Affaire Epstein: Bill et Hillary Clinton acceptent finalement d'être auditionnés devant le Congrès

Affaire Epstein: Bill et Hillary Clinton acceptent finalement d'être auditionnés devant le Congrès

Bill Clinton, 42e président des États-Unis, et son épouse Hillary Rodham Clinton, 67e secrétaire d'État américaine, arrivent dans la salle des libraires de la Maison Blanche à l'occasion du dîner d'État avec le président kenyan à la Maison Blanche à Washington, DC, le 23 mai 2024.

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Sous la pression d’une commission parlementaire dominée par les républicains, Bill et Hillary Clinton ont finalement accepté de comparaître devant le Congrès américain dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Jeffrey Epstein. Cette décision intervient alors que le couple faisait face à une procédure d’entrave au Congrès, sur fond de tensions politiques et de relance du débat sur la transparence autour de ce dossier explosif.


Washington, États-Unis - Bill et Hillary Clinton témoigneront devant une commission d'enquête parlementaire américaine sur l'affaire Epstein, a annoncé lundi le porte-parole de l'ancien président démocrate, alors que le couple était visé par une procédure d'entrave au Congrès pour son refus jusque-là de comparaître.

"L'ancien président et l'ancienne secrétaire d'Etat seront là. Ils ont hâte de créer un précédent qui s'applique pour tout le monde", a déclaré sur X le porte-parole Angel Urena, en réponse à un message des élus républicains de cette commission qui demandait à entendre le couple sur les liens entre Bill Clinton et le criminel sexuel.

Avant ce communiqué, la commission des règles de la Chambre s'apprêtait à approuver l'organisation d'un vote devant l'ensemble des députés sur deux résolutions, qui en cas d'adoption, auraient recommandé au ministère de la Justice d'engager des poursuites à l'encontre de l'ex-président démocrate (1993-2001) et de l'ancienne cheffe de la diplomatie américaine (2009-2013).

Mais cette commission a finalement décidé de reporter son vote, en attendant de déterminer si le couple avait bien décidé de se plier à leur assignation à comparaître.

Si ces recommandations de poursuites étaient adoptées, une inculpation formelle devrait être initiée par le ministère de la Justice, avec à sa tête Pam Bondi, une fidèle de Donald Trump.

Bill et Hillary Clinton, qui dénoncent une procédure aux pures motivations politiques, encourraient alors jusqu'à 12 mois de prison.

"Conséquences"

Le couple avait été convoqué à plusieurs reprises par une commission parlementaire d'enquête sur la gestion par l'Etat de l'affaire Epstein, en raison de l'ancienne amitié unissant l'ex-président au financier.

Figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, Jeffrey Epstein était accusé d'avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures.

Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. Sa mort a alimenté d'innombrables théories du complot selon lesquelles il aurait été assassiné pour protéger des personnalités de premier plan.

Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord de son jet privé et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 n'avoir pas parlé à Jeffrey Epstein depuis plus d'une décennie.

L'ex-président a également toujours démenti avoir eu connaissance de ses crimes et n'est pas inquiété par la justice en ce qui concerne sa relation avec le criminel sexuel.

"Personne, que ce soit un ancien président ou simple citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître proprement émise par le Congrès sans conséquences", avait martelé lundi l'élu républicain James Comer, chef de cette commission d'enquête, avant l'annonce du porte-parole de Bill Clinton.

Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump avait dit vouloir rendre le dossier public. Mais le républicain a rechigné depuis son retour au pouvoir à le publier et s'est vu accusé jusque chez ses partisans d'un manque de transparence.

Vendredi, le ministère de la Justice a publié une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant se plier ainsi à une loi promulguée en novembre dernier.

La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Mais les documents rendus publics montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l'existence de tels rapports.

Epstein affirme dans une vidéo être le type de criminel sexuel le moins dangereux

Jeffrey Epstein a assuré être le type de criminel sexuel le moins dangereux et nié être le "diable" dans une interview filmée figurant dans la dernière salve de documents publiés vendredi par le ministère américain de la Justice.

L'entretien, d'une durée de deux heures environ, est conduit par un ex-conseiller de Donald Trump, Steve Bannon. Il semble avoir été enregistré au domicile de M. Epstein, à Manhattan, à une date inconnue.

Vers la fin de leur échange, M. Bannon demande à son interlocuteur si son argent est "sale" car "gagné en conseillant les pires personnes au monde". Le financier répond par la négative, ajoutant: "Je l'ai gagné légalement".

Il déplace ensuite la conversation sur le terrain de "l'éthique", arguant que "tout le monde" accepterait l'argent qu'il donne pour faire vacciner les enfants contre la polio au Pakistan et en Inde, et qu'il en serait de même si ces sommes venaient du "diable".

"Vous pensez être le diable incarné?", rebondit Steve Bannon, ce à quoi Jeffrey Esptein répond: "Non, mais j'ai un bon miroir". Face à l'insistance de son interlocuteur, qui répète sa question, l'homme d'affaires lâche: "Je ne sais pas. Pourquoi dites-vous ça ?"

Au cours cette discussion, M. Bannon, figure de la droite dure américaine, lui demande également s'il est un "criminel", ce à quoi M. Epstein répond "oui".

Il rejette en revanche la qualification de "prédateur sexuel de classe 3" (représentant une grave menace pour la sécurité publique, d'après une classification utilisée aux Etats-Unis) utilisée par Steve Bannon, ajoutant faire partie du "premier tiers", "le plus bas".

Les deux hommes ont entretenu une correspondance nourrie, échangeant une soixantaine de courriels en 2018. En juillet, M. Epstein proposait à l'idéologue du mouvement trumpiste de l'aider à diffuser sa pensée ultraconservatrice en Europe.

Les millions de documents diffusés depuis décembre par le gouvernement américain sous la contrainte d'une loi ont surtout éclairé le réseau spectaculaire de Jeffrey Epstein, richissime financier retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant d'être jugé pour avoir monté un système d'exploitation sexuelle de jeunes filles mineures. (Quid avce AFP)

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