Politique
À l’UNESCO, le Maroc dénonce des “agissements inacceptables” de membres se réclamant de la délégation algérienne
La Délégation marocaine auprès de l’UNESCO condamner“avec force les agissements fébriles de ceux qui cherchent à détourner des espaces dédiés au dialogue, à la coopération et au rapprochement entre les peuples pour servir des agendas politiques étroits”.
La Délégation permanente du Maroc auprès de l’UNESCO a dénoncé, jeudi, des “agissements inacceptables” attribués à des personnes se réclamant de la délégation algérienne lors des activités culturelles organisées dans le cadre de la Semaine africaine de l’UNESCO à Paris. Dans un communiqué, la représentation marocaine évoque des insultes visant des représentants de la société civile marocaine et réaffirme l’attachement du Royaume à la préservation et à la valorisation de son patrimoine culturel.
Des tensions lors des événements culturels de la Semaine africaine
La Délégation permanente du Maroc auprès de l’UNESCO a réagi officiellement à des incidents survenus lors des manifestations organisées mercredi au siège de l’organisation à Paris dans le cadre de la Semaine africaine.
Dans un communiqué publié jeudi, la représentation marocaine dénonce “les agissements inacceptables de personnes se revendiquant de la délégation algérienne” lors des activités culturelles organisées à cette occasion.
Selon le texte, plusieurs représentants de la société civile marocaine présents pour participer aux événements culturels auraient fait l’objet d’insultes et de comportements jugés hostiles.
La délégation marocaine estime que ces incidents se sont multipliés depuis l’inscription du caftan marocain sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, le 10 décembre 2025 à New Delhi.
Le communiqué souligne que “la délégation algérienne doit assumer la responsabilité de ces agissements”, considérés par Rabat comme contraires à l’esprit de dialogue et de coopération censé caractériser les manifestations culturelles organisées sous l’égide de l’UNESCO.
Le patrimoine culturel au cœur des tensions
Dans son communiqué, la représentation marocaine considère que ces comportements traduisent “une véritable obsession à l’égard du Maroc, de son histoire plurielle et de son rayonnement culturel”.
Le texte insiste sur le fait que le patrimoine marocain est “solidement documenté, historiquement établi et largement reconnu par les instances internationales compétentes”, notamment à travers plusieurs inscriptions validées par l’UNESCO.
La délégation rappelle ainsi que plusieurs éléments du patrimoine culturel marocain ont été reconnus au fil des années par les organisations internationales chargées de la préservation du patrimoine matériel et immatériel.
Le communiqué évoque également des “tentatives de falsification ou de récupération opportunistes” qui ne sauraient remettre en cause les faits historiques liés au patrimoine marocain ni “l’attachement profond du peuple marocain à son héritage ancestral”.
Ces dernières années, plusieurs débats autour de l’appropriation ou de l’origine de certains éléments culturels maghrébins ont régulièrement suscité des tensions sur les réseaux sociaux, dans les médias ou lors de manifestations culturelles internationales.
Les questions liées au patrimoine immatériel, à la gastronomie, aux vêtements traditionnels ou encore aux expressions artistiques sont devenues des sujets particulièrement sensibles dans les relations culturelles régionales.
Rabat dénonce une instrumentalisation politique des espaces culturels
La Délégation marocaine affirme également condamner “avec force les agissements fébriles de ceux qui cherchent à détourner des espaces dédiés au dialogue, à la coopération et au rapprochement entre les peuples pour servir des agendas politiques étroits”.
Le communiqué considère que ces polémiques sont contraires aux valeurs défendues par l’UNESCO, organisation dont la mission repose notamment sur le dialogue interculturel, la coopération internationale et la préservation du patrimoine mondial.
La représentation marocaine estime que les espaces culturels et patrimoniaux ne devraient pas être utilisés comme terrains de confrontation politique ou diplomatique.
Dans ce contexte, Rabat réaffirme son engagement en faveur de la préservation, de la valorisation et de la transmission du patrimoine africain et universel “dans toute sa diversité”.
Le texte souligne également que le Royaume poursuivra son travail avec ses partenaires africains et internationaux afin de promouvoir les échanges culturels et le dialogue entre les peuples.
Cette prise de position intervient alors que la Semaine africaine de l’UNESCO rassemble à Paris plusieurs délégations africaines autour d’activités culturelles, artistiques et académiques mettant en avant les patrimoines et les expressions culturelles du continent.
Une Semaine africaine marquée par une forte participation marocaine
La Semaine africaine de l’UNESCO, organisée au siège de l’organisation dans la capitale française, se poursuit jusqu’au 22 mai avec un programme comprenant des panels, des expositions, des rencontres littéraires, des défilés et des manifestations artistiques.
Le Maroc participe activement à cette édition à travers plusieurs initiatives mettant en avant son patrimoine culturel, sa création artistique contemporaine et ses traditions.
Des écrivains marocains, des artistes, des représentants associatifs et des acteurs culturels prennent part aux différentes activités organisées dans le cadre de cet événement panafricain.
La participation marocaine s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation du patrimoine matériel et immatériel du Royaume sur les scènes culturelles internationales.
Ces dernières années, le Maroc a multiplié les démarches visant à faire inscrire plusieurs éléments de son patrimoine auprès de l’UNESCO, dans les domaines de l’artisanat, de la musique, des pratiques sociales et des traditions culturelles.
L’incident signalé par la délégation marocaine intervient ainsi dans un contexte où les questions patrimoniales occupent une place croissante dans les stratégies de diplomatie culturelle des États.