Dialogue social : un levier structurant de l’État social, affirme Akhannouch

Dialogue social : un levier structurant de l’État social, affirme Akhannouch

Photo archives – Le chef du gouvernement Aziz Akhannouch accompagné du secrétaire général de l’UMT Miloudi Moucharik

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Réuni à Rabat dans le cadre de la session d’avril 2026 du dialogue social, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a réaffirmé que ce chantier relève d’un choix politique structurant et durable. Il a mis en avant les mesures adoptées depuis 2022 pour améliorer les revenus, soutenir le pouvoir d’achat et consolider l’État social, tout en soulignant l’ampleur des ressources mobilisées et le nombre de bénéficiaires concernés.

Un choix politique inscrit dans la durée

Le dialogue social n’est pas une réponse ponctuelle à des tensions conjoncturelles, mais un choix politique assumé. C’est le message central porté par le Chef du gouvernement lors du nouveau round de discussions tenu à Rabat. Aziz Akhannouch a insisté sur la volonté de l’Exécutif d’inscrire ce mécanisme dans une logique durable, en rupture avec les pratiques antérieures marquées par la gestion de crises.

Dans cette perspective, le dialogue social est présenté comme un instrument structurant de l’action publique, destiné à accompagner la construction de l’État social. Il repose sur des principes clairs : régularité des rencontres, engagements formalisés et suivi des décisions. Cette approche vise à instaurer un climat de confiance entre les partenaires sociaux et à garantir la continuité des réformes.

Le Chef du gouvernement a également rappelé que cette orientation s’inscrit dans le cadre des Hautes Orientations Royales, qui placent la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie au cœur des politiques publiques. Le dialogue social devient ainsi un vecteur de concrétisation de ces priorités.

Des mesures concrètes pour les salariés

Depuis la relance du dialogue social en 2022, plusieurs mesures ont été adoptées pour améliorer les revenus des travailleurs. L’accord du 30 avril 2022 constitue à cet égard un tournant, en introduisant des dispositions à impact direct sur le quotidien des salariés.

Dans le secteur public, le salaire minimum net a été progressivement relevé, passant de 3.500 à 4.500 dirhams. Cette évolution s’est accompagnée de la suppression de l’échelle 7, de l’augmentation du quota de promotion à 36 % et d’une amélioration des allocations familiales. Ces mesures visent à revaloriser les carrières et à renforcer l’attractivité de la fonction publique.

Le secteur privé n’a pas été en reste. Le gouvernement a procédé à une augmentation de 20 % du salaire minimum interprofessionnel garanti dans les secteurs industriel, commercial et des professions libérales, ainsi qu’à une hausse de 25 % du salaire minimum agricole. Ces décisions traduisent une volonté d’améliorer les conditions de travail et de réduire les écarts entre les différents segments du marché de l’emploi.

En parallèle, une réforme significative du système de retraite a été engagée. Le seuil d’accès à la pension a été abaissé de 3.240 à 1.320 jours de cotisation, permettant à un plus grand nombre de travailleurs d’en bénéficier. La pension de vieillesse a également été revalorisée de 5 %, avec effet rétroactif. Ces mesures répondent à un objectif de justice sociale et de protection des catégories les plus vulnérables.

Une seconde phase axée sur l’élargissement des impacts

Après cette première étape, le dialogue social est entré dans une phase d’approfondissement. L’accord du 29 avril 2024 marque une nouvelle étape, centrée sur l’élargissement de l’impact social et financier des réformes engagées.

Parmi les mesures phares figure l’augmentation générale nette de 1.000 dirhams au profit des fonctionnaires et agents publics n’ayant pas bénéficié de révisions antérieures. Cette décision vise à réduire les disparités et à garantir une meilleure équité entre les différentes catégories de salariés.

La réforme de l’impôt sur le revenu, introduite par la loi de finances 2025, constitue un autre pilier de cette stratégie. En relevant le seuil d’exonération fiscale de 30.000 à 40.000 dirhams par an, le gouvernement a permis aux salariés percevant moins de 6.000 dirhams mensuels de ne plus être imposés. Cette mesure a un impact direct sur le pouvoir d’achat, en augmentant le revenu disponible des ménages.

Le dialogue social s’est également décliné à travers des concertations sectorielles, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé. Ces échanges ont permis d’enregistrer des avancées spécifiques, adaptées aux réalités de chaque secteur.

Un effort budgétaire conséquent

La mise en œuvre de ces mesures s’appuie sur un effort financier important. Selon Aziz Akhannouch, les ressources mobilisées devraient atteindre 46 milliards de dirhams à l’horizon 2026. Cet engagement témoigne de la priorité accordée à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Au total, 4,25 millions de personnes ont bénéficié des mesures issues du dialogue social. Parmi elles, 1,25 million de fonctionnaires et près de 3 millions de salariés du secteur privé. Ces chiffres illustrent l’ampleur des réformes engagées et leur impact à l’échelle nationale.

Au-delà des augmentations salariales, le gouvernement a également mis en place des dispositifs pour atténuer les effets de la hausse des prix. Le soutien au secteur du transport routier, avec une enveloppe de 8,63 milliards de dirhams répartie sur plusieurs tranches entre 2022 et 2024, en est un exemple. L’objectif est de limiter les répercussions sur les coûts de production et les prix à la consommation.

Par ailleurs, des mesures ont été prises pour alléger les factures d’électricité et soutenir certaines catégories professionnelles. Ces interventions visent à préserver l’équilibre économique tout en protégeant le pouvoir d’achat.

L’aide sociale directe, pilier de la redistribution

Le programme d’aide sociale directe constitue un autre axe majeur de la politique sociale. Depuis son lancement fin décembre 2023, il a mobilisé un montant de 52 milliards de dirhams au profit de plus de 3,9 millions de familles, soit plus de 12 millions de bénéficiaires.

Ce dispositif vise à soutenir les ménages les plus vulnérables et à réduire les inégalités. Il s’inscrit dans une logique de redistribution des ressources, complémentaire aux mesures issues du dialogue social.

Pour le Chef du gouvernement, l’ensemble de ces politiques forme un dispositif cohérent, capable de renforcer la résilience sociale et économique du pays. En améliorant les revenus et en soutenant la consommation, ces mesures contribuent également à la dynamique de croissance.

Préserver les équilibres macroéconomiques

Au-delà des enjeux sociaux, le dialogue social est également présenté comme un facteur de stabilité économique. En allégeant la pression sur les coûts de production et en soutenant la demande intérieure, il contribue à maintenir les grands équilibres macroéconomiques.

Aziz Akhannouch a souligné que cette approche permet au Royaume de concilier justice sociale et discipline budgétaire. La préservation de ces équilibres est considérée comme une condition essentielle pour poursuivre la construction de l’État social sur des bases solides.

Le gouvernement affirme ainsi avoir posé les fondations d’une politique sociale durable, qui dépasse le cadre du mandat actuel. L’objectif est de pérenniser les acquis et d’inscrire les réformes dans une trajectoire de long terme.

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