Grand oral : Les chiffres et les arguments recevables de Aziz Akhannouch

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Le Chef u gouvernement Aziz Akhannouch répondant à une question centrale à la Chambre des Représentants sur "la situation de l'économie nationale à l'aune des changements climatiques et géostratégiques" - Rabat le 18 avril 2022

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Dans un contexte national et international difficile, 14 milliards de dhs de soutien gouvernemental à L’ONEE pour que le citoyen n’ait pas à subir une augmentation de 40% du prix de l’électricité. C’est ce qu’a déclaré Aziz Akhannouch qui répondait à une question centrale à la Chambre des Représentants sur "la situation de l'économie nationale à l'aune des changements climatiques et géostratégiques". Dans le même ordre, le chef du gouvernement a précisé que l’Etat, pour garder la butane à gaz à hauteur de 40 dhs, verse 116 dhs pour chaque butane, l’importation d’une tonne de gaz dépassant actuellement les 1000 dollars (près de dix mille dhs). Il a également indiqué que le taux d’inflation qui renseigne sur la hausse des prix, ne dépasse pas les 3,6% à comparer avec la Turquie (10%), le Brésil (9,8%), l’Espagne (6%) ou encore l’Inde, également 6%.

Evoquant la Samir, le Chef du gouvernement a déclaré que si au moins on avait trouvé quelqu’un pour la reprendre, mais sa situation se rapporte à un litige actuellement devant les tribunaux avec un investisseur étranger. Visiblement dubitatif sur les critiques que son gouvernement essuie, Aziz Akhannouch a tenu à rappeler que l’approvisionnement des marchés est assuré et tous les produits y sont disponibles à des prix globalement stables. Pour bien spécifier l’importance de cet état des lieux somme toute meilleur qu’ailleurs, il a fait référence  à des pays voisins, dont une allusion claire à l’Algérie, qui ne sont pas en mesure d’assurer à leurs populations les produits alimentaires de base et où les citoyens sont condamnés à faire la queue pour le lait, ne peuvent s’acheter plus d’un litre d’huile et doivent débourser l’équivalent de 50 dhs  pour un kilo de tomates.

‘’L'économie marocaine devrait enregistrer un taux de croissance entre 1,5% et 1,7% en 2022, au lieu d'une progression de 3,2%, comme prévu au niveau de la loi des finances, a par ailleurs indiqué le Chef du gouvernement. Il a également rendu « Grâce à Dieu » qu’il n’y ait pas dans notre pays un effondrement de notre monnaie face au dollar» et a regretté que la reconnaissance de l’ensemble de ces efforts « nous parvienne de l’étranger », citant l’agence de notation Standard & Poor's. Fort de ces données, Aziz Akhannouch a invité, « opposition et majorité au réalisme et à la reconnaissance de ces efforts face aux secousses successives, loin de les tentations réductrices tendant à induire en erreur l’opinion publique en minorant les actions du gouvernement en contrepartie de gains politiques éphémères. »   

Le gouvernement attaché à ses engagements sociaux

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a tenu à souligner, lundi, que le gouvernement reste attaché à tous ses engagements contenus dans le programme gouvernemental, en particulier sur le volet social.

La protection du pouvoir d'achat du citoyen, l'investissement dans les secteurs sociaux et le renforcement de la fonction de protection constituent un devoir national que le gouvernement veillera à honorer, a relevé M. Akhannouch.

Il a également fait remarquer que l'économie marocaine et mondiale traversent une période difficile, notant que le conflit russo-ukrainien, la période du post-covid et les répercussions des faibles précipitations auront un impact sur les équilibres financiers et économiques. "Toutefois, il est nécessaire de vous assurer que le gouvernement tient toujours à ses engagements contenus dans le programme et qui a obtenu votre confiance notamment dans son volet social", a ajouté le Chef du gouvernement.

Le gouvernement est déterminé, a-t-il dit, à mobiliser les ressources nécessaires pour faire face aux répercussions financières de cette conjoncture économique difficile, et préserver les équilibres macroéconomiques, ainsi que la poursuite du financement des projets prévus dans le cadre de la loi des finances, à leur tête la généralisation de la protection sociale.

A. Akhannouch a notamment relevé que la mise en œuvre du chantier de généralisation de la protection sociale a connu une avancée notable, et ce, à travers l'approbation, durant les premières semaines du mandat du gouvernement, de pas moins de 20 décrets.

Ces décrets visent principalement les catégories des professionnels, les employés indépendants, et les personnes non-salariés exerçant une activité spéciale, dont le nombre dépasse 3,5 millions d'adhérents, ce qui permettra à 11 millions des ayants droits de bénéficier de la protection sociale, a-t-il assuré, ajoutant que le nombre d'adhérents de ces catégories dans la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS) a dépassé, jusqu'à le début d'avril, un million et 700.000.

Par ailleurs, le Chef du Gouvernement a affirmé que les ressources allouées sont suffisantes pour financer le programme de protection sociale, puisque l'ensemble des ressources du Fonds d'appui à la protection sociale et à la cohésion sociale au titre de 2022, s'élèvent à 13,4 MMDH.

Il a, à cet effet, fait savoir qu'environ 4,2 MMDH seront affectés à la généralisation de l'assurance maladie obligatoire au profit des personnes vulnérables bénéficiant actuellement du programme Ramed et 5 MMDH sera allouée au financement de divers programmes sociaux en cours, notamment le soutien direct à la scolarisation (Tayssir, un million de cartables..).

Santé et Education, des réformes incontournables

Selon M. Akhannouch, le gouvernement poursuivra aussi la réforme du système de santé marocain, qu'il a lancée en application des Hautes Directives Royales, au vu des défis croissants provoqués par la crise sanitaire mondiale actuelle, et induits par les exigences relatives à la réussite des grands chantiers sociaux liés à la protection sociale, d'autre part.

Pour le Chef du gouvernement, les efforts seront orientés vers la mise à niveau de l'offre de santé, en mobilisant les moyens financiers nécessaires à l'amélioration de l’état des centres de soins de santé primaires et des centres hospitaliers provinciaux, régionaux et universitaires, outre la valorisation des ressources humaines du secteur ainsi que l'établissement d'une nouvelle gouvernance pour le système de santé.

Il a, également souligné, que le gouvernement œuvrera parallèlement à la poursuite de la réforme de l'éducation et fera en sorte à ce que l'école publique reprenne son double rôle de transmission de savoirs et de promotion sociale, et ce, via l'accélération de la généralisation de l'enseignement préscolaire outre le développement des dispositifs d'accueil pour la prise en charge des enfants de moins de quatre ans.

Il s'agit, également, a-t-il dit, de former des éducateurs spécialisés en petite enfance, en plus d'œuvrer pour le renforcement des connaissances de base des enfants dès le primaire et de soutenir l'éducation des nécessiteux, notamment dans le monde rural, à travers le consolidation des efforts liés à la création d'écoles collectives et au développement des transports et des cantines scolaires.

Il est, également, question, selon le chef du gouvernement, de consolider la réforme du système de formation des enseignants et de lancer un programme de mise à niveau des centres de formation.

Emploi et entreprenariat

M. Akhannouch a souligné que le gouvernement continuera à encourager l'initiative entrepreneuriale en consolidant les procédures d'accompagnement au profit des petits entrepreneurs et en adoptant un ensemble de mesures dans le cadre de la réforme du système des marchés publics, notamment la préférence dans les marchés publics, l'encouragement des contrats de sous-traitance.

Il s'agit aussi, a-t-il dit, d'insuffler un nouveau dynamisme au programme "Intelaka" et mettre en œuvre le programme "Forsa", qui a été lancé le 7 avril et qui vise à accorder aux porteurs de projets, des prêts d'honneur sans intérêt, avec accompagnement, orientation et formation.

Parallèlement à ces projets, le gouvernement poursuivra ses efforts visant à promouvoir l'emploi en achevant l'élaboration de la charte des investissements, en accélérant le rythme des investissements publics, dont ceux relatifs au Fonds Mohammed VI, en plus de la mise en place du programme "Awrach", qui a été lancé dans toutes les régions et provinces du Royaume, et pour lequel un budget de 2,25 milliards de dirhams à été alloué pour cette année.

Et de soutenir que le gouvernement se penchera sur la poursuite de la mise en œuvre des différentes politiques sectorielles notamment "Generation Green 2020-2030" et la transformation industrielle ainsi que celles liées aux infrastructures, au tourisme, à l'artisanat et à l'économie sociale.

 

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