Salah Cherki, pionnier oublié de la musique de film marocain – Par Anwar Cherkaoui

Salah Cherki, pionnier oublié de la musique de film marocain – Par Anwar Cherkaoui

Alors que Festival international du cinéma de Marrakech allumer ses projecteurs du 29 novembre et le 7 décembre 2025, il aurait été d’une fidélité méritée de rendre hommage à l’un des compositeurs marocains des premiers films marocains : Salah Cherki

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À l’heure où le Festival international du cinéma de Marrakech célèbre le septième art, une figure fondatrice demeure injustement absente des hommages officiels : Salah Cherki, maître du qanoun et pionnier de la musique de film au Maroc. Compositeur audacieux, il a façonné les premières sonorités du cinéma national à une époque où tout restait à inventer. Anwar Cherkaoui plaide dans cette chronique pour un hommage du à cette figure des arts marocains

 Dr Anwar Cherkaoui

Alors que Festival international du cinéma de Marrakech allumer ses projecteurs du 29 novembre et le 7 décembre 2025, il aurait été d’une fidélité méritée de rendre hommage à l’un des compositeurs marocains des premiers films marocains : Salah Cherki

Dans l’histoire encore trop peu explorée du cinéma marocain, certains artistes ont ouvert des chemins sans que la mémoire nationale n’ait vraiment enregistré leurs pas.

Parmi eux, Salah Cherki occupe une place fondatrice : il est l’un des tout premiers musiciens marocains à avoir composé des musiques de films marocains, à une époque où le septième art national cherchait encore ses repères.

Cette réalité, souvent transmise oralement au sein des milieux artistiques, a désormais le sceau de l’institution.

Elle a été rapportée dans un document du Centre Cinématographique Marocain (CCM), qui reconnaît la contribution précoce de Salah Cherki au cinéma marocain.

Une reconnaissance qui inscrit son nom dans les origines même de la création sonore cinématographique au Maroc.

 Un musicien entre tradition, spiritualité et modernité

Maître du qanoun, Salah Cherki naviguait entre les univers : musique andalouse, chants spirituels, pièces modernes, improvisations jazz.

Cette polyvalence faisait de lui un compositeur idéal pour le cinéma, capable d'habiller les images d’une profondeur émotionnelle rare, de traduire en musique une atmosphère, une scène, un silence.

Alors que très peu de compositeurs marocains s’aventuraient dans la musique de films, Salah Cherki s’y engagea avec audace, ouvrant une voie que d’autres suivraient bien plus tard.

 Un témoignage de poids : Omar BenKhemar, critique de cinéma et parolier de renom

La confirmation la plus précieuse de cette contribution vient d’une figure majeure de la critique cinématographique marocaine : Omar BenKhemar.

Grand connaisseur du cinéma national, auteur de plusieurs analyses de référence, M. BenKhemar a rappelé que Salah Cherki fut parmi les premiers à composer pour les films marocains, établissant ainsi son rôle de pionnier. Notamment dans un film interprété par ce grand acteur de théâtre, le regretté Abdellah Amrani.

Mais l’homme possède une seconde identité artistique qui renforce encore la valeur de son témoignage : il est également parolier, et l’on lui doit les paroles de chansons marocaines devenues des classiques, notamment celles interprétées par l'immense Abdelhadi Belkhayat : Al Bouhali.

Cette double légitimité — cinéma et chanson — fait de M. BenKhemar un témoin exceptionnel, un passeur qui a observé de près l’évolution des arts marocains durant plusieurs décennies.

 Un héritage à réhabiliter dans la mémoire culturelle marocaine

Alors que le Maroc redécouvre aujourd’hui les artisans silencieux de son patrimoine artistique, l’œuvre de Salah Cherki mérite d’être pleinement reconnue.

Il fut non seulement un virtuose du qanoun, mais aussi l’un des premiers architectes sonores du cinéma marocain, contribuant à donner une âme à des films qui marquaient l’enfance du septième art national.

Réhabiliter cette mémoire, c’est rendre justice à la richesse culturelle du Maroc et à ceux qui ont façonné ses premières expressions cinématographiques, parfois dans l’ombre.

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