Maroc Digital 2030 : Amal Fellah Seghrouchni évoque un cap sur une souveraineté numérique maîtrisée

Maroc Digital 2030 : Amal Fellah Seghrouchni évoque un cap sur une souveraineté numérique maîtrisée

« La transformation numérique ne constitue pas une finalité en soi, mais un levier au service d’un projet de société et d’un État plus efficace. Cette approche repose sur une planification rigoureuse, une évaluation continue et une capacité d’adaptation aux mutations technologiques. » (Amal Felah Seghrouchni)

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Présentée à Rabat lors du 152e Carrefour diplomatique, la stratégie « Maroc Digital 2030 » s’impose comme un jalon majeur de la transformation numérique du Royaume. Portée par une vision articulée autour de la souveraineté technologique, de l’innovation et de la coopération internationale, elle ambitionne de structurer un modèle numérique adapté aux réalités nationales tout en s’inscrivant dans les dynamiques globales.

Une vision structurée de la transformation numérique

Intervenant devant un parterre d’ambassadeurs et de représentants d’organisations internationales, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a souligné le caractère déterminant de cette stratégie dans l’évolution du modèle numérique marocain. Selon elle, le Royaume a engagé une réflexion approfondie pour définir une trajectoire qui échappe aux logiques de dépendance comme à celles du repli.

La transformation numérique, a-t-elle rappelé, ne constitue pas une finalité en soi, mais un levier au service d’un projet de société et d’un État plus efficace. Cette approche repose sur une planification rigoureuse, une évaluation continue et une capacité d’adaptation aux mutations technologiques.

Quatre piliers pour une stratégie nationale

La stratégie « Maroc Digital 2030 » s’appuie sur quatre axes fondamentaux. Le premier concerne la souveraineté technologique, à travers des choix structurants en matière d’infrastructures, de cadre législatif et de gouvernance des données. L’objectif est de garantir une maîtrise nationale des outils numériques stratégiques.

Le deuxième pilier repose sur une modernité adaptée, ancrée dans l’histoire et les spécificités du Maroc. Il s’agit de développer des solutions technologiques, notamment en intelligence artificielle, en phase avec les besoins économiques et sociaux du pays.

Le troisième axe met en avant le positionnement géostratégique du Royaume, appelé à jouer un rôle d’équilibre dans les recompositions internationales liées aux technologies. Le Maroc ambitionne ainsi de devenir un espace de dialogue et de convergence entre différents acteurs du numérique.

Enfin, le quatrième pilier concerne le choix d’un multilatéralisme actif, favorisant des partenariats fondés sur la création de valeur partagée. Cette orientation vise à renforcer l’intégration du Maroc dans les écosystèmes numériques internationaux.

Une administration en mutation

La ministre a également insisté sur la nécessité de mobiliser l’ensemble des acteurs pour bâtir une administration plus accessible, plus sécurisée et davantage centrée sur les citoyens. La transformation numérique est envisagée comme un vecteur d’amélioration des services publics et de renforcement de la souveraineté nationale.

Dans cette perspective, les efforts engagés ces dernières années en matière de simplification des procédures administratives et de digitalisation des services constituent des bases importantes pour accélérer cette mutation.

Réformes structurelles et dynamique nationale

Pour le président de la Fondation diplomatique, Abdelati Habek, le Maroc s’est engagé de manière concrète dans une série de réformes visant à moderniser son administration. Celles-ci portent notamment sur la décentralisation, la promotion de la bonne gouvernance et l’amélioration de l’efficacité des services publics.

Il a souligné que la numérisation est désormais un choix stratégique incontournable, dans un contexte mondial marqué par une accélération des innovations technologiques. Le Royaume a ainsi lancé plusieurs programmes destinés à renforcer ses infrastructures numériques et à développer des services innovants répondant aux attentes des citoyens.

Coopération internationale et enjeux de l’IA

Les intervenants ont également mis en avant la dimension internationale des enjeux liés à l’intelligence artificielle. Les opportunités offertes par ces technologies s’accompagnent de défis transnationaux, nécessitant une coordination accrue entre les États.

Dans ce cadre, le Maroc et l’Union européenne ont récemment engagé un dialogue stratégique sur le numérique, portant notamment sur l’intelligence artificielle, les infrastructures et l’innovation. Cette coopération illustre la volonté du Royaume de s’inscrire dans des partenariats structurants à l’échelle internationale.

Organisé en présence de représentants de plus de 60 pays et organisations, le Carrefour diplomatique a ainsi offert une plateforme d’échange autour des grands chantiers de transformation engagés par le Maroc, confirmant la place croissante du numérique dans ses priorités de développement.

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