Routes plus sûres : 8 milliards pour sauver des vies

Routes plus sûres : 8 milliards pour sauver des vies

Plus de 8 milliards de dirhams seront mobilisés pour mettre en œuvre la stratégie nationale de sécurité routière 2026-2030. Au-delà de l’investissement, le chantier passe par une modernisation du cadre réglementaire. De nouveaux textes visent à adapter les règles de circulation aux évolutions technologiques et aux nouveaux modes de déplacement tout en simplifiant les procédures administratives.

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Face au coût humain des accidents de la circulation, le Maroc lance une nouvelle stratégie nationale de sécurité routière pour la période 2026-2030. Présentée à Ifrane lors d’une rencontre réunissant responsables publics, magistrats et experts internationaux, cette feuille de route combine investissements massifs, réforme juridique, technologies numériques et renforcement du contrôle. Objectif : réduire durablement la mortalité routière et protéger les usagers les plus vulnérables. La DGSN s’engage sur le renforcement des équipements de détection, la formation continue des agents et la digitalisation des procédures, notamment les procès-verbaux électroniques.

Une stratégie structurée et budgétisée

Plus de 8 milliards de dirhams seront mobilisés pour mettre en œuvre la stratégie nationale de sécurité routière 2026-2030. Le Secrétaire général du ministère du Transport et de la Logistique, Zine El Abidine Abrital, a expliqué que ce programme repose sur une définition précise des responsabilités de chaque département et partenaire institutionnel.

Le plan d’action fixe des échéances claires, identifie les ressources et introduit des indicateurs d’évaluation. Il s’inscrit dans la continuité d’une politique adoptée depuis 2004, fondée sur la planification intégrée et la gouvernance coordonnée plutôt que sur des interventions ponctuelles.

Une étude conduite sous la supervision de l’Agence nationale de la sécurité routière a permis d’évaluer la stratégie 2017-2026 et d’élaborer la nouvelle feuille de route selon une approche participative impliquant l’ensemble des acteurs publics.

Réformer la loi pour accompagner la mobilité

Au-delà de l’investissement, le chantier passe par une modernisation du cadre réglementaire. De nouveaux textes visent à adapter les règles de circulation aux évolutions technologiques et aux nouveaux modes de déplacement tout en simplifiant les procédures administratives.

L’objectif est double : renforcer la prévention et garantir un usage plus sûr de l’espace routier. Cette réforme permanente doit accompagner l’évolution rapide des mobilités et mieux protéger les catégories vulnérables.

Les deux-roues au cœur des préoccupations

Les usagers de motocycles représentent près de 45 % des victimes d’accidents. Pour le directeur général de la NARSA, Benacer Boulaajoul, la réduction de cette vulnérabilité constitue une priorité nationale. Plus de 14.000 engins modifiés illégalement ont déjà été saisis dans le cadre des opérations de contrôle.

Le ministère public, par la voix d’Abdelkrim Hanine, confirme que la lutte contre l’insécurité routière fait partie intégrante de la politique pénale, avec des mécanismes juridiques plus rapides pour appliquer le Code de la route.

La DGSN renforce le contrôle

La Direction générale de la sûreté nationale place désormais le contrôle routier au centre de son action. Le préfet de police Driss Salek souligne le renforcement des équipements de détection, la formation continue des agents et la digitalisation des procédures, notamment les procès-verbaux électroniques.

La coordination territoriale et le contrôle mobile seront également intensifiés afin de corriger les dysfonctionnements constatés sur le terrain.

Des chiffres qui imposent l’action

En 2025, les villes marocaines ont enregistré 112.925 accidents corporels, causant 1.664 morts et plus de 149.000 blessés. Les motocyclistes représentent à eux seuls plus de la moitié des décès, confirmant l’urgence d’une action ciblée.

Un engagement collectif

Experts internationaux et universitaires ont insisté sur la nécessité d’une stratégie globale combinant législation, organisation, sensibilisation et analyse des comportements à risque. La sécurité routière apparaît désormais comme une politique publique transversale impliquant institutions, citoyens et technologies.

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