Culture
Rabat accueille la deuxième édition du Festival international du film archéologique et patrimonial
Le rendez-vous réunit des productions venues de plusieurs pays et consacrées à l’histoire des civilisations, aux découvertes archéologiques et à la transmission des savoirs.
Rabat, 10 juin 2026 – La deuxième édition du Festival international du film archéologique et patrimonial s’est ouverte mardi dans la capitale marocaine, en présence de personnalités du monde académique, culturel et artistique. Organisé jusqu’au 13 juin avec le soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et du Centre cinématographique marocain, l’événement met à l’honneur le dialogue entre le cinéma, l’archéologie et la préservation du patrimoine humain.
Le cinéma au service de la mémoire
Porté par le Centre d’études et de recherches du patrimoine archéologique et anthropologique du Moyen Atlas, en coopération avec le Festival du film archéologique d’Amiens, le rendez-vous réunit des productions venues de plusieurs pays et consacrées à l’histoire des civilisations, aux découvertes archéologiques et à la transmission des savoirs.
À l’ouverture de la manifestation, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a souligné la proximité historique entre le cinéma documentaire et les sciences humaines, notamment l’archéologie, l’anthropologie et l’ethnologie.
Dans une allocution lue en son nom par le directeur du Patrimoine culturel, Mustapha Jlok, il a estimé que la rencontre entre l’image et le patrimoine contribue à préserver les identités culturelles tout en favorisant l’ouverture sur les autres cultures. Il a rappelé que le Maroc place la culture, la créativité et la valorisation du patrimoine au cœur de son modèle de développement.
Selon lui, les initiatives qui encouragent le dialogue entre disciplines et entre peuples participent à la construction d’un avenir fondé sur la connaissance, le respect mutuel et le vivre-ensemble.
Une coopération scientifique maroco-française mise en avant
La cérémonie d’ouverture a également permis de mettre en lumière la coopération entre le Maroc et la France dans le domaine de la recherche archéologique.
La directrice générale de l’Institut français du Maroc, Agnès Humruzian, a salué la qualité des collaborations scientifiques menées au fil des années entre chercheurs des deux pays. Elle a rappelé que plusieurs découvertes majeures ont contribué à enrichir la compréhension de l’histoire humaine et de l’évolution des sociétés.
Elle a également rendu hommage au travail des scientifiques, archéologues, chercheurs et réalisateurs qui permettent de transformer des connaissances spécialisées en récits accessibles au grand public.
Pour elle, le documentaire patrimonial joue un rôle essentiel dans la préservation de la mémoire collective en donnant vie à des savoirs souvent réservés aux milieux académiques.
Rabat, un cadre naturel pour célébrer le patrimoine
La directrice du festival, l’archéologue Khadija Benlamine, a souligné que cette manifestation ambitionne de créer un lien entre le passé et le présent grâce à la puissance narrative du cinéma.
Selon elle, l’image possède une capacité unique à rendre les connaissances scientifiques plus accessibles et à susciter l’intérêt du grand public pour l’histoire et l’archéologie.
Elle a également expliqué que le choix de Rabat comme ville hôte répond à la richesse patrimoniale exceptionnelle de la capitale. Des sites emblématiques comme Chellah témoignent de la succession des civilisations qui ont marqué l’histoire du territoire marocain à travers les siècles.
La cérémonie inaugurale a été marquée par un hommage posthume à l’archéologue Joudia Hassar-Benslimane et à l’architecte Abderrahmane Chorfi, deux figures qui ont contribué à la connaissance et à la préservation du patrimoine national.
Une programmation tournée vers l’histoire de l’humanité
Placée sous le thème « Homme, Culture, Territoire », cette deuxième édition propose une sélection de 22 films, dont 16 sont en compétition officielle.
Les œuvres présentées explorent différentes périodes de l’histoire humaine, depuis la Préhistoire et l’Antiquité jusqu’aux premières formes de mémoire collective, notamment les gravures rupestres et l’invention de l’écriture.
Le public a notamment découvert lors de la soirée d’ouverture le documentaire « Amérique : la nouvelle histoire des premiers hommes », consacré aux découvertes archéologiques qui remettent en question certaines interprétations traditionnelles du peuplement du continent américain.
Présidé par l’écrivain et chercheur marocain Rachid Benzine, le jury international réunit des personnalités issues de la littérature, du cinéma, de l’architecture, de l’archéologie et du patrimoine. Cette diversité reflète l’ambition du festival de croiser les regards et les disciplines autour d’une même mission : mieux comprendre le passé pour éclairer le présent et transmettre cet héritage aux générations futures.