Politique
Les “Écoles pionnières”, vitrine de la réforme éducative marocaine selon la Banque mondiale
La Banque mondiale s’appuie notamment sur une évaluation préliminaire réalisée par le laboratoire J-PAL, qui met en avant des progrès dans les apprentissages en lecture, écriture et mathématiques. Selon cette étude, les élèves inscrits dans les “Écoles pionnières” affichent des gains d’apprentissage supérieurs à ceux de 82 % des élèves d’écoles comparables après seulement une année de mise en œuvre.
La Banque mondiale estime que le Maroc a engagé des mesures importantes pour transformer son système éducatif à travers le programme des “Écoles pionnières”. Lancée en 2023 dans le cadre de la feuille de route 2022-2026, cette initiative concerne aujourd’hui plus de 4.600 écoles primaires publiques et plus de deux millions d’élèves.
Une réforme portée par la Vision stratégique 2015-2030
Le Groupe de la Banque mondiale considère que le Maroc a franchi une étape importante dans la réforme de son système éducatif en alignant ses orientations nationales sur des approches pédagogiques fondées sur des données probantes. Dans une analyse consacrée au programme des “Écoles pionnières”, l’institution souligne que le Royaume a pris des “mesures décisives” pour améliorer les apprentissages et préparer les générations futures.
Cette transformation s’inscrit dans le cadre de la Vision stratégique de réforme du système éducatif 2015-2030 ainsi que de la feuille de route 2022-2026 du ministère de l’Éducation nationale. Selon la Banque mondiale, la réforme met l’accent sur les acquis des élèves, le renforcement du rôle des enseignants et des directeurs d’établissement, ainsi que l’extension de l’égalité des chances à l’ensemble du système scolaire.
L’institution estime que cette approche traduit un engagement en faveur d’un apprentissage de base accessible à tous les élèves, indépendamment des disparités territoriales ou sociales.
Des résultats mis en avant après une année d’application
Le programme “Écoles pionnières”, lancé en 2023, est aujourd’hui déployé dans 4.626 écoles primaires publiques, soit environ 54 % des établissements du primaire au Maroc. Plus de deux millions d’élèves sont concernés.
La Banque mondiale s’appuie notamment sur une évaluation préliminaire réalisée par le laboratoire J-PAL, qui met en avant des progrès dans les apprentissages en lecture, écriture et mathématiques. Selon cette étude, les élèves inscrits dans les “Écoles pionnières” affichent des gains d’apprentissage supérieurs à ceux de 82 % des élèves d’écoles comparables après seulement une année de mise en œuvre.
L’institution financière estime que ces résultats montrent qu’il est possible d’obtenir des améliorations significatives à grande échelle dans le système éducatif marocain.
Le programme est également présenté comme un outil de réduction des écarts liés au milieu socio-économique, à la localisation géographique ou encore aux différences entre établissements scolaires.
L’enseignant au cœur du dispositif pédagogique
La réforme repose en grande partie sur l’accompagnement des enseignants et l’adaptation des méthodes pédagogiques. Selon la Banque mondiale, les enseignants bénéficient de formations, d’un suivi professionnel et d’outils pédagogiques fondés sur des approches validées par les données.
Le programme prévoit notamment l’utilisation de méthodes comme “l’enseignement au niveau approprié” et les cours structurés afin de mieux répondre aux besoins des élèves.
Dans l’analyse publiée par la Banque mondiale, l’enseignante Ilham Ait Azzi explique que le programme accorde une importance équivalente à l’élève, à l’enseignant et à l’établissement scolaire. L’objectif affiché est de faire de l’école un environnement plus favorable à l’apprentissage et à l’épanouissement des enfants.
Le dispositif comprend également un mécanisme de “rattrapage intensif”, destiné aux élèves en difficulté. Cette approche, menée sur une période de quatre semaines, vise à offrir un accompagnement renforcé afin de permettre aux élèves de progresser au même rythme que leurs camarades.
Des investissements dans l’environnement scolaire
Au-delà des méthodes pédagogiques, la réforme s’accompagne d’investissements dans les infrastructures et les équipements scolaires. La Banque mondiale souligne que les établissements bénéficient d’infrastructures modernisées, d’outils numériques et de ressources opérationnelles renforcées.
Selon l’institution, les budgets des écoles concernées ont été multipliés par trois dans le cadre du programme. L’objectif est de créer un environnement d’apprentissage plus attractif et mieux adapté aux besoins des élèves et des enseignants.
Le programme des “Écoles pionnières” est ainsi présenté comme une expérience visant à combiner amélioration des apprentissages, accompagnement pédagogique et modernisation des établissements scolaires.