Culture
Le Maroc en Culture: le Kaftan à l’UNESCO, les 3 cultures et We love Morocco à Séville, les arts traditionnels à Inezgane et les musées à Madrid
La candidature du caftan marocain sera examinée en décembre par le Comité intergouvernemental de l’UNESCO. Le dossier, intitulé Caftan marocain: art, traditions et savoir-faire, retrace l’évolution de cette tenue emblématique issue des héritages arabe, amazigh et juif et décrit un vêtement façonné par des artisans dont la créativité a permis sa transmission et son adaptation au fil des siècles
Du caftan marocain proposé à l’UNESCO aux nouvelles dynamiques de formation professionnelle, en passant par la diplomatie culturelle et les initiatives muséales, plusieurs chantiers structurants illustrent un Maroc engagé dans la valorisation de son patrimoine et l’ouverture internationale. Six actualités, six regards complémentaires sur un pays en pleine affirmation culturelle et sociale.
Le caftan marocain en lice pour la Liste représentative de l’UNESCO
La candidature du caftan marocain sera examinée en décembre par le Comité intergouvernemental de l’UNESCO. Le dossier, intitulé Caftan marocain: art, traditions et savoir-faire, retrace l’évolution de cette tenue emblématique issue des héritages arabe, amazigh et juif. Il décrit un vêtement façonné par des artisans dont la créativité a permis sa transmission et son adaptation au fil des siècles. Avec l’essor de jeunes stylistes, le caftan s’est imposé comme une tenue vivante, mêlant techniques ancestrales et expressions contemporaines. L’UNESCO étudiera 54 candidatures lors de cette session, dans le cadre de sa mission de promotion du patrimoine culturel immatériel, vecteur d’identité, de créativité et de continuité sociale.
Une nouvelle direction pour la Fondation Trois Cultures de la Méditerranée
Le Conseil d’administration de la Fondation Trois Cultures, réuni à Séville, a nommé Mar Ahumada Sánchez directrice générale. Co-présidée par André Azoulay et Patricia del Pozo, l’institution renforce ainsi son ancrage dans la diplomatie culturelle entre le Maroc et l’Andalousie. Mar Ahumada, juriste de formation et ancienne responsable de l’administration andalouse, connaît bien les orientations de la Fondation, récemment reconnue Centre de catégorie 2 de l’UNESCO. Les membres du Conseil ont salué son expérience et sa sensibilité aux enjeux de diversité. La nomination intervient alors que la Fondation s’apprête à réhabiliter son siège, le Pavillon Hassan II, et à intensifier ses programmes en faveur du dialogue interculturel.
À Inezgane, l’apprentissage séduit une nouvelle génération
À l’Institut spécialisé des arts traditionnels d’Inezgane, l’effervescence de la rentrée témoigne de l’intérêt croissant pour la formation par apprentissage Tadaroj. Jeunes femmes et hommes y voient une voie d’accès rapide au marché du travail. Soumya, 17 ans, souhaite intégrer une coopérative de couture, tandis que Jamal envisage un parcours en mécanique. Le programme Tadaroj, qui prévoit 100 000 apprentis par an d’ici 2026, s’appuie sur une formation majoritairement pratique auprès d’artisans. Les responsables locaux soulignent son rôle structurant pour l’artisanat et l’insertion professionnelle. En onze mois, les apprenants acquièrent des compétences directement mobilisables et contribuent à la préservation des métiers traditionnels.
Taghjijt célèbre la saison des dattes et la filière phoénicicole
La 20e édition du Salon national de la saison des dattes s’est ouverte à Taghjijt, avec l’ambition de valoriser la filière phoénicicole et les pratiques agricoles durables. L’événement réunit producteurs, coopératives et acteurs publics autour de la préservation des oasis, de la biodiversité et de la gestion de l’eau. Expositions, ateliers de formation et rencontres professionnelles rythment cette édition présentée comme un lieu d’échanges sur les enjeux économiques et sociaux liés aux oasis du Sud marocain. Le directeur du Salon, Jama Agherrabi, rappelle que cette initiative renforce l’attachement des habitants à un produit emblématique et encourage des méthodes de culture adaptées aux défis climatiques.
Madrid et Rabat renforcent leur coopération muséale
À Madrid, le président de la Fondation Nationale des Musées, Mehdi Qotbi, a multiplié les rencontres pour élargir les partenariats culturels entre le Maroc et l’Espagne. Les discussions avec Jordi Martí ont porté sur la conservation, la restauration et la formation, dans la perspective d’accompagner la création du grand musée national de l’archéologie et des sciences de la terre à Rabat. Plusieurs institutions espagnoles ont également évoqué des expositions conjointes, dont un projet majeur réunissant le Maroc, l’Espagne et le Portugal en 2030. Les possibilités de prêts d’œuvres, notamment d’art islamique andalou, ont également été étudiées. Ces initiatives traduisent une coopération muséale en pleine consolidation.
Séville accueille la foire We Love Morocco
À Séville, la foire de l’artisanat We Love Morocco a été inaugurée au Pavillon Hassan II, en présence d’André Azoulay et Lahcen Essaadi. L’événement s’inscrit dans la dynamique de coopération entre le Maroc et l’Andalousie et met en valeur les métiers d’art marocains. Les responsables ont souligné l’importance de cet espace d’échanges permettant aux artisans marocains et andalous de partager techniques et savoir-faire. L’exposition, organisée avec la Chambre de l’Artisanat Rabat-Salé-Kénitra, propose démonstrations, ateliers et défilés, illustrant la diversité d’un artisanat façonné par des influences multiples. L’objectif est de renforcer les liens culturels et de promouvoir la créativité marocaine auprès du public andalou et des visiteurs.