Culture
La Culture reste le parent pauvre du financement public dans le monde
Le commerce mondial des biens culturels a doublé entre 2005 et 2023, atteignant 254 milliards de dollars. Les pays en développement représentent près de 46 % des exportations, témoignant d’un potentiel croissant. Cependant, l’aide internationale destinée à la culture demeure marginale, avec seulement 0,15 % de l’aide programmable par pays allouée à ce secteur en 2022
Malgré la croissance soutenue des industries culturelles et créatives, le financement public direct de la culture demeure marginal à l’échelle mondiale, représentant moins de 0,6 % du PIB, selon un rapport récent de l’UNESCO. L’organisation alerte sur un déséquilibre persistant entre le potentiel économique de la créativité et le faible soutien institutionnel, tout en soulignant les défis liés au numérique, aux inégalités et à la gouvernance de l’intelligence artificielle.
Un soutien public en recul
Le constat est sans appel : la culture reste largement sous-financée à l’échelle mondiale. Dans son rapport 2026 intitulé « Repenser les politiques en faveur de la créativité », l’UNESCO indique que moins de 0,6 % du produit intérieur brut mondial est consacré au financement public direct du secteur culturel, une proportion en diminution.
Ce recul intervient alors même que les industries culturelles et créatives s’imposent comme des leviers de croissance économique et de développement durable. L’organisation appelle ainsi à des politiques plus ambitieuses pour redonner à la culture la place qu’elle mérite dans les priorités publiques.
Une croissance économique inégalement répartie
Le rapport met en lumière une dynamique économique significative : le commerce mondial des biens culturels a doublé entre 2005 et 2023, atteignant 254 milliards de dollars. Les pays en développement représentent près de 46 % des exportations, témoignant d’un potentiel croissant.
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Cependant, les bénéfices de cette expansion restent inégalement répartis. L’aide internationale destinée à la culture demeure marginale, avec seulement 0,15 % de l’aide programmable par pays allouée à ce secteur en 2022. Ce faible niveau de soutien limite les capacités de développement des industries créatives, notamment dans les régions les plus vulnérables.
Le défi du numérique et de l’intelligence artificielle
L’essor du numérique constitue à la fois une opportunité et un défi majeur pour la culture. Si 85 % des États ayant ratifié la Convention de 2005 ont mis en place des stratégies numériques pour soutenir l’économie créative, les écarts restent importants.
Les compétences numériques atteignent 67 % dans les pays développés, contre seulement 28 % dans les pays en développement, accentuant les fractures entre le Nord et le Sud. Par ailleurs, la gouvernance de l’intelligence artificielle demeure insuffisamment attentive aux spécificités des secteurs créatifs, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la diversité culturelle.
Des inégalités persistantes
Le rapport souligne également la persistance d’inégalités structurelles, notamment en matière de genre. Les femmes restent sous-représentées dans les secteurs culturels liés à la technologie et dans les segments les plus rémunérateurs de la création numérique.
Ces disparités traduisent des déséquilibres profonds dans l’accès aux opportunités et aux ressources, qui freinent le développement inclusif du secteur culturel.
Vers des politiques culturelles renouvelées
Quatrième rapport de suivi de la Convention de 2005, cette édition 2026 propose une analyse globale des enjeux contemporains de la culture, incluant le commerce international, la mobilité des artistes, la liberté artistique et le développement durable.
L’UNESCO appelle à l’élaboration de politiques publiques plus éclairées, inclusives et adaptées aux mutations actuelles. L’objectif est de renforcer la place de la culture dans les stratégies nationales et internationales, en tenant compte des transformations liées au numérique et aux technologies émergentes.