chroniques
CNwes, un chenil de chiens de garde – Par Driss Ajbali
Lorsqu’on est capable de félonie, on demeure félon. L’odyssée médiatique d’une certaine Zineb El Rhazoui qui a duré 8 ans en fournit la leçon
Dans une charge au vitriol rappelant l’esprit de Paul Nizan, cette analyse dépeint Cnews non comme une chaîne d’information, mais comme un véritable chenil médiatique, où chaque étage abriterait une catégorie de « chiens de garde » modernes. Entre figures installées, jeunes polémistes affamés de sensationnel et chroniqueurs issus des quartiers populaires convertis en vigies offensives, l’écosystème Bolloré apparaît sous la plume et du sociologue et essayiste Driss Ajbali, comme une mécanique de dérives éditoriales, de stratégies d’indignation et de fabrication du conflit. Une anatomie sans concession d’un média devenu une fabrique permanente de discorde et d’alignements idéologiques.

Driss Ajbali
Dans un célèbre essai pamphlétaire, écrit en 1932. Paul Nizan, philosophe et journaliste mort, à 35 ans, au combat en 1940, a qualifié certains intellectuels de « chiens de garde ». Quel serait son regard aujourd’hui sur le groupe Bolloré et en particulier sur CNews. Ce média n’est pas une chaine, C’est un Chenil. On y trouve toutes sortes de cerbères de garde.
Dans le premier étage, celui de l’aristocratie, on discerne de l’Épagneul breton, le chien racé et grand amateur de caresses de ses maitres. Épaulés par de vieux commentateurs (Philippe Bilger, 82 ans) ou des journalistes en fin de parcours (Joseph Macé-Scaron), on trouve les stars : Pascal Praud, Geoffroy Le Jeune ou Philippe de Villiers. Véritables « chiens de garde » au sens que donne Nizan à cette apostrophe, ce sont des voix qui portent et des plumes qui assènent les coups, principalement et méthodiquement, sur les quatre I : Immigration, Islam, Insécurité et, depuis le 7 octobre 2023, Israël, pour le défendre. Avec eux, si vous cherchez à vous informer, passez votre chemin. Il n’y a que les spots de pub qui évitent ces sujets.
Ce qui est remarquable, pour une chaine qui a fait de l’immigration sa principale ligne éditoriale, les journalistes qui s’y ébrouent ne sont français que de fraîche date. Des descendants immigrés qui ont fait souche. Au mètres carrés, ce média bat tous les records. Qu’on en juge : Laurence Ferrari (Italie), Alexandre Devecchio (Italie), Charlotte d'Ornellas (Portugal), Mathieu bock-Coté (Canada), Elizabeth Levy, Julien Dray ou Paul Amar (Algérie, comme Zemmour ou Sarah Knafo), George Fenech (Tunisie, comme l’est Cyril Hanouna), Gilles-William Goldnadel (Pologne et Lituanie) Jean-Marc Morandini (Corso-sarde, lui c’est la plus grande des flétrissures), Christian Millet (Liban. Celui-là est réhabilité par Praud après son forfait littéraire sur Anders Behring Breivik), Christine Kelly (Guadeloupe), Rachel Khan (cet être hybride, gambienne et « afro-Yiddish » comme elle se définit).
Dans l’étage en dessous, Il y a les « Clébards de garde ». Ils sont tous jeunes. Des trentenaires, pour l’essentiel. Ambitieux, ils rayent le parquet avec les dents et s’ils pouvaient, ils useraient des molaires. Ils sont impétueux et exaltés. A l’affût du moindre fait divers, ils en usent et abusent pour ravitailler le bourdonnement de la discorde. Sont classés dans cette catégorie, Gauthier le Bret, très proche de Jordan Bardella. Il est le plus retors. Yoann Usai, lui, c’est un condensé de malveillance. Il y a aussi Éric Tegnér qu’aucune infâmie ne saurait rebuter ou Eliot Deval, ancien journaliste sportif, fanfaron inculte qui, tous les week-end que Dieux fait, s’épuise à pasticher médiocrement Pascal Praud, son modèle.
Et puis, il y a le rez-de-chaussée. On y découvre les Chihuahuas de garde. Exception faite de Sonia Mabrouk qui fait partie de l’aristocratie, ils proviennent tous de l’immigration maghrébine et des quartiers populaires de France. Avec eux, on est dans l’empire de la félonie. Et bien que violent, ils mériteraient plutôt le sobriquet Hyènes de garde. Celui-ci a l’avantage, outre le côté charognard, d’évoquer phonétiquement le mot haine. Et de la haine de soi, ils en sont la plus parfaite définition. On trouve dans cette catégorie, Les deux Amine, l'excessif El Bahi et l’imbuvable El Khatmi. Et surtout les femmes : Sonia Madjeuber, Naima Mfaddel, Karima Brick, Najwa El Haïti. Venus presque tous de la gauche, ils sont frappés du sceau de la forfaiture. Déguisés en fauves, ils ne sont en réalité que des moutons de panurge. Surtout depuis le 7 octobre 2023. Après avoir longtemps porté en bandoulière la laïcité, voilà qu’ils se découvrent sionistes. Et des sionistes zélés. Pour pasticher ici le journaliste Pascal Perry qui n’a pas hésité à parler « d’antisémitisme couscous », je dirais qu’ils ont le sionisme couscous, tagine ou pastilla. C’est selon les goûts. Déréglés du nombril, ils se sont faits une spécialiste d’emprunter à la vipère sa langue. Leurs vociférations pallient leur incommensurable ignorance vêtue qu’elle est par les pirouettes rhétoriques. Ils sont à la télé ce que l’impayable Hassen Chalghoumi est pour l’Islam. Une caricature.
Lorsqu’on est capable de félonie, on demeure félon. L’odyssée médiatique d’une certaine Zineb El Rhazoui a duré 8 ans. Depuis le 7 janvier 2015, elle a indûment prospéré sur les dépouilles de la rédaction de Charlie Hebdo. Ses soutiens lui ont tout donné : honneurs, médailles, protection policière…Une fois sortie de la ligne, ils lui ont aussitôt tout repris.
A méditer