Sport
Il était une fois les Mondial(s) : 1986, 1990 : Le Maroc puis le Cameroun défient la hiérarchie
Khalifa (du KAC) et Klaus Alof lors des premières huitièmes pour un pays africain face à l’Allemagne de l’Ouest après une qualification historique contre le Portugal (3-) après deux matchs nuls contre pas moins que l’Angleterre et la Pologne
Les Coupes du monde 1986 au Mexique et 1990 en Italie ont marqué un tournant dans l’histoire du football international. Le Maroc devient en 1986 la première sélection africaine à atteindre les huitièmes de finale d’un Mondial en terminant en tête de son groupe, tandis que le Cameroun franchit un nouveau cap quatre ans plus tard en devenant la première nation africaine qualifiée pour les quarts de finale. Ces deux éditions restent également associées à des figures majeures du football mondial, notamment Diego Maradona, auteur d’un tournoi exceptionnel avec l’Argentine en 1986, et Roger Milla, symbole du parcours camerounais en Italie. Elles rappellent aussi le rôle décisif des gardiens de but et des grands attaquants dans les matchs à élimination directe.
1986 : le Maroc entre dans la légende au Mexique
L’été 1986 demeure l’un des moments les plus marquants du football marocain. Au Mexique, les Lions de l’Atlas réalisent un parcours inédit qui leur permet de devenir la première sélection africaine et arabe à atteindre les huitièmes de finale d’une Coupe du monde.
Lire aussi : IL ÉTAIT UNE FOIS LES MONDIAL(S) : L’ARGENTINE SOUS LA DICTATURE, LE TRAGIQUE FRANCE-ALLEMAGNE
Dirigée par l’entraîneur José Faria, la sélection marocaine hérite pourtant d’un groupe particulièrement relevé avec l’Angleterre, la Pologne et le Portugal. Peu d’observateurs imaginent alors le Maroc capable de rivaliser avec ces équipes européennes expérimentées.
Les Lions de l’Atlas construisent pourtant leur exploit grâce à une organisation défensive solide, une discipline tactique rigoureuse et une grande maîtrise collective. Dans les cages, Badou Zaki multiplie les arrêts décisifs et s’impose comme l’un des meilleurs gardiens du tournoi. Devant lui, la défense marocaine résiste aux offensives adverses tandis que des joueurs comme Aziz Bouderbala apportent créativité et percussion.
Le Maroc débute par deux matchs nuls sans but contre l’Angleterre puis la Pologne. Tout se joue alors lors de la troisième rencontre face au Portugal. Les Marocains livrent un match référence et s’imposent 3-1 grâce à un doublé de Abderrazak Khairi et un but de Abdelkrim Merry dit Krimou.
Cette victoire permet au Maroc de terminer premier du groupe F devant l’Angleterre, la Pologne et le Portugal. L’exploit dépasse rapidement le cadre sportif. À travers le continent africain et dans le monde arabe, cette qualification est vécue comme un moment historique.
L’aventure s’achève en huitième de finale face à l’Allemagne de l’Ouest. Les Marocains résistent longtemps avant de céder en fin de match sur un coup franc de Lothar Matthäus. Malgré l’élimination, cette génération entre définitivement dans l’histoire du football africain.
Maradona et le Mondial de tous les contrastes

Parti de son propre camp, Maradona élimine plusieurs joueurs anglais avant de tromper le gardien Peter Shilton au terme d’une action devenue mythique (Photo AFP)
Le Mondial mexicain reste également associé à Diego Maradona, dont les performances avec l’Argentine marquent durablement l’histoire du football. Même quand il marque de la main, elle devient une œuvre d’artiste.
Capitaine de l’Albiceleste, Maradona domine la compétition par sa créativité, sa technique et sa capacité à faire basculer les matchs. Son quart de finale contre l’Angleterre devient l’un des épisodes les plus célèbres du football mondial.
Lire aussi : L ÉTAIT UNE FOIS LES MONDIAL(S) : LE MAROC MARQUE, LA SELEÇÃO EMPOCHE LE TROPHÉE JULES RIMET, LES PAYS-BAS FASCINE LE MONDE
Quelques années après la guerre des Malouines, cette rencontre prend une dimension particulière. Maradona ouvre d’abord le score avec la fameuse « Main de Dieu », un but inscrit de la main mais validé par l’arbitre. Quelques minutes plus tard, il réalise ce qui sera ensuite appelé le « But du siècle ».
Parti de son propre camp, il élimine plusieurs joueurs anglais avant de tromper le gardien Peter Shilton au terme d’une action devenue mythique. Ce match résume à lui seul le génie, les contradictions et l’influence du joueur argentin.
Tout au long du tournoi, Maradona porte son équipe vers le titre mondial. L’Argentine élimine ensuite la Belgique en demi-finale avant de battre l’Allemagne de l’Ouest en finale sur le score de 3-2.
Lire aussi : IL ÉTAIT UNE FOIS LES MONDIAL(S) : DE PELÉ À WEMBLEY
Cette édition 1986 reste ainsi associée à deux récits majeurs : l’émergence du football africain grâce au Maroc et le sacre individuel d’un joueur considéré comme l’un des plus grands de l’histoire.
1990 : le Cameroun bouleverse la hiérarchie mondiale

Roger Milla dépasse le gardien colombien José Higuita (à droite) et marque un but le 23 juin 1990 à Naples, lors du match de huitièmes de finale de la Coupe du monde de football opposant le Cameroun à la Colombie. Milla a inscrit deux buts en prolongation, permettant au Cameroun de s'imposer 2-1 face à la Colombie (0-0 à la fin du temps réglementaire). PHOTO AFP (Photo par STAFF / AFP)
Quatre ans plus tard, la Coupe du monde organisée en Italie offre une nouvelle avancée historique au football africain. Cette fois, c’est le Cameroun qui marque les esprits en atteignant les quarts de finale.
Les Lions indomptables créent la surprise dès le match d’ouverture en battant l’Argentine, championne du monde en titre. Malgré deux expulsions en fin de rencontre, les Camerounais s’imposent 1-0 grâce à un but de François Oman-Biyik.
Cette victoire donne immédiatement une dimension particulière au parcours camerounais. Le monde découvre une équipe athlétique, disciplinée et capable de rivaliser avec les plus grandes nations.
La figure centrale de cette aventure est Roger Milla. À 38 ans, l’attaquant devient l’icône du tournoi grâce à ses entrées décisives et ses célébrations devenues célèbres près du poteau de corner.
Lire aussi : MONDIAL 2026 : RECORDS HISTORIQUES, HÉRITAGE DES PREMIÈRES ÉDITIONS ET STADES GÉANTS POUR UNE COUPE DU MONDE INÉDITE
Roger Milla inscrit des buts importants contre la Roumanie puis face à la Colombie en huitième de finale. Son doublé contre les Sud-Américains permet au Cameroun de devenir la première nation africaine qualifiée pour les quarts de finale d’un Mondial.
Le parcours s’arrête finalement contre l’Angleterre après prolongation. Le Cameroun mène pourtant au score avant de s’incliner 3-2. Malgré cette élimination, les Lions indomptables quittent l’Italie avec une reconnaissance mondiale.
Leur aventure modifie le regard porté sur le football africain. Elle prouve que les sélections du continent peuvent rivaliser avec les meilleures équipes du monde dans les grandes compétitions internationales.
Au-delà de l’exploit camerounais, le Mondial italien est marqué par un football plus tactique et défensif. Les matchs sont souvent fermés et peu prolifiques. L’Allemagne de l’Ouest finit par remporter le tournoi en battant l’Argentine 1-0 grâce à un penalty de Andreas Brehme.
Cette victoire permet aux Allemands de prendre leur revanche après la finale perdue contre l’Argentine en 1986.
Les gardiens et les buteurs, héros des grands rendez-vous

Le gardien de but soviétique-russe Lev Yashin (Lev Yachine) lors du match amical France-Russie. Il a pris part à 4 coupes du mones (1958, 1962, 1966 et 1970. L’équivalent du Ballon d’or pour les Gardiens de but porte son nom
L’histoire de la Coupe du monde ne se résume pas uniquement aux exploits offensifs. Les gardiens de but occupent également une place centrale dans les grandes campagnes mondiales.
Plusieurs portiers se sont distingués par leur capacité à préserver leur cage inviolée durant les différentes éditions du tournoi. Le Français Fabien Barthez et l’Anglais Peter Shilton détiennent le record avec dix clean sheets chacun en Coupe du monde.
Derrière eux figurent notamment le Néerlandais Jan Jongbloed, le Brésilien Leão, l’Allemand Sepp Maier, le Brésilien Cláudio Taffarel et le Français Hugo Lloris, tous auteurs de huit matchs sans encaisser de but.
D’autres grands noms complètent ce classement, parmi lesquels Iker Casillas, Manuel Neuer, Thibaut Courtois ou encore Fernando Muslera.
Lire aussi : DESCHAMPS RENOUVELLE LES BLEUS, RETOUR SUR DEUX MONDIAUX MYTHIQUES ET LES PLUS GRANDS BUTEURS DE L’HISTOIRE
Les phases à élimination directe ont également permis à plusieurs attaquants de construire leur légende. Ces matchs, où chaque erreur peut être fatale, exigent une maîtrise particulière de la pression.
Parmi les joueurs les plus performants figurent Kylian Mbappé, Ronaldo et le Brésilien Léonidas, auteurs de huit buts chacun dans les matchs à élimination directe.
Derrière eux apparaissent des noms devenus incontournables dans l’histoire du football mondial : Pelé, Lionel Messi, Miroslav Klose, Zinedine Zidane ou encore Thomas Müller.
Ces statistiques rappellent que les Coupes du monde se construisent autant grâce aux exploits individuels qu’aux grandes aventures collectives. Le Maroc de 1986, le Cameroun de 1990 ou l’Argentine de Maradona continuent, plusieurs décennies plus tard, d’occuper une place particulière dans la mémoire du football mondial.