Culture
Mawazine 2026 : Rabat au rythme des voix du monde
Oumou Sangaré, Susan Travassos, Statia, João Frade
Du 19 au 27 juin, le Festival Mawazine – Rythmes du Monde investira à nouveau les principales scènes de Rabat et Salé. Entre légendes de la chanson arabe, figures du jazz, artistes africains, voix portugaises et représentants de la scène marocaine, la 21e édition propose une programmation marquée par la diversité des styles et des origines.
Le Théâtre Mohammed V, écrin des grandes voix
Lieu emblématique de la vie culturelle marocaine, le Théâtre national Mohammed V demeure l’un des espaces les plus prisés du Festival Mawazine. Son atmosphère intimiste, son acoustique reconnue et son histoire riche en concerts mémorables en font un cadre privilégié pour les artistes recherchant une proximité particulière avec leur public.
Cette année, la scène accueillera plusieurs figures majeures de la musique internationale. L’ouverture sera assurée le 19 juin par la chanteuse syrienne Mayada El Hennawy, dont la carrière est étroitement liée à l’âge d’or de la chanson arabe. Le lendemain, la scène changera d’univers avec la venue de la chanteuse américaine Macy Gray, référence incontournable du jazz et de la soul contemporaine.
Le 21 juin, la soprano égyptienne Marwa Nagy, connue pour ses interprétations du répertoire classique arabe et son parcours au sein de l’Opéra du Caire, offrira une soirée placée sous le signe des grandes traditions musicales orientales.
Le 22 juin, le Théâtre Mohammed V accueillera l’une des artistes les plus singulières de sa génération : Imany. D’origine comorienne, la chanteuse franco-comorienne s’est imposée sur la scène internationale grâce à une voix grave et immédiatement identifiable, à la croisée de la soul, du folk, du blues et de la pop. Révélée par l’album The Shape of a Broken Heart et le titre You Will Never Know, elle a ensuite conquis un public mondial avec Don’t Be So Shy. Son projet Voodoo Cello, construit autour de huit violoncelles, témoigne de sa volonté constante d’explorer de nouvelles formes musicales.
Le Maroc, l’Afrique et l’Amérique latine à l’honneur
La programmation du Théâtre Mohammed V réserve également une place importante aux artistes marocains et aux sonorités venues d’autres continents.
Le 23 juin, le public retrouvera le compositeur et interprète Nouamane Lahlou, accompagné de la chanteuse de malhoun Sanae Marahati. Cette soirée mettra à l’honneur deux expressions complémentaires du patrimoine musical marocain, entre chanson contemporaine et héritage poétique traditionnel.
Le lendemain, le festival accueillera l’artiste brésilienne Margareth Menezes. Figure majeure de l’afro-pop brésilienne, elle incarne depuis plusieurs décennies le dialogue entre les héritages africains et latino-américains.
Le 25 juin, la scène recevra le chanteur tunisien Lotfi Bouchnak, l’une des voix les plus respectées du monde arabe. Son répertoire, mêlant musique classique orientale, engagement et patrimoine maghrébin, lui vaut une reconnaissance qui dépasse largement les frontières de la Tunisie.
Le 26 juin, la légende américaine du jazz Dee Dee Bridgewater prendra le relais. Lauréate de plusieurs Grammy Awards, elle demeure l’une des interprètes les plus influentes du jazz contemporain.
Enfin, la clôture du cycle du Théâtre Mohammed V reviendra à Dionne Warwick. Icône de la musique américaine depuis les années 1960, l’artiste conclura cette série de concerts avec un répertoire qui a marqué plusieurs générations.
Des scènes qui célèbrent toutes les musiques
Au-delà du Théâtre Mohammed V, Mawazine continue de valoriser la pluralité des expressions musicales à travers ses différentes scènes.
À Salé, le 21 juin, la chanteuse marocaine Statia représentera l’une des voix les plus populaires du chaâbi national. Originaire de Settat, elle s’est imposée grâce à des titres devenus familiers du grand public tels que Hbibi Zahouani, Wlah Ma Nesmahlou ou encore Lafu Al Gnawia. Son passage à Mawazine s’annonce comme un rendez-vous festif porté par l’énergie propre à la chanson populaire marocaine.
Sur la scène Nahda, consacrée aux grandes vedettes orientales, le public retrouvera dès le 19 juin l’Égyptien Hassan Shakoush. Figure du mahraganat, courant musical urbain apparu dans les quartiers populaires d’Égypte, il a acquis une notoriété régionale grâce à des succès cumulant des centaines de millions d’écoutes sur les plateformes numériques. Son style énergique et son sens de l’interaction avec le public devraient attirer un large auditoire.
Le Chellah, écrin des rencontres culturelles
Comme chaque année, le site historique du Chellah accueillera une programmation tournée vers les musiques du monde et les rencontres interculturelles.
Le 23 juin, la chanteuse portugaise Susana Travassos s’y produira en compagnie de l’accordéoniste João Frade. Née en Algarve, l’artiste a bâti une œuvre originale où se rencontrent le fado, la musique populaire brésilienne, le tango, les traditions latino-américaines et le jazz. Son parcours, marqué par plusieurs projets salués par la critique, témoigne d’une volonté constante de faire dialoguer les cultures à travers la musique.
Dans le cadre majestueux du Chellah, cette proposition artistique devrait offrir un moment de douceur et d’évasion, fidèle à l’esprit de cette scène singulière du festival.
L’Afrique au cœur des Rythmes du Monde
La scène Bouregreg, dédiée aux sonorités africaines et internationales, accueillera le 26 juin l’une des artistes les plus influentes du continent : la Malienne Oumou Sangaré.
Considérée comme l’ambassadrice du Wassoulou, elle s’est imposée depuis la fin des années 1980 comme une voix majeure de la musique africaine. Son œuvre conjugue fidélité aux traditions du sud du Mali, modernité musicale et engagement en faveur des droits des femmes. Récompensée par de nombreuses distinctions internationales, dont un Grammy Award, elle demeure l’une des artistes africaines les plus respectées de sa génération.
Sa présence à Mawazine illustre la volonté du festival de maintenir un dialogue permanent entre les cultures, les générations et les esthétiques musicales.
Avec des artistes venus du Maroc, du monde arabe, d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine, la 21e édition de Mawazine confirme sa vocation de grand rendez-vous international. Pendant neuf jours, Rabat et Salé accueilleront ainsi une mosaïque de voix, de rythmes et d’univers artistiques qui témoignent de la richesse de la création musicale contemporaine.