Le Maroc en Culture : Le cinéma pour la réinsertion des prisonniers, le safran de Taliouine, les Marocains en force au Cinemamed de Bruxelle

Le Maroc en Culture :  Le cinéma pour la réinsertion des prisonniers, le safran de Taliouine, les Marocains en force au Cinemamed de Bruxelle

Taliouine célèbre du 20 au 23 novembre sa 16e édition du Festival international du safran

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Entre cinéma, arts plastiques et traditions rurales, cinq évènements culturels, du Festival Cinemamed de Bruxelles à celui du safran de Taliouine, en passant par la 14e édition du Festival international de cinéma et mémoire commune de Nador, signent la semaine culturelle.

Le Maroc, fil conducteur du 25e Cinemamed de Bruxelles

Le cinéma marocain s’impose comme l’un des grands protagonistes de la 25e édition du Festival du cinéma méditerranéen de Bruxelles (Cinemamed), du 27 novembre au 5 décembre. Placée sous le thème « Mémoire vive », cette édition-anniversaire consacre la diversité du septième art marocain à travers une programmation dense, mêlant fictions, documentaires et hommages.

De Meryem Benm’Barek à Maryam Touzani, de Nabil Ayouch à Yasmine Benkirane, les cinéastes marocains occupent toutes les sections du festival. Le film « Derrière les palmiers » de Meryem Benm’Barek concourt en compétition officielle, tandis que « Bouchra » d’Orian Barki et Meriem Bennani explore les tensions identitaires de la jeunesse migrante. La mémoire ouvrière marocaine est évoquée dans le court documentaire « L’Mina » de Randa Maroufi, et la section « Prestige » accueille « Reines », de Yasmine Benkirane, salué à Venise et à Marrakech.

Le Cinemamed rend également hommage à des œuvres emblématiques telles qu’« Ali Zaoua, prince de la rue » et « Au-delà de Gibraltar », témoignant de la capacité du cinéma marocain à articuler réalisme social et humanisme universel. La clôture du festival sera marquée par la première belge de « Calle Málaga » de Maryam Touzani, qui représentera le Maroc aux Oscars.

Cette forte présence, tant à l’écran que dans les jurys, illustre l’influence croissante du Maroc dans le paysage méditerranéen. Au-delà du cinéma, elle affirme un dialogue culturel fondé sur la mémoire, la diversité et la créativité partagée.

Cinéma et inclusion : une licence d’excellence pour les détenus

À Rabat, l’Université Ibn Tofail et la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) lancent une initiative pionnière : une licence d’excellence en « cinéma et humanités de l’inclusion » destinée aux détenus étudiants titulaires d’un DEUG ou équivalent.

Cette formation, dispensée dans la prison locale de Salé, associe cours théoriques et ateliers pratiques en réalisation, écriture scénaristique, photographie et techniques d’image. Elle ambitionne de créer un espace académique de réinsertion, où l’art devient vecteur de connaissance et d’émancipation.

L’expérience, inédite à l’échelle régionale, s’inscrit dans la politique de réhabilitation conduite par la DGAPR, en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur. À terme, un cycle de master viendra compléter ce dispositif, avec les mêmes exigences pédagogiques que dans les universités publiques.

En offrant aux détenus une formation universitaire reconnue, le programme illustre la volonté du Maroc d’élargir l’accès à la culture et à la création, y compris dans les lieux les plus fermés. Il témoigne d’une conviction forte : l’éducation et l’art sont les leviers les plus durables de la réinsertion sociale.

 Nador : le cinéma au service de la mémoire et de la paix

Sous le thème « Mémoire de la paix », la 14e édition du Festival international de cinéma et mémoire commune de Nador s’est ouverte sur une réflexion sur le rôle du septième art dans la réconciliation et la transmission des valeurs humaines.

Organisé par le Centre de la mémoire commune pour la démocratie et la paix, cet événement coïncide avec la célébration du cinquantenaire de la Marche Verte. Il a rendu hommage à plusieurs figures marquantes : Omar Azziman, la poétesse koweïtienne Souad Al-Sabah, ainsi qu’à trois icônes du cinéma marocain – Saïd Taghmaoui, Mohamed Abderrahmane Tazi et Mariam Essalmi.

Le festival propose une sélection de films explorant la mémoire et la dignité humaine : « Je me souviendrai de toi » de Mohamed Reda Guaznai, « Cubaraouis » de Aziz Khwadir, « Jauk » de Hassan Benjelloun ou encore « Les Larmes des héros » de Francesca Lolli et Bruno Bigoni. Les jurys, présidés par Leïla Kilani, Najat Vallaud-Belkacem et Nadia Lamhaidi, incarnent une diversité d’approches entre droits humains, culture et cinéma.

Selon Abdeslam Boutayeb, fondateur du Centre, cette édition répond à un besoin de sens dans un monde traversé par les conflits. « L’éducation à la paix et la préservation de sa mémoire sont un engagement collectif », a-t-il rappelé. Nador, ville carrefour entre mer et montagne, devient ainsi un espace de dialogue où l’image, la justice et la culture s’unissent au service de la paix.

 Jeunes artistes d’Errachidia : quand l’art révèle les talents

À Errachidia, la Direction régionale de la culture de Drâa-Tafilalet a récompensé les lauréats de la 4e édition du concours régional des jeunes artistes plasticiens. Placé sous le signe de la créativité et de la jeunesse, l’événement s’inscrivait dans la célébration du cinquantenaire de la Marche Verte et du 70e anniversaire de l’Indépendance.

Pendant deux jours, de jeunes talents ont participé à des ateliers animés par des artistes locaux. L’objectif : valoriser les capacités artistiques des participants et les sensibiliser à l’importance de l’art comme outil d’épanouissement et de transmission.

Le premier prix est revenu à Salima Tastift, suivie de Lamia Aït Laidi et de Meryem Mahfoudi. Une exposition au Centre culturel Targa a mis en avant les œuvres primées, témoignant de la diversité et de la richesse du patrimoine local.

Selon la directrice régionale, Fatima Zahra Dryeb, ce concours « dépasse la compétition » : il crée un espace d’échanges et de formation où les jeunes découvrent leur potentiel créatif et s’approprient les valeurs de partage et de collaboration.

Cette initiative illustre la volonté des institutions culturelles d’ancrer l’art dans la vie publique et d’en faire un levier d’émancipation pour la jeunesse marocaine.

Taliouine : le safran au cœur du développement durable

Au sud du pays, Taliouine célèbre du 20 au 23 novembre sa 16e édition du Festival international du safran, sous le thème « Gestion durable des ressources en eau : un levier pour le développement de la filière safran en régions montagneuses ».

Organisé par l’Association du Festival international du safran, l’événement s’inscrit dans la stratégie « Génération Green 2020-2030 » du ministère de l’Agriculture. Objectif : promouvoir une agriculture résiliente et respectueuse de l’environnement, tout en soutenant la filière du safran, produit emblématique de la région de Taliouine et Taznakht.

Les sessions scientifiques mettent l’accent sur l’innovation agricole et la bonne gestion des ressources hydriques, dans un contexte de changement climatique. Le festival prévoit également une exposition de produits locaux, réunissant 120 exposants, et des ateliers à la Maison du Safran sur le marketing digital, le réseautage et l’entrepreneuriat rural.

L’ambition est claire : porter la superficie cultivée à 3.000 hectares et atteindre une production de 13 tonnes d’ici 2030. Au-delà de ses retombées économiques, l’événement célèbre la culture du safran comme patrimoine vivant et moteur de tourisme solidaire. Entre traditions agricoles et pratiques innovantes, Taliouine incarne l’alliance réussie entre développement local, durabilité et identité.

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