Scènes culturelles au Maroc : diversité des expressions et ancrage territorial

Scènes culturelles au Maroc : diversité des expressions et ancrage territorial

À Casablanca, la quatrième édition du programme culturel "Maroc, Terre de Cultures", initiée par le Collectif 4.0 en partenariat avec la Fondation Al Mada, a mis à l’honneur la culture japonaise à travers le concept "Manga F’lmdina"

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Plusieurs événements culturels organisés récemment à Casablanca, Ouled Taïma, Khouribga, Rabat et Marrakech illustrent la diversité des initiatives artistiques au Maroc. Valorisation des cultures étrangères, réflexion géopolitique, promotion du théâtre pour enfants, préservation du patrimoine immatériel et mise en avant des littératures africaines font l’essentiel de l’animation culturelle de la fin de semaine.

Casablanca : immersion dans la culture manga et débat géopolitique

À Casablanca, la quatrième édition du programme culturel "Maroc, Terre de Cultures", initiée par le Collectif 4.0 en partenariat avec la Fondation Al Mada, a mis à l’honneur la culture japonaise à travers le concept "Manga F’lmdina". Organisé en plein air à la Villa des Arts, l’événement a proposé une série d’activités destinées aux familles, articulées autour de l’univers du manga et des pratiques artistiques associées.

Les participants ont pu s’initier à des disciplines traditionnelles telles que l’origami et la calligraphie japonaise, tout en explorant des formes contemporaines d’expression à travers des ateliers de dessin, de coloriage et de création. Un espace de lecture a permis de découvrir une sélection variée de mangas, tandis que des démonstrations d’arts martiaux et des rencontres avec des amateurs de cosplay ont renforcé le caractère immersif de l’événement.

Dans la même ville, une rencontre-signature a été organisée autour de l’ouvrage collectif "Afrique-Maroc et nouvel ordre mondial", à l’initiative de l’Institut Marocain des Relations Internationales. Les auteurs y analysent les mutations des relations internationales et la place du Maroc dans un environnement global en recomposition, marqué par des rivalités accrues et une redéfinition des équilibres géopolitiques.

Ouled Taïma : le théâtre comme outil éducatif

Dans la province de Taroudant, la ville d’Ouled Taïma a accueilli la troisième édition du Festival national Houara du théâtre pour enfant. Placée sous le thème du rôle éducatif du théâtre, cette manifestation a rassemblé des troupes nationales, des établissements scolaires et des associations engagées dans la promotion de l’expression artistique auprès des jeunes publics.

Le programme a combiné représentations théâtrales, ateliers de formation et rencontres intellectuelles, offrant aux enfants un espace d’apprentissage et de pratique. Les organisateurs mettent en avant la dimension pédagogique du théâtre, considéré comme un levier pour développer les capacités d’expression, la créativité et l’esprit d’équipe.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par des hommages rendus à plusieurs acteurs culturels et éducatifs, ainsi que par la distinction d’élèves dans une démarche d’encouragement des talents émergents. Le festival prévoit également l’attribution de plusieurs prix, couvrant différentes catégories artistiques telles que l’interprétation, la mise en scène et la scénographie.

Khouribga : Abidat Rma entre mémoire et transmission

À Khouribga, la célébration des 25 ans du Festival national d’Abidat Rma a donné lieu à un colloque scientifique consacré à cet art populaire. Organisée à la Faculté polydisciplinaire de la ville, cette rencontre a réuni chercheurs, universitaires et acteurs culturels autour d’une réflexion sur les dimensions esthétiques et symboliques de cette tradition.

Les interventions ont souligné le rôle d’Abidat Rma comme vecteur de mémoire collective et comme forme d’expression ancrée dans les réalités sociales et historiques du monde rural. Les participants ont également mis en avant sa contribution à la transmission des valeurs culturelles et à la consolidation de l’identité nationale.

Ce chant populaire, caractérisé par une forte charge symbolique, est perçu comme une chronique orale de la vie quotidienne, intégrant des éléments liés à la nature, aux pratiques agricoles et à l’histoire locale. Les débats ont insisté sur la ضرورة de préserver ce patrimoine face aux mutations sociales, en renforçant les mécanismes de transmission intergénérationnelle.

Rabat : formation artistique et dialogue des traditions

À Rabat, les étudiants de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle ont présenté la pièce "L’épée et l’amour", dans le cadre du Forum de l’établissement. Cette création s’inscrit dans un projet pédagogique centré sur l’exploration de la Commedia dell’arte, sous la direction du metteur en scène italien Carlo Damasco.

La pièce propose une adaptation qui croise les codes de ce théâtre populaire italien avec ceux de la Halka marocaine. À travers chants, danses et interactions avec le public, les étudiants ont abordé différentes facettes des relations humaines, notamment les questions liées au choix du partenaire et à la vie conjugale.

Le projet s’inscrit dans une démarche de formation visant à développer les compétences scéniques des étudiants, tout en favorisant leur capacité à intégrer des influences culturelles diverses. Le forum constitue également un espace d’échange et d’expérimentation, permettant aux participants de présenter leurs travaux et de confronter leurs approches artistiques.

Marrakech : le livre africain au centre des débats

À Marrakech, la quatrième édition du Festival du livre africain a réuni, durant trois jours, des écrivains et intellectuels issus de divers horizons. Organisé autour du thème "Imaginer d’autres possibles", l’événement a proposé une série de rencontres, de tables rondes et de débats consacrés aux enjeux de la littérature africaine contemporaine.

Les discussions ont porté sur des thématiques variées, telles que les défis de l’édition en Afrique, les dynamiques de création littéraire et les liens entre écriture et transformation sociale. La présence d’auteurs internationaux a contribué à enrichir les échanges et à renforcer la dimension transnationale du festival.

Un hommage posthume a été rendu à l’écrivain Agustín Gómez Arcos, mettant en lumière son apport à la littérature d’expression française. Le festival s’inscrit ainsi dans une volonté de valorisation des voix africaines et de consolidation des espaces de dialogue culturel.