Politique
Akhannouch défend des résultats au-delà des engagements réalisés sous tension
« Le gouvernement a pris la responsabilité de la gestion des affaires publiques dans un contexte difficile et compliqué, plusieurs facteurs ayant tiré vers le haut les taux d’inflation à l’échelle internationale : Covid-19, l’explosion soudaine de la demande pour les matières premières après la pandémie, perturbations sur les marchés de l’énergie liées à la guerre russo-ukrainienne, sans oublier la sécheresse sévère durant des années » (Aziz Akhannouch)
Dans sa réplique à l’opposition qui lui reprochait que le bilan gouvernemental ne reflète pas, à maints égards, le vécu des citoyens, le Chef du gouvernement le bilan a mis en avant les réalisations de son cabinet qui dépasse, a-t-il décalaré, le cadre des « dix engagements » de sa majorité avec des avancées chiffrées dans les domaines social, économique et infrastructurel. Aziz Akhannouch a souligné qu’un effort collectif at permis d’élargir la protection sociale, de renforcer les équilibres macroéconomiques et de soutenir l’investissement, malgré un contexte international et climatique contraignant.
Un bilan revendiqué au-delà des engagements initiaux
Devant les députés, le Chef du gouvernement a tenu à élargir la lecture du bilan de son équipe, estimant qu’il ne saurait être réduit à un nombre limité d’engagements. Selon lui, l’action gouvernementale s’inscrit dans une dynamique globale, structurée par des réformes profondes et appuyée par des indicateurs mesurables. Cette approche vise à mettre en évidence une transformation progressive, plutôt qu’une simple accumulation de promesses tenues.
Aziz Akahnnouch a cadré l’action du gouvernement pour "immuniser la souveraineté nationale dans des secteurs vitaux et ouvrir de nouveaux horizons pour l’investissement et la création d’opportunités d’emploi". Il ainsi insisté dans sa réponse aux interventions des groupes parlementaires, lors d’une séance plénière consacrée à la discussion du bilan de l’action gouvernementale, sur le contexte dans lequel le gouvernement a pris la responsabilité de la gestion des affaires publiques, un contexte difficile et compliqué, en raison de plusieurs facteurs ayant tiré vers le haut les taux d’inflation à l’échelle internationale, comme les répercussions du Covid-19, l’explosion soudaine de la demande pour les matières premières après la pandémie et les perturbations sur les marchés de l’énergie liées à la guerre russo-ukrainienne, sans oublier la sécheresse sévère qu’a connu le Royaume durant des années, a-t-il rappelé. Malgré ces circonstances difficiles, le gouvernement s’est attelé à la tâche dans une logique de responsabilité, présentant un programme clair et ambitieux qui a permis de faire face à la conjoncture à travers des mesures d’exception permettant de protéger l’économie et le pouvoir d’achat des citoyens, et assurer une mise en œuvre adéquate et continue du programme gouvernemental et des chantiers royaux stratégiques.
Aziz Akhannouch a insisté sur la cohérence entre les objectifs fixés en début de mandat et les réalisations concrètes observées sur le terrain. Il a également rappelé que l’évaluation de l’action publique doit tenir compte du contexte dans lequel elle s’inscrit, marqué par des chocs exogènes et des contraintes multiples.
Une transformation sociale portée par la généralisation des droits
Le volet social constitue l’un des axes majeurs du bilan présenté. Le gouvernement met en avant l’extension significative de la protection sociale, notamment à travers l’intégration des travailleurs non salariés. Leur nombre de bénéficiaires est passé de quelques milliers en 2021 à près de 1,7 million en 2025, traduisant une montée en charge rapide du dispositif.
Parallèlement, la mise en place de l’aide sociale directe a introduit un mécanisme inédit de soutien aux familles. Près de 4 millions de foyers devraient en bénéficier à l’horizon 2025, pour un budget global dépassant 26 milliards de dirhams. Cette politique vise à atténuer les effets des inégalités et à renforcer la résilience des ménages face aux fluctuations économiques.
Le programme d’aide au logement s’inscrit dans cette même logique. Plus de 96.000 familles ont déjà été accompagnées, pour un coût estimé à 7,8 milliards de dirhams, dans un effort destiné à améliorer les conditions d’habitat et à soutenir l’accès à la propriété.
Santé et formation : un effort structurel
Dans le secteur de la santé, le gouvernement met en avant une montée en puissance des capacités hospitalières et de formation. Huit centres hospitaliers universitaires ont été lancés durant la législature, dont trois sont déjà opérationnels. Cette politique s’accompagne d’une augmentation substantielle du budget, porté à plus de 42 milliards de dirhams en 2026.
L’offre de formation médicale a également été renforcée, avec l’ouverture de nouvelles facultés et l’augmentation du nombre de places pédagogiques, passé de 2.700 à plus de 6.400. Cette évolution vise à répondre à la pénurie de ressources humaines dans le secteur de la santé et à améliorer la qualité des services.
Dans le même temps, les postes budgétaires ont connu une progression notable, reflétant la volonté d’accompagner les réformes structurelles par des moyens humains adaptés.
Des investissements structurants pour soutenir la croissance
Le gouvernement met en avant une hausse significative de l’investissement public, estimée à près de 110 milliards de dirhams sur cinq ans. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie visant à stimuler la croissance et à moderniser les infrastructures.
Parmi les réalisations mises en avant figure le développement des capacités de dessalement de l’eau de mer, dont la production a connu une progression spectaculaire. Cette évolution répond aux défis liés au stress hydrique et à la récurrence des épisodes de sécheresse.
Le secteur automobile illustre également cette dynamique industrielle, avec une production ayant atteint un million de véhicules en 2025. Cette performance permet au Maroc de consolider sa position en tant que leader régional dans ce domaine.
Les infrastructures de transport ont également bénéficié d’investissements soutenus, notamment avec l’extension du réseau autoroutier, dont la longueur a augmenté de manière significative. Le trafic aérien, en forte progression, témoigne par ailleurs de l’attractivité croissante du pays.
Des équilibres macroéconomiques en amélioration
Sur le plan des finances publiques, le gouvernement met en avant une amélioration des principaux indicateurs. Le déficit budgétaire a été réduit de manière progressive, tandis que le taux d’inflation a été contenu à des niveaux modérés.
Les recettes fiscales ont enregistré une hausse importante, traduisant une meilleure mobilisation des ressources et une dynamique économique soutenue. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont également progressé, constituant un levier essentiel de financement.
La dette publique a connu une légère réduction, dans un contexte marqué par des besoins d’investissement importants. Selon le Chef du gouvernement, ces évolutions traduisent une gestion prudente et équilibrée des finances publiques.
Un contexte international et climatique contraignant
Le gouvernement rappelle que ces résultats ont été obtenus dans un environnement marqué par des crises successives. Les répercussions de la pandémie, les tensions sur les marchés de l’énergie liées au conflit russo-ukrainien et la hausse des prix des matières premières ont exercé une pression sur les économies à l’échelle mondiale.
À ces facteurs s’ajoutent les effets de la sécheresse, qui ont impacté plusieurs secteurs, en particulier l’agriculture. Malgré ces contraintes, l’exécutif affirme avoir maintenu le cap de ses réformes, en adoptant des mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat et à soutenir l’activité économique.
Une dynamique économique tirée par les secteurs non agricoles
Le gouvernement souligne également la contribution croissante des secteurs non agricoles à la croissance économique. Leur valeur ajoutée a enregistré une progression notable, participant à la création de centaines de milliers d’emplois.
Cette dynamique devrait se poursuivre, avec la perspective de nouvelles opportunités d’emploi dans les années à venir. Elle traduit une diversification progressive de l’économie, moins dépendante des aléas climatiques.
Dans ce contexte, l’investissement public et privé apparaît comme un levier central pour soutenir la croissance et renforcer la compétitivité du tissu économique.
Souveraineté nationale et gestion des ressources stratégiques
Le renforcement de la souveraineté nationale constitue un autre axe structurant du bilan. Le gouvernement met en avant les efforts déployés dans des secteurs stratégiques, notamment l’eau.
Le projet d’interconnexion des bassins hydrauliques illustre cette orientation, visant à optimiser la gestion des ressources et à garantir l’approvisionnement en eau. Les investissements dans le dessalement s’inscrivent également dans cette stratégie, en réponse aux défis environnementaux.
Ces initiatives traduisent une volonté d’anticiper les risques et de sécuriser les ressources essentielles pour le développement du pays.
Un effort collectif revendiqué
Au-delà des chiffres, Aziz Akhannouch insiste sur la dimension collective de l’action gouvernementale. Il met en avant l’engagement des différentes composantes de l’exécutif et la mobilisation des institutions pour mener à bien les réformes engagées.
Selon lui, ce bilan reflète une volonté de répondre aux attentes des citoyens tout en assurant la stabilité des équilibres économiques. Il souligne également la continuité avec les orientations stratégiques du Royaume, notamment en matière de développement social et d’investissement.
Perspectives et défis à venir
Si le gouvernement met en avant les avancées réalisées, il reconnaît également les défis qui restent à relever. La consolidation des acquis sociaux, la poursuite des réformes structurelles et l’adaptation aux mutations économiques internationales figurent parmi les priorités.
L’enjeu consiste à maintenir la dynamique engagée tout en renforçant l’efficacité des politiques publiques. Dans un contexte marqué par l’incertitude, la capacité à anticiper et à s’adapter apparaît comme un facteur déterminant.
Le bilan présenté se veut ainsi une étape dans un processus plus large, orienté vers la transformation durable de l’économie et de la société.