Coronavirus: les Etats-Unis prêts pour un moment ''comme Pearl Harbor''

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Les Américains s'apprêtent à vivre l'une des plus "difficiles et tristes semaines de leur vie", ont mis en garde dimanche les autorités sanitaires des Etats-Unis, où le nouveau coronavirus continue de semer la mort, particulièrement dans l'Etat de New York. 

"La semaine prochaine sera un moment comme Pearl Harbor, comme le 11 septembre, sauf que ce ne sera pas localisé, ce sera dans tout le pays", a prévenu l'administrateur fédéral des services de santé publique, Jerome Adams sur la chaîne NBC.

Un camion réfrigéré sert de morgue temporaire près d'un hôpital de New York, le 4 avril 2020

"Ca va être une mauvaise semaine" avec une "escalade" des bilans macabres, a renchéri l'épidémiologiste Anthony Fauci, qui conseille la Maison Blanche dans la réponse à la crise. Même si le confinement d'une large partie de la population produit des résultats, "nous avons du mal à contrôler" la pandémie, a-t-il reconnu.

Avec plus de 320.000 cas de Covid-19 recensés, les Etats-Unis ont franchi dimanche la barre des 9.000 morts, dont plus de 4.000 pour le seul Etat de New York, épicentre de la pandémie.

Près de 600 personnes sont mortes au cours des dernières 24 heures dans cet Etat, un peu moins que les 630 décès recensés la veille, mais "il est encore trop tôt" pour en tirer des conclusions, a déclaré le gouverneur démocrate Andrew Cuomo.

L'Etat de New York est peut-être "très proche du pic" des contaminations ou bien "ce pic est peut-être un plateau et nous sommes dessus", a-t-il commenté, prudent.

- Une période "horrible" -

En attendant, le système de santé de l'Etat est déjà "sous tension" faute "d'équipements et de professionnels" en nombre suffisant, a-t-il martelé.

Le président Donald Trump, qui s'attend lui aussi à une période "horrible", a annoncé samedi l'envoi d'un millier de médecins et infirmiers militaires à New York pour aider à faire face à l'afflux de patients.

Les 325 premiers, attendus dès dimanche, seront affectés aux hôpitaux publics de la ville de New York, où la situation est la plus tendue, a précisé M. Cuomo. 

Les autres seront envoyés dans un centre de conférences de Manhattan transformé par l'armée en un gigantesque hôpital de 2.500 lits, a précisé dimanche le ministre de la Défense Mark Esper.

Quant au navire-hôpital militaire the Comfort, qui est à quai dans le port de New York tout comme le Mercy à Los Angeles, il pourra finalement "être ouvert aux malades du Covid-19 si cela devient nécessaire", a-t-il ajouté.

"Pour l'instant on les garde en réserve" pour pouvoir les redéployer si l'épidémie frappe ailleurs, a-t-il expliqué. Mais "si le virus devenait trop dur à New York ou Los Angeles, on sera prêt à les ouvrir aux patients du coronavirus", a dit le ministre.

"Patchwork" 

Au-delà de New York, plusieurs Etats sont durement touchés, comme la Louisiane, l'Illinois ou le Michigan, dont les gouverneurs démocrates ont appelé dimanche à un plan d'action fédéral pour harmoniser les mesures de précaution.

"Ne pas avoir de stratégie nationale pour l'ensemble du pays, mais un patchwork qui dépend des gouverneurs, créé à mon sens une situation poreuse pour le Covid-19", a estimé la gouverneur du Michigan Gretchen Whitmer, alors que neuf Etats, du centre et du sud, n'ont pas adopté de mesures de confinement pour leur population.

Le virus ne connaît pas les frontières", a ajouté le gouverneur de l'Illinois, Jay Pritzker. "C'est au gouvernement fédéral de dire à tous les gouverneurs de prendre des mesures de confinement", a-t-il ajouté en reprochant au président Trump d'avoir été "réticent" face à ces mesures coûteuses économiquement.

Ces neuf Etats, dont l'Iowa, l'Arkansas ou les deux Dakota, sont des gros producteurs de denrées alimentaires "et ils peinent à trouver les moyens pour continuer à nourrir le pays avec une population cloîtrée à la maison", a avancé le médecin en chef Jerome Adams. 

"Mais je voudrais leur dire: donnez-nous un mois, une semaine, ce que vous pouvez !", a-t-il plaidé. "Il y a une lumière au bout du tunnel, mais tout le monde doit jouer le jeu."