Le Maroc en culture : la diplomatie et la créativité, l’UNESCO et le SILJ, Le Cinéma etle patrimoine oasien…

Le Maroc en culture : la diplomatie et la créativité, l’UNESCO et le SILJ, Le Cinéma etle patrimoine oasien…

Clap d’ouverture pour la 13e édition du Festival international du cinéma et immigration (Photo MAP)

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Rabat, Casablanca, Oujda, Tata, Zurich… autant de villes et d’événements qui, ces derniers jours, ont fait parler du Maroc à la fois enraciné dans sa mémoire et projeté vers l’avenir. Élu au Conseil exécutif de l’UNESCO, célébré dans le monde du livre, de la culture et du cinéma, et honoré à l’étranger pour son dialogue interculturel, le Maroc affirme la cohérence d’un modèle où la diplomatie culturelle, l’éducation et la créativité participent d’une même ambition : faire de la culture un levier de développement humain durable.

Le Maroc à l’UNESCO

Le Royaume du Maroc a été brillamment élu au Conseil Exécutif de l’UNESCO pour le mandat 2025-2029, en obtenant 146 voix, en tête du groupe arabe. La Jordanie (131 voix) et l’Égypte (114 voix) suivent loin derrière, tandis que l’Algérie et le Soudan ont été éliminés du scrutin. Cette élection, saluée dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, traduit la reconnaissance internationale envers la vision clairvoyante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, en faveur du multilatéralisme, du dialogue des civilisations et du développement durable.

Ce succès conforte le rôle actif et constructif du Maroc au sein de l’UNESCO et illustre son engagement constant pour la promotion de l’éducation, de la culture, des sciences et de la communication — piliers essentiels de la paix et du progrès. Ce nouveau mandat ouvre une phase renouvelée d’action diplomatique et culturelle, centrée sur la coopération internationale et la défense des valeurs universelles de tolérance, de respect mutuel et de solidarité.

Une pensée géopolitique marocaine qui s’affirme

L’académicienne et essayiste Oum El Banine Lahlou vient de publier un ouvrage dense et ambitieux intitulé "Géopolitique, essai épistémologique". L’auteure y explore la complexité du monde contemporain à la croisée des sciences humaines et sociales, interrogeant le rapport entre vérité, erreur et multiplicité dans la construction du savoir.

L’ouvrage se distingue par la profondeur de sa réflexion, abordant des thèmes aussi variés que la manipulation du langage, la domination financière mondiale ou l’imposture climatique. S’inscrivant dans une approche pluridisciplinaire, Oum El Banine Lahlou plaide pour une géopolitique à la fois critique et humaniste, capable de décrypter les interactions entre États, institutions internationales, ONG et sociétés civiles. Pour cette double diplômée en médecine et en droit public, la politique doit conjuguer culture, science et anthropologie pour redonner à l’Homme sa place au cœur du monde.

Casablanca : la jeunesse au centre du SILEJ 2025

Le 3e Salon international du livre enfant et jeunesse (SILEJ) a ouvert ses portes à Casablanca. Organisé par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, en partenariat avec la région Casablanca-Settat, l’événement réunit 28 pays et 357 exposants autour d’une ambition : promouvoir la lecture et la créativité chez les jeunes générations.

L’UNICEF, invité d’honneur de cette édition, incarne la dimension universelle de la rencontre, tandis qu’un espace dédié au "Petit Prince" rend hommage à Antoine de Saint-Exupéry et à son passage par le Sahara marocain. Ateliers, débats, animations et expositions célèbrent le lien entre culture, jeunesse et imagination, avec plus de 45 000 titres proposés. Le SILEJ s’impose ainsi comme un rendez-vous international de référence pour la littérature jeunesse et l’éducation culturelle.

L’art, levier de paix et de coexistence

Dans le cadre du SILEJ, une conférence organisée par l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif a mis en lumière le rôle de l’éducation artistique dans la promotion de la paix. Artistes, chercheurs et éducateurs ont salué la pertinence du thème "Le rôle de l’éducation artistique dans la consolidation des valeurs d’amour et de paix chez les enfants".

Les interventions ont convergé vers une même conviction : l’art ne se limite pas à la création esthétique, il est un instrument d’équilibre personnel, de cohésion sociale et de construction du vivre-ensemble. Les références de l’UNESCO, telles que la Feuille de route de Lisbonne (2007) et l’Agenda de Séoul (2010), ont été évoquées comme cadres fondateurs d’une pédagogie culturelle universelle.

Le directeur de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, Mohamed Salem Cherkaoui, a présenté des initiatives destinées aux enfants palestiniens, dont l’application éducative "Hayya", qui allie histoire, culture et jeu interactif. Par ces actions, l’art devient un langage universel au service de la paix.

 Un pavillon dédié à la lecture et à l’apprentissage interactif

L’Organisation du monde islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture (ICESCO) participe également au SILEJ 2025 avec un pavillon dédié à la lecture et à l’apprentissage interactif. Son directeur général, Salem Bin Mohammed Al-Malik, a souligné l’importance de cet événement dans la promotion du goût de la lecture chez les enfants.

À travers un programme de 33 activités combinant jeu, art et numérique, l’ICESCO illustre la capacité du Maroc à fédérer des initiatives régionales et internationales autour d’une même mission : bâtir des générations éclairées et ouvertes. Cette démarche complète la vision du Royaume pour une éducation culturelle moderne, inclusive et connectée.

Tata : le patrimoine oasien à l’honneur

À Tata, la 3e édition du Forum national du patrimoine des oasis a rassemblé chercheurs, associations et acteurs culturels autour d’un objectif commun : préserver et valoriser un héritage unique. L’événement, organisé par la Fondation Amal pour le développement à Aqqa Ighan, a rendu hommage à des vétérans de la Marche Verte, rappelant l’enracinement du patriotisme dans la culture oasienne.

Expositions, spectacles traditionnels, présentations de produits locaux et débats scientifiques ont mis en avant la richesse matérielle et immatérielle des oasis. Plus qu’une célébration, le Forum a été un plaidoyer pour une approche intégrée du développement durable fondée sur la culture, l’identité et la mémoire collective.

Oujda : le cinéma comme miroir des sociétés

La 13e édition du Festival international du cinéma et immigration d’Oujda a ouvert ses portes sous le thème "Le rôle du cinéma dans la promotion de la culture et de la conscience sociale des peuples". Ce rendez-vous, qui se déroule au Théâtre Mohammed VI, célèbre les liens entre création artistique, mémoire et identité.

Avec 16 films en compétition venus du Maroc, de l’Europe, de l’Asie et d’Afrique, le festival s’impose comme un espace de dialogue interculturel. Les hommages rendus à Laila Fadili, Khalid Sli et Tahra Hmimich ont illustré la reconnaissance du cinéma marocain envers ses figures emblématiques.

Pour le directeur du festival, Abdellatif Driffi, le cinéma est "un langage universel qui éduque, relie et inspire". Au-delà des projections, ateliers, masterclasses et tables rondes invitent à penser le cinéma comme outil d’émancipation et de diplomatie culturelle.

Zurich : un Marocain honoré pour le dialogue interculturel

À Zurich, le militant associatif marocain Benaïssa Alyahyaoui a reçu le Prix d’Or de la Durabilité 2025 décerné par la fondation IDEE-SUISSE. Ce prix salue son engagement pour le vivre-ensemble et la valorisation du patrimoine marocain à travers la "Journée mondiale du couscous pour l’amitié et la paix", qu’il organise depuis vingt ans.

Son initiative transforme la convivialité autour d’un plat emblématique en symbole de dialogue et de fraternité. En lui remettant la distinction, le président d’IDEE-SUISSE, Dr Olaf Böhme, a salué "un bâtisseur de ponts entre les peuples". Cet hommage, coïncidant avec le 50e anniversaire de la Marche Verte, a pris une portée symbolique forte, incarnant la diplomatie douce du Maroc à travers sa culture et son hospitalité.

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