Le Maroc en culture : prix cinématographiques, Festivals, dialogues artistiques et patrimoine, jeunesse créative

Le Maroc en culture : prix cinématographiques, Festivals, dialogues artistiques et patrimoine, jeunesse créative

La comédienne Nadia Kounda a été sacrée meilleure actrice au Festival international du film de Bruxelles pour son rôle dans Les Fourmis de Yassine Fennane

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Des récompenses à Bruxelles et Tunis, la célébration d’Essaouira, des photographies du Sahara, l’art numérique de Casablanca, la culture d’un festival à l’autre. Nadia Kounda à Bruxelles, Abdellah Doulfikar en Espagne, Raymonde El Bidaouia à Essaouira ; des jeunes artistes de Casablanca, contribuent au Maroc un carrefour créatif où la mémoire et la modernité s’unissent pour raconter l’humain.

Nadia Kounda, un visage marocain sur la scène internationale

La comédienne Nadia Kounda a été sacrée meilleure actrice au Festival international du film de Bruxelles pour son rôle dans Les Fourmis de Yassine Fennane. Ce film, qui s’inscrit dans le nouveau cinéma nord-africain, explore les migrations intra-africaines à travers des destins croisés entre Tanger et l’Afrique subsaharienne.

Produit en 2025, Les Fourmis a déjà séduit Durban, Paris et Bruxelles avant de poursuivre sa tournée à Londres, New York et Nairobi. À travers les trajectoires de Félicité, Hamid, Kenza et Badr, le film plonge dans les dilemmes de la solidarité, du sacrifice et de la rédemption. Par la sensibilité de son jeu, Nadia Kounda y incarne la dignité d’une humanité invisible.

La sélection du court-métrage Une histoire de vacances de Malika Zairi, dans la même édition du festival, a également marqué la présence marocaine à Bruxelles. En évoquant les tensions identitaires au sein des familles de la diaspora, ce film complète l’exploration de la pluralité culturelle et du regard sur soi.

Le Sahara marocain sublimé par la photographie

En Espagne, le photographe Abdellah Doulfikar a dévoilé une nouvelle édition enrichie de Sahara Paradis, ouvrage poétique et documentaire dédié aux provinces du Sud. Fruit de huit années de travail, ce livre d’art, accompagné d’une exposition itinérante, célèbre la beauté du désert marocain, loin des clichés de désolation.

À travers plus d’une centaine d’images légendées en arabe, espagnol, français et amazighe, l’artiste révèle la diversité culturelle et écologique du Sahara : gravures rupestres, oasis, faune du parc de Khenifiss, lagune de Naïla, et projets d’énergie verte.

Doulfikar défend une vision humaniste du désert, où la femme sahraouie, la mémoire et le développement durable s’entrelacent. Son œuvre plaide pour une relecture du Sahara comme espace vivant, symbole d’identité et d’avenir partagé.

Un prix tunisien pour le documentaire marocain Darhome

Au sud de la Tunisie, le court-métrage Darhome de Salma El Belghiti a remporté la Rose des Sables d’or du 2e Festival international du cinéma au Sahara. En seize minutes, la réalisatrice capte la voix de jeunes Tangérois issus de quartiers populaires, qui rejouent leurs propres vies à travers un scénario collectif.

Cette approche documentaire, à la croisée du théâtre social et du cinéma vérité, révèle une jeunesse lucide, consciente et en quête de reconnaissance. Le festival, tenu à Ksar Ghilane, entend d’ailleurs promouvoir la beauté du Sahara comme espace culturel, touristique et cinématographique.

Aux côtés de Darhome, des œuvres venues d’Iran, de Jordanie et du Liban ont illustré la diversité d’un cinéma du désert en pleine effervescence.

Essaouira, dialogue andalou

La 20e édition du Festival des Andalousies Atlantiques a fait vibrer la cité des Alizés autour de la diva Raymonde El Bidaouia, figure du patrimoine judéo-marocain. Entourée d’un orchestre virtuose, elle a livré un concert empreint d’émotion, mêlant humour, mémoire et ferveur populaire.

En présence d’André Azoulay, fondateur du festival, et de plusieurs personnalités andalouses et diplomatiques, la soirée a offert un florilège de chansons patrimoniales, ponctué d’un duo inédit avec Faysel Benhaddou.

La chorégraphe Patricia Guerrero et son Ballet Flamenco d’Andalousie ont ensuite illuminé la scène avec Tierra Bendita, une œuvre qui marie grâce et puissance dans la célébration des racines communes entre Andalousie et Maroc.

André Azoulay a salué une édition « unique en Occident comme en Orient », rappelant que ce festival illustre la coexistence vivante entre juifs, musulmans et chrétiens. Patricia del Pozo Fernández, représentante andalouse, a souligné la profondeur des liens historiques entre les deux rives, affirmant que « la musique y devient un langage universel du respect et du partage ».

Un mémorandum pour préserver le Pavillon Hassan II de Séville

En marge du festival, un mémorandum d’entente a été signé entre le Maroc et l’Andalousie pour restaurer le Pavillon Hassan II de Séville, joyau architectural symbole du dialogue des cultures.

L’accord, conclu entre plusieurs institutions marocaines et la Fondation des Trois Cultures, prévoit la réhabilitation du monument, l’échange de savoir-faire artisanaux et la promotion du patrimoine commun.

Pour André Azoulay, cette initiative s’inscrit dans « une histoire séculaire d’ouverture et de tolérance ». Lahcen Essaadi, secrétaire d’État chargé de l’Artisanat, a insisté sur « la portée éthique de cette coopération », tandis que Patricia del Pozo a annoncé la future organisation d’une Semaine du Maroc à Séville.

Le Pavillon Hassan II redeviendra ainsi un phare de l’artisanat et du dialogue méditerranéen.

L’art numérique et la diversité culturelle à Casablanca

Dans la métropole, la Faculté des Lettres Ben M’sik s’apprête à accueillir la 31e édition du Festival international d’art vidéo (FIAV), du 10 au 15 novembre. Consacré à l’art numérique, l’événement mettra en avant un programme mêlant réalité virtuelle, danse contemporaine, robotique et intelligence artificielle.

Le spectacle d’ouverture, IA Dream du magicien augmenté Moulla, promet une expérience immersive entre illusion et technologie. Le festival proposera également des master classes, un colloque scientifique sur le corps et la virtualité, et une large participation d’artistes venus du Maroc, de France, d’Allemagne, du Brésil et d’Afrique.

Le FIAV s’impose comme un rendez-vous incontournable du dialogue entre art, science et société, confirmant Casablanca comme capitale de la création numérique africaine.

Première édition du Festival international des Cultures

Clôturant son automne culturel, la première édition du Festival international des Cultures de Casablanca a réuni artistes, créateurs et associations autour des valeurs de tolérance et d’ouverture.

Le directeur du festival, Mohamed Amine Hamdaoui, a salué la réussite de cette première édition marquée par des concerts, des défilés de mode, des ateliers de photographie et de marketing digital, ainsi qu’une kermesse dédiée aux enfants.

La représentante de l’Association Anouar Jawhara Culturelle, Nourhane Wajhate, a souligné l’importance de la jeunesse dans cette dynamique, notamment à travers la mise en valeur du caftan et de l’art vestimentaire marocain.

Le festival a également rendu hommage à Omar Taeeie et au chorégraphe Adil Nakkach, tout en célébrant le 50e anniversaire de la Marche Verte, symbole d’unité nationale.

Un automne marocain entre mémoire, création et transmission

Qu’il s’agisse de Nadia Kounda à Bruxelles, d’Abdellah Doulfikar en Espagne, de Raymonde El Bidaouia à Essaouira ou des jeunes artistes de Casablanca, tous contribuent à une même ambition : faire du Maroc un carrefour créatif où la mémoire et la modernité s’unissent pour raconter l’humain.