Politique
SIAM 2026 à Meknès : produits du terroir et gestion de l’eau au cœur des enjeux agricoles
7e édition du Concours marocain des produits du terroir s’est tenue à Meknès, sept prix d’excellence ont été attribués à des produits : l’huile d’argane, l’huile d’olive, le miel de thym, le fromage, le vinaigre aromatisé, les dattes Mejhoul et le couscous à base de six céréales.
Organisées en marge du 18e Salon international de l’agriculture au Maroc à Meknès, la 7e édition du Concours marocain des produits du terroir et une rencontre scientifique de l’INRA consacrée à la gestion de la rareté de l’eau ont mis en lumière les efforts de valorisation des productions locales et les stratégies d’adaptation du secteur agricole face aux contraintes hydriques et climatiques.
Valorisation des produits du terroir et reconnaissance des producteurs
La cérémonie de remise des prix de la 7e édition du Concours marocain des produits du terroir s’est tenue à Meknès, à l’initiative de l’Agence pour le développement agricole, en présence du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts. Cet événement s’inscrit dans une démarche de promotion des produits locaux et de soutien aux groupements de producteurs à travers l’ensemble des régions du Royaume.
Cette édition a enregistré la participation de 1.375 produits issus de différentes filières, traduisant la diversité du patrimoine agricole national. À l’issue des délibérations, sept prix d’excellence ont été attribués à plusieurs coopératives et groupements d’intérêt économique représentant différentes régions, notamment pour des produits tels que l’huile d’argane, l’huile d’olive, le miel de thym, le fromage, le vinaigre aromatisé, les dattes Mejhoul et le couscous à base de six céréales.
Par ailleurs, 455 médailles ont été décernées, réparties entre or, argent et bronze, consacrant la qualité des produits présentés. Un prix spécial de l’innovation a également distingué une initiative intégrant des procédés de valorisation originaux, témoignant de l’évolution des pratiques au sein des coopératives.
Lancé en 2014, ce concours s’est progressivement imposé comme un instrument de structuration du secteur des produits du terroir. Il contribue à améliorer la visibilité des producteurs, à renforcer leur compétitivité et à encourager la montée en gamme de l’offre, en adéquation avec les exigences des marchés nationaux et internationaux.
Gestion de la rareté de l’eau : un enjeu central pour l’agriculture
En parallèle, l’Institut national de la recherche agronomique a présenté, lors d’un panel organisé dans le cadre du salon, les résultats de ses travaux consacrés à la gestion de la rareté de l’eau dans le secteur agricole. Placée sous le thème de la résilience hydrique, cette rencontre a réuni des experts, des responsables institutionnels et des représentants de plusieurs pays, dont le Mali.
Les échanges ont porté sur les défis liés à la disponibilité des ressources hydriques et sur les moyens d’adapter les systèmes agricoles à un contexte marqué par le changement climatique. Les intervenants ont souligné la nécessité d’intégrer des approches innovantes, notamment à travers le développement de variétés agricoles résistantes, l’amélioration des pratiques culturales et l’optimisation des systèmes d’irrigation.
Les travaux présentés mettent en évidence l’importance de la planification et de l’accompagnement technique pour assurer une gestion durable des ressources en eau. Les responsables de l’INRA ont indiqué disposer d’un ensemble de solutions expérimentées, susceptibles d’être diffusées à plus grande échelle auprès des agriculteurs.
Vers une diffusion élargie des innovations agricoles
Les discussions ont également insisté sur la nécessité de renforcer la diffusion des innovations développées dans les centres de recherche, en cohérence avec les orientations de la stratégie nationale Génération Green. L’objectif consiste à favoriser l’adoption de pratiques adaptées aux contraintes hydriques et à améliorer la résilience globale du secteur agricole.
Les participants ont mis en avant l’intérêt d’une approche intégrée prenant en compte les interactions entre l’eau, l’énergie et l’alimentation. Cette articulation est considérée comme un élément structurant pour les politiques publiques, dans la mesure où elle permet de mieux coordonner les interventions sectorielles et d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles.
Les échanges ont abouti à la formulation de recommandations visant à renforcer la gestion de l’eau agricole, notamment à travers le recours accru aux ressources renouvelables, l’amélioration de l’efficience des systèmes d’irrigation et le développement de solutions adaptées aux spécificités locales.
Une dynamique agricole entre valorisation et adaptation
L’ensemble des initiatives présentées à Meknès reflète une double dynamique à l’œuvre dans le secteur agricole marocain. D’une part, la valorisation des produits du terroir contribue à renforcer les revenus des producteurs et à promouvoir les savoir-faire locaux. D’autre part, les efforts de recherche et d’innovation visent à adapter les systèmes de production aux contraintes environnementales, en particulier celles liées à la rareté de l’eau.
Dans ce contexte, le Salon international de l’agriculture au Maroc apparaît comme un espace de convergence entre acteurs institutionnels, chercheurs et professionnels, favorisant le partage d’expériences et la mise en débat des enjeux structurants du secteur. Il constitue également une plateforme pour la présentation de solutions techniques et organisationnelles susceptibles d’accompagner la transformation de l’agriculture nationale.