Najeb Zoubir, peint par Mustpha Saha - Par Hassan Zakariaa

Najeb Zoubir, peint par Mustpha Saha - Par Hassan Zakariaa

Un portrait de Najeb Zoubir, décédé il y a deux mois

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Un portrait de Najeb Zoubir, décédé il y a deux mois,avec la sensibilité de Mustapha Saha pour ce peintre marocain qui a développé une œuvre inscrite dans une recherche plastique où se croisent mémoire, matière et abstraction. À travers des compositions marquées par la superposition des formes et une palette nuancée, il interroge les rapports entre espace, trace et perception, dans une démarche qui privilégie la suggestion plutôt que la représentation directe.

Les couleurs, souvent sourdes ou volontairement atténuées, participent à cette recherche d’équilibre entre présence et effacement.

Par Hassan Zakariaa

Une approche plastique fondée sur la matière

Le travail de Najeb Zoubir se distingue par une attention particulière accordée à la matière picturale. Ses toiles se construisent par strates, où les couches de peinture, parfois épaisses, créent des reliefs et des tensions visuelles. Cette approche confère à ses œuvres une dimension presque tactile, invitant le regard à circuler dans un espace qui ne se donne pas immédiatement à voir.

Les couleurs, souvent sourdes ou volontairement atténuées, participent à cette recherche d’équilibre entre présence et effacement. Elles ne cherchent pas à imposer une lecture unique, mais ouvrent au contraire des possibilités d’interprétation. L’artiste privilégie ainsi une esthétique de la retenue, où chaque élément semble en dialogue avec l’ensemble, sans hiérarchie apparente.

Entre mémoire visuelle et abstraction

L’univers pictural de Najeb Zoubir s’inscrit également dans une réflexion sur la mémoire. Ses compositions évoquent parfois des fragments de paysages, des architectures esquissées ou des signes à demi effacés, sans jamais basculer dans la figuration explicite. Cette ambiguïté volontaire permet de maintenir une tension entre le reconnaissable et l’indéfini.

L’abstraction, chez lui, ne constitue pas une rupture avec le réel, mais une manière de le filtrer, de le recomposer. Elle fonctionne comme un langage qui permet d’exprimer des impressions, des traces ou des réminiscences sans les enfermer dans une narration précise. Cette démarche place le spectateur dans une position active, appelé à reconstruire ses propres repères à partir des indices proposés par la toile.

Par cette exploration continue, Najeb Zoubir s’inscrit dans une dynamique artistique où l’acte de peindre devient un processus de questionnement. Son œuvre, en constante évolution, témoigne d’une volonté de renouveler les formes tout en maintenant un lien avec des références sensibles et culturelles, sans les expliciter de manière frontale.