réseau des villes créatives de l’UNESCO. Cette initiative, menée en partenariat avec le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, s’inscrit dans une stratégie de démocratisation de l’accès à la culture et de renforcement de l’action culturelle de proximité.

Le Bibliobus sillonne les quartiers de la ville selon un dispositif à double plage horaire, réservant les matinées aux établissements scolaires et les fins de journée aux places et jardins publics. L’objectif est clair : rapprocher le livre des citoyens, en particulier des enfants et des jeunes, et soutenir le rôle de l’école publique dans la diffusion du savoir. La programmation, étalée sur deux semaines, combine animation pédagogique et activités culturelles ouvertes, avec des étapes dans des lieux emblématiques tels que le Centre culturel Ahmed Boukmakh ou la Place des Nations.

Cette initiative repose sur une approche participative associant collectivités locales, associations et institutions éducatives. Elle traduit la volonté de faire de la culture un levier stratégique du développement local et du rayonnement international de Tanger, tout en garantissant l’équité territoriale et sociale dans l’accès au savoir.

Taroudant, l’art comme levier de développement

À Taroudant, la 6e édition du Forum international de l’inspiration, organisée par l’Association Al Mohammadia d’arts plastiques, met en lumière le rôle de l’art et de la culture dans le développement humain et régional. Prévu du 26 au 28 décembre, l’événement se veut une plateforme d’échange réunissant artistes visuels, intellectuels, professionnels des médias et acteurs de la société civile.

Selon Mustafa Zaki, président de l’association, cette édition rendra hommage à plusieurs figures ayant marqué le paysage culturel local et national. Soutenu par l’Initiative nationale pour le développement humain, le ministère de la Culture et la commune de Taroudant, le forum ambitionne de valoriser la créativité locale tout en inscrivant la ville dans des réseaux culturels élargis.

Le cinéma marocain, entre soutien public et diversité des projets

Enfin, à Rabat, la Commission d’aide à la production des œuvres cinématographiques a dévoilé la liste des projets admis à l’avance sur recettes lors de sa troisième session de 2025, tenue sous l’égide du Centre cinématographique marocain. Cette session a examiné un nombre conséquent de candidatures, couvrant la fiction, le documentaire et les œuvres dédiées à la culture et à l’espace sahraoui hassani.

Les montants accordés, avant et après production, témoignent d’un soutien structuré à la diversité des écritures et des formats. Des réalisateurs confirmés comme Nabil Ayouch ou Kamal Kamal côtoient des talents émergents, tandis que des projets de scénarios bénéficient d’un appui à l’écriture et à la réécriture. Le volet documentaire, notamment autour de la culture et de l’histoire sahraouies, occupe une place significative, illustrant la volonté de préserver et de valoriser des patrimoines pluriels.

À travers ces décisions, la Commission affirme son rôle de moteur de la création cinématographique nationale, en accompagnant des projets porteurs de regards singuliers sur la société marocaine et ses transformations.

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