Culture
Musique, création numérique et finissage de l’expo’ « Marc Riboud & Bruno Barbey, une offre artistique renouvelée
La troisième édition du Festival « Jeunes Talents Musicaux Italiens dans le Monde avec une série de huit concerts organisés à Ifrane et Fès. Portée par le CIDIM, en partenariat avec l’Ambassade d’Italie et l’Institut Culturel Italien de Rabat
Du lancement du Festival des Jeunes Talents Musicaux Italiens à Ifrane et Fès à l’essor de la formation aux métiers du jeu vidéo à Rabat, en passant par le dialogue culturel maroco-égyptien et la célébration de la photographie humaniste au Musée Mohammed VI, le Maroc confirme son positionnement comme plateforme culturelle régionale. Ces initiatives traduisent une ambition assumée de faire de la culture un levier de diplomatie, de jeunesse et de rayonnement international.
La musique italienne à la rencontre du public marocain
La troisième édition du Festival « Jeunes Talents Musicaux Italiens dans le Monde décline une série de huit concerts organisés à Ifrane et Fès. Portée par le CIDIM, en partenariat avec l’Ambassade d’Italie et l’Institut Culturel Italien de Rabat, cette manifestation s’appuie sur des collaborations locales solides, notamment avec la Fondation Esprit de Fès, l’Université Al Akhawayn et l’Institut Jamai de la Musique et d’Art Chorégraphique. L’ouverture du festival met à l’honneur les pianistes jumelles Eleonora et Beatrice Dallagnese, suivies par de jeunes talents prometteurs comme la violoncelliste Eleonora Testa, la pianiste Maria Semeraro, ainsi que le duo formé par la flûtiste Euridice Pezzotta et le guitariste Matteo Chiodini.
Le premier rendez-vous aura lieu mercredi 28 janvier à Ifrane (à l’Université Al Akhawayn) et mettra à l’honneur le duo formé par les pianistes jumelles Eleonora et Beatrice Dallagnese, qui se produiront le lendemain à l’Institut Jamai de la Musique et d’Art Chorégraphique de Fès avec le même magnifique programme composé d’œuvres d’Ottorino Respighi et d’Alfredo Casella.
Vendredi 30 janvier (à l’Université Al Akhawayn d’Ifrane) et samedi 31 janvier (à l’Institut Jamai de la Musique et d’Art Chorégraphique de Fès), ce sera au tour des deux très jeunes artistes, Eleonora Testa au violoncelle et Maria Semeraro au piano.
Lundi 2 février (à l’Université Al Akhawayn d’Ifrane) et mardi 3 février (à l’Institut Jamai de la Musique et d’Art Chorégraphique de Fès), se produira le duo composé de la flûtiste Euridice Pezzotta et du guitariste Matteo Chiodini.
Pour l’Ambassadeur d’Italie, Pasquale Salzano, la musique constitue un outil privilégié de dialogue interculturel, capable de renforcer une relation bilatérale déjà riche. Du côté du CIDIM, Francescantonio Pollice souligne l’attractivité croissante de la scène marocaine pour les artistes italiens, tandis que Carmela Callea, directrice de l’Institut Culturel Italien de Rabat, met en avant l’engouement du public marocain et le rôle moteur des institutions universitaires et culturelles locales.
Le jeu vidéo, nouvelle frontière des industries créatives
À Rabat, la deuxième édition du programme « Video Game Creator » marque une étape importante dans la structuration de l’écosystème marocain du jeu vidéo. Fruit d’un partenariat entre le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, l’Ambassade de France et l’école ISART Digital, ce programme propose une formation intensive de neuf mois destinée à former une nouvelle génération de créateurs.
Le ministre Mohamed Mehdi Bensaid a insisté sur la dimension stratégique de ce projet, présenté comme un investissement dans l’avenir des industries culturelles et créatives. Pour lui, le jeu vidéo représente une nouvelle forme de narration artistique, permettant aux jeunes Marocains de projeter leur imaginaire et leur identité culturelle à l’échelle mondiale. L’ambassadeur de France, Christophe Lecourtier, a pour sa part souligné l’importance économique du secteur, créateur d’emplois qualifiés et vecteur d’innovation. ISART Digital met l’accent sur l’apprentissage par l’expérience et l’accompagnement entrepreneurial, avec pour objectif de favoriser l’émergence de studios locaux capables de s’inscrire dans les chaînes de valeur internationales.
Dialogue maroco-égyptien et diplomatie culturelle participative
Sur le plan régional, le lancement du « Parcours culturel pour le dialogue et la mémoire » entre le Maroc et l’Égypte illustre une autre facette de cette dynamique. Organisée par le Forum méditerranéen de la jeunesse au Maroc et la Bibliothèque d’Alexandrie, en collaboration avec l’Ambassade du Maroc au Caire, cette initiative s’étend du Caire à Alexandrie et rassemble acteurs culturels, universitaires et représentants de la société civile.
L’objectif est de renforcer les liens historiques et intellectuels entre les deux pays, tout en favorisant l’implication des jeunes dans la diplomatie culturelle. Le Forum culturel maroco-égyptien organisé à Alexandrie aborde des thématiques telles que l’identité nationale, la diversité culturelle, la puissance douce et la place du numérique dans l’action culturelle contemporaine. Cette approche participative témoigne d’une volonté partagée de faire de la culture un espace de dialogue durable et un outil d’influence positive dans l’espace méditerranéen.
La photographie humaniste célébrée à Rabat
Au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, le finissage de l’exposition « Marc Riboud & Bruno Barbey : Regards croisés » a marqué un moment fort de la saison culturelle. Réunissant pour la première fois au Maroc deux figures majeures de l’agence Magnum Photos, cette exposition a proposé une lecture croisée de deux regards complémentaires sur le XXe siècle.
Marc Riboud, figure emblématique de la photographie humaniste, est reconnu pour son approche contemplative et empathique, notamment à travers ses voyages en Asie. Bruno Barbey, pionnier de la photographie couleur, a quant à lui développé un style marqué par la lumière et les contrastes, tout en restant profondément attaché au Maroc, son pays natal. Les commissaires de l’exposition ont mis en avant la cohérence narrative et la richesse esthétique de cette rencontre artistique, saluée par un large public. Pour la Fondation nationale des musées, cet engouement confirme l’appétence croissante des Marocains pour les grandes expositions internationales.