Akhannouch défend son bilan de transformation ‘’feu de tout bois’’ devant le Parlement

Akhannouch défend son bilan de transformation ‘’feu de tout bois’’ devant le Parlement

Dans son intervention, Aziz Akhannouch a situé l’action gouvernementale dans le sillage de la vision du Roi Mohammed VI, un cadre conciliant performance économique et justice sociale. Il a défendu l’idée d’un Maroc qui a su transformer les contraintes en opportunités, tout en plaçant le citoyen au centre des réformes.

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Devant les deux Chambres du Parlement réunies en séance commune, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présenté un bilan centré sur la modernisation de l’administration, l’accélération de l’investissement, le renforcement des infrastructures et la réorientation de l’action publique vers les priorités sociales. Il a mis en avant la simplification des procédures administratives, la réforme de la justice, la consolidation de la régionalisation avancée, l’élargissement de la protection sociale, la montée en puissance des secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi qu’une nouvelle dynamique d’investissement public et privé. Le gouvernement revendique également des avancées dans les domaines de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’eau, du numérique, de l’énergie et du tourisme, tout en inscrivant ce bilan dans le cadre de la Vision Royale articulant performance économique, cohésion sociale et développement territorial.

Une modernisation de l’administration présentée comme un levier de confiance

Aziz Akhannouch a placé la réforme de l’administration parmi les chantiers majeurs de son action. Selon lui, l’objectif poursuivi est de faire du service public un espace de confiance, de transparence et d’efficacité, capable de répondre aux attentes des citoyens et des investisseurs. Cette orientation s’est traduite, a-t-il expliqué, par une trajectoire de simplification administrative visant à réduire les délais, fluidifier les démarches et améliorer l’accès à l’information.

Le Chef du gouvernement a notamment souligné la publication de plus de 2.700 décisions administratives couvrant près de 120 secteurs. Il a également fait état de la simplification de 22 procédures, une évolution qui aurait permis de réduire de 45% le temps de traitement des dossiers d’investissement. Dans la lecture gouvernementale, cette réforme ne relève pas d’un ajustement technique, mais d’un changement de culture administrative destiné à rapprocher l’État du citoyen et à soutenir l’acte d’investir.

Cette dynamique a été accompagnée, selon lui, par des efforts en matière de déconcentration. Le gouvernement dit avoir engagé une révision globale des schémas directeurs de la déconcentration administrative, tout en créant quatre représentations administratives conjointes pour renforcer la coordination entre départements ministériels. L’idée défendue est celle d’une décision publique plus proche des territoires, moins dépendante du centre et davantage adaptée aux réalités régionales.

Justice, État de droit et peines alternatives

Le bilan présenté par Aziz Akhannouch accorde une place importante au volet judiciaire. Le Chef du gouvernement a mis en avant le parachèvement de la construction institutionnelle du pouvoir judiciaire ainsi qu’une nouvelle organisation judiciaire censée mieux répondre aux défis du pays, tant au niveau central que territorial.

Il a insisté sur la révision des métiers juridiques et judiciaires, sur les réformes portant sur les procédures pénale et civile, ainsi que sur l’ambition de garantir les conditions d’un procès équitable. Le gouvernement défend ici une logique double: améliorer l’efficience du système judiciaire tout en consolidant les garanties liées aux droits et libertés.

Aziz Akhannouch a particulièrement mis en avant la loi sur les peines alternatives, présentée comme une inflexion notable de la politique pénale. Cette réforme, selon lui, traduit une conception plus humaine, préventive et réhabilitative de la sanction. Le gouvernement y voit une orientation inspirée des meilleures pratiques internationales et un pas vers une justice de réconciliation, davantage centrée sur la réinsertion que sur la seule privation de liberté.

La régionalisation avancée et la justice territoriale en ligne de mire

Le Chef du gouvernement a également inscrit son bilan dans le cadre de la régionalisation avancée et de la réduction des disparités spatiales. Il a rappelé l’élaboration d’une nouvelle génération de programmes de développement régional et de plans d’aménagement du territoire pour la période 2022-2027, avec l’idée de doter chaque région d’une vision stratégique et d’un potentiel propre de création de richesse et d’emploi.

Parmi les mesures mises en avant figure l’augmentation de la part de la TVA affectée aux collectivités territoriales, passée de 30 à 32%. Le gouvernement présente cette évolution comme un levier concret de financement des services de base et des projets de développement local, avec des effets attendus sur les infrastructures, l’éducation, la mobilité ou encore l’accès aux services publics.

Aziz Akhannouch a également salué les résultats du programme royal de réduction des disparités territoriales et sociales. Il a cité une progression notable du nombre de communes disposant d’un système complet de services de base, passé de 502 en 2016 à 743 aujourd’hui, soit une hausse de près de 48%. Pour l’Exécutif, cette amélioration traduit un effort de mise à niveau du territoire en matière d’eau potable, d’électricité, de santé et d’éducation, avec des retombées en termes d’insertion sociale et d’attractivité économique, notamment pour les jeunes et les femmes.

Une Vision Royale érigée en cadre de cohérence politique

Dans son intervention, Aziz Akhannouch a situé l’action gouvernementale dans le sillage de la vision du Roi Mohammed VI, un cadre conciliant performance économique et justice sociale. Il a défendu l’idée d’un Maroc qui a su transformer les contraintes en opportunités, tout en plaçant le citoyen au centre des réformes.

Ce récit gouvernemental articule le bilan interne à un positionnement international du Royaume. Le Chef du gouvernement a insisté sur la place du Maroc comme partenaire fiable dans les espaces euro-méditerranéen et africain, en mettant en avant la stabilité institutionnelle, la lutte contre le terrorisme et les gains diplomatiques sur la question du Sahara. Il a cité, à ce propos, le soutien croissant à l’initiative d’autonomie et l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, présentée comme une étape décisive.

Le développement des provinces du Sud, lancé depuis 2015 sous impulsion royale, a été présenté comme un autre pilier de cette vision, tout comme l’Initiative atlantique en direction de l’Afrique et du Sahel, que le gouvernement entend accompagner par le renforcement des coopérations régionales et des capacités souveraines des pays partenaires.

Une nouvelle doctrine de l’investissement

Le Chef du gouvernement a aussi défendu un tournant dans la politique d’investissement, fondé, selon ses termes, sur la confiance, la clarté et le partage des responsabilités. L’un des marqueurs de cette orientation est l’accélération de la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement, destinée à porter à deux tiers la part du secteur privé dans l’investissement national à l’horizon 2035.

Aziz Akhannouch a indiqué que la Commission nationale des investissements a approuvé 381 projets pour un montant global de 581 milliards de dirhams, avec un potentiel de 245.000 emplois directs et indirects. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Charte, 297 projets représentant 513 milliards de dirhams auraient été validés, avec à la clé environ 201.000 emplois.

Le gouvernement met également en avant l’ancrage territorial de cette politique. Les Centres régionaux d’investissement ont reçu 209 projets relevant du dispositif de soutien aux TPME, dont 33 ont déjà été approuvés par les commissions régionales unifiées, pour un montant de 483 millions de dirhams et environ 940 emplois directs. Par ailleurs, 83 projets d’une valeur inférieure à 250 millions de dirhams ont été validés au niveau territorial, pour un montant avoisinant 11 milliards de dirhams et plus de 10.000 emplois directs.

Cette dynamique, selon l’Exécutif, s’est accompagnée d’un renforcement du climat des affaires et d’une hausse marquée des investissements directs étrangers, passés de 32,5 milliards de dirhams en 2021 à près de 56 milliards en 2025.

Une économie soutenue par l’investissement public, l’industrie et le tourisme

Le gouvernement revendique parallèlement un effort important en matière d’investissement public. Son volume serait passé de 230 milliards de dirhams en 2021 à près de 380 milliards en 2026, soit une progression d’environ 65%. Cette montée en charge est présentée comme le socle des grands chantiers d’infrastructures et comme un moteur de l’attractivité du Royaume.

Aziz Akhannouch a aussi mis en avant la progression des exportations industrielles, qui auraient atteint environ 408 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 44,5% par rapport à 2021. Les performances des industries automobile et aéronautique ont été citées comme des moteurs de cette évolution, confirmant, selon l’Exécutif, la consolidation de l’industrie comme pilier de l’économie marocaine.

Sur le plan énergétique, le gouvernement affirme avoir accéléré la transition vers les renouvelables, dont la part dans le mix électrique serait passée de 37,1% en 2021 à environ 46,1% actuellement. Il a également mis en avant l’offre marocaine autour de l’hydrogène vert, avec un million d’hectares mobilisés, dont 300.000 hectares dans une première phase, et huit projets approuvés pour un montant proche de 43 milliards de dollars.

Le tourisme fait aussi partie des indicateurs mobilisés dans ce bilan. Aziz Akhannouch a indiqué que le Maroc a accueilli environ 19,8 millions de touristes, soit une hausse de 53,5% par rapport à 2019. Les recettes touristiques auraient atteint 138,1 milliards de dirhams, en progression de 75,5%, confirmant, selon le gouvernement, la place croissante du secteur dans la dynamique économique nationale.

Protection sociale, santé et citoyenneté sociale

La dimension sociale du bilan a occupé une place centrale dans la présentation du Chef du gouvernement. Aziz Akhannouch a fait valoir que l’Exécutif a réorienté les investissements vers les “véritables priorités sociales”, à commencer par la généralisation de la protection sociale. Celle-ci aurait permis d’intégrer environ 15,5 millions de personnes supplémentaires.

L’État, a-t-il précisé, prend en charge plus de 27 milliards de dirhams de cotisations au profit des catégories précaires dans le cadre du régime AMO Tadamon. Il a également rappelé que près de 4 millions de familles bénéficient de l’aide sociale directe, dans un dispositif fondé sur un ciblage présenté comme plus précis et une gouvernance plus efficace.

À fin janvier, le montant total versé dans le cadre de ce soutien atteignait environ 52 milliards de dirhams, dont 33 milliards pour la protection de l’enfance et 19 milliards pour les aides forfaitaires. Le gouvernement souligne que ce dispositif touche 5,5 millions d’enfants, plus de 396.000 veuves, dont environ 308.000 sans enfants, ainsi que plus d’un million de personnes âgées de plus de 60 ans.

Dans le secteur de la santé, Aziz Akhannouch a rappelé que le budget alloué est passé de 19,7 milliards de dirhams en 2021 à 42,4 milliards en 2026. Il a mis en avant la modernisation d’environ 1.400 centres de santé primaire de nouvelle génération, pour un coût de 6,4 milliards de dirhams, ainsi que le lancement d’une seconde phase visant 1.600 centres supplémentaires pour près de 7 milliards de dirhams. Il a aussi insisté sur le programme de généralisation des CHU à l’échelle régionale à l’horizon 2027.

Éducation, dialogue social et pouvoir d’achat

Le Chef du gouvernement a défendu la réforme de l’éducation comme un choix stratégique irréversible. Il a indiqué que le taux de couverture du préscolaire atteint 80% durant l’année scolaire en cours, soit 985.000 enfants. Le programme des écoles pionnières a connu, selon lui, une forte accélération, passant de 626 établissements en 2023 à 4.626 cette année, pour près de deux millions d’élèves. Le modèle a également été étendu au collège avec 786 établissements accueillant 677.000 élèves.

Le gouvernement met également en avant les dispositifs de soutien à la scolarité: plus de 172.000 élèves bénéficient des internats, près de 700.000 du transport scolaire, et 3,4 millions d’élèves ont reçu une aide financière à la rentrée, pour un coût de 738 millions de dirhams.

Sur le plan statutaire, Aziz Akhannouch a rappelé l’adoption du nouveau statut des fonctionnaires de l’Éducation nationale, concernant environ 336.000 agents, ainsi que la clôture du dossier des enseignants contractuels, au nombre de plus de 114.000. Des augmentations salariales à partir de 1.500 dirhams ont été actées, tandis que l’accord conclu avec les syndicats devrait coûter plus de 17 milliards de dirhams d’ici 2027. Dans l’enseignement supérieur, la revalorisation mensuelle nette de 3.000 dirhams au profit des professeurs-chercheurs a également été soulignée.

Le gouvernement revendique en parallèle un effort plus large sur le pouvoir d’achat. Il rappelle avoir mobilisé environ 135,6 milliards de dirhams via la Caisse de compensation pour stabiliser les prix des produits de première nécessité. À cela s’ajoutent les accords issus du dialogue social, qui auraient bénéficié à plus de 4,2 millions de salariés, pour un coût de près de 46 milliards de dirhams. L’Exécutif met également en avant la révision de l’impôt sur le revenu, avec l’exonération des salaires inférieurs à 6.000 dirhams, la baisse du taux marginal supérieur et l’augmentation de l’abattement pour charges familiales.

L’infrastructure comme colonne vertébrale du développement

Enfin, Aziz Akhannouch a présenté les infrastructures comme l’armature du projet de développement national. Dans l’industrie, 64 projets ont été signés pour plus de 16 milliards de dirhams, avec une contribution de l’État de 4,5 milliards, afin de mobiliser près de 4.400 hectares supplémentaires de foncier industriel.

Dans l’eau, le gouvernement a actualisé le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, dont le coût est passé de 115 à environ 143 milliards de dirhams. La capacité de dessalement a atteint près de 415 millions de mètres cubes à fin 2025 et devrait atteindre 1,7 milliard de mètres cubes à l’horizon 2030, soit de quoi couvrir environ 60% des besoins nationaux en eau potable. Les transferts interbassins, notamment entre Sebou et Bouregreg, ainsi que la construction de sept grands barrages, figurent parmi les projets phares.

Les infrastructures sanitaires ont également été renforcées avec 29 projets hospitaliers régionaux réalisés entre 2022 et 2025, représentant 3.168 lits supplémentaires. Vingt nouveaux hôpitaux doivent être achevés en 2026 pour une capacité d’environ 3.067 lits, tandis que 15 autres projets additionnels sont programmés.

Le numérique apparaît enfin comme un autre axe structurant. Le gouvernement affirme avoir lancé les premières phases de la stratégie “Maroc numérique 2030”, avec un budget d’investissement passé de 11,7 millions de dirhams en 2021 à 1,6 milliard en 2024. Cette montée en puissance doit soutenir la dématérialisation des services, les télécommunications, le cloud, l’offshoring, les start-up et la formation, avec l’ambition affichée de créer environ 240.000 emplois à l’horizon 2030.

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