Culture
Le Maroc en Culture : du cinéma du FIFM à la poésie marocaine, de SILJ aux Expos’
Derrière les palmiers de Meryem Benm’Barek au FIFM
Du Festival international du film de Marrakech à la Foire du livre de Charjah, en passant par les expositions d’art à Rabat et les initiatives éducatives du SILEJ à Casablanca, la scène culturelle marocaine offre Cinéma, peinture, littérature, patrimoine et engagement social dans un dialogue fécond entre création, mémoire et ouverture au monde.
Festival international du film de Marrakech : vitrine mondiale du cinéma émergent
Le Festival international du film de Marrakech revient pour sa 22e édition du 28 novembre au 6 décembre avec 82 films issus de 31 pays. La sélection, répartie entre la compétition officielle, les séances de gala, les sections Horizons, Panorama marocain, Jeune Public et le 11e Continent, illustre la diversité du cinéma mondial. Quatorze films figurent déjà dans la course aux Oscars.
Présidé par le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho, le jury découvrira quatorze premiers ou seconds longs métrages. Le cinéma marocain sera particulièrement mis à l’honneur avec quinze films programmés, dont "Derrière les palmiers" de Meryem Benm’Barek et "Cinq Regards" de Karim Debbagh. En parallèle, le festival rendra hommage à des figures majeures comme Jodie Foster, Guillermo del Toro et Hussein Fahmi, tout en accueillant des avant-premières très attendues, de Gus Van Sant à Maryam Touzani.
Entre deux continents : l’univers pictural d’Aymane Bufrakech
La Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger accueille, à l’Espace Rivages de Rabat, du 13 novembre au 12 décembre, l’exposition "Entre deux continents" du jeune peintre Aymane Bufrakech. Né à Tanger en 2003 et installé en Espagne, l’artiste explore la dualité culturelle entre ses deux patries à travers des œuvres lumineuses où se croisent mémoire, mouvement et métissage.
Bufrakech, dont les toiles sont présentes dans des collections internationales, revendique une approche libre : "Vivre entre le Maroc et l’Espagne m’a permis de confronter deux sensibilités, deux cultures et deux lumières", confie-t-il. Sa peinture, entre réalité et imagination, traduit une recherche d’équilibre entre héritage et modernité, où chaque couleur devient passerelle entre deux mondes.
Mohamed Nassim Gryech, la couleur comme langage universel
À la galerie Mohamed El Fassi de Rabat, l’artiste plasticien Mohamed Nassim Gryech expose "Mon rêve" jusqu’au 29 novembre. Jeune peintre trisomique, il s’est imposé comme une voix singulière du patrimoine marocain à travers un art instinctif et vibrant.
Ses œuvres, d’une géométrie poétique, mêlent les symboles amazighs, les tenues traditionnelles, le zellige ou les musiques populaires, formant une cartographie sensible de la mémoire collective. Lauréat d’une médaille d’or aux Jeux olympiques spéciaux de Los Angeles en 2015, Gryech inspire par sa ténacité et son regard lumineux sur la société. Soutenu par sa famille et le ministère de la Culture, il poursuit une œuvre empreinte d’humanité et de sincérité, célébrant la beauté du Maroc à travers la couleur.
SILEJ 2025 : un film d’animation pour dire non au harcèlement scolaire
Dans le cadre du Salon international du livre de l’enfance et de la jeunesse (SILEJ) à Casablanca, l’ICESCO et le ministère de la Jeunesse et de la Culture ont lancé "Montre-moi ton sourire", un film d’animation destiné à sensibiliser contre le harcèlement scolaire.
Conçu à partir d’un concours d’écriture et de dessin, le film s’inscrit dans le programme "Stop au harcèlement" lancé par l’ICESCO. Il sera diffusé dans les écoles, sur les réseaux sociaux et les plateformes éducatives. Cette initiative vise à promouvoir la culture du respect et du vivre-ensemble à travers des outils pédagogiques accessibles. Les responsables du projet soulignent l’importance de mobiliser la jeunesse autour d’un message clair : la tolérance commence dès la salle de classe.
SILEJ 2025 : la calligraphie arabe à la portée des enfants
Toujours dans le cadre du SILEJ, l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif a organisé un atelier de dessin et de calligraphie animé par l’artiste Mohamed Qarmad. L’objectif : rapprocher les enfants d’un art ancestral et renforcer leur sensibilité artistique.
Qarmad a insisté sur la valeur éducative de la calligraphie arabe, notamment du style maghrébin, pilier du patrimoine visuel nord-africain. Ces ateliers permettent de développer la concentration et la créativité des jeunes participants, tout en préservant un savoir-faire transmis de génération en génération. L’artiste appelle les établissements scolaires à intégrer ces pratiques dans leurs programmes afin d’enraciner la culture graphique dans l’enseignement.
La poésie marocaine en dialogue avec le monde arabe
Lors de la 44e Foire internationale du livre de Charjah, le chercheur marocain Saïd El Aouadi a mis en lumière la vitalité de la poésie marocaine contemporaine, marquée par une double appartenance : arabe et universelle.
Selon lui, le poème marocain reflète une audace nouvelle, conjuguant authenticité et modernité. En s’ouvrant aux formes et aux langages du monde, la poésie marocaine conserve sa mémoire locale tout en intégrant les dimensions amazighe, africaine et méditerranéenne. El Aouadi évoque une "révolution rhétorique douce", portée par des universitaires qui renouvellent les formes de l’expression poétique. Pour lui, la poésie reste l’expression la plus intime et la plus sincère de l’humain, un art de l’émotion et de la pensée toujours vivant à l’ère numérique.
Le Festival des sommets de Taounate célèbre la Marche Verte
Du 6 au 8 novembre, la 18e édition du Festival des sommets des montagnes de Taounate a réuni artistes, élus et citoyens autour du cinquantenaire de la Marche Verte. Sous le thème "Cinquante ans d’une marche de développement et de prospérité", l’événement a conjugué patrimoine, art et mémoire nationale.
Des activités scolaires, des concerts et des hommages ont rythmé cette célébration populaire, marquée par la présence du gouverneur Abdelkrim El Ghnami et de figures de la culture comme Mohamed Khyi et Hayat Idrissi. Le festival a aussi souligné la portée historique de la dernière résolution onusienne consacrant la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Entre émotion, musique et engagement citoyen, Taounate a vibré au rythme d’un patriotisme festif et créatif.
Une culture en mouvement : entre patrimoine et modernité
De Marrakech à Taounate, de Rabat à Casablanca, la saison culturelle marocaine s’affirme comme un espace d’expression et de rencontre. Les initiatives institutionnelles, les festivals, les expositions et les projets éducatifs traduisent une vitalité croissante où s’articulent tradition et innovation.
Le Maroc consolide ainsi sa position comme carrefour culturel africain et méditerranéen, où chaque création — qu’elle soit cinématographique, picturale ou poétique — participe à la construction d’un récit collectif ancré dans la modernité sans renier ses racines.