Parfum de scandale pour la conclusion de ''The Crown'', avec la mort de Diana

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L'actrice australienne Elizabeth Debicki, interpréte de la princesse Diana, arrive à la première à Los Angeles de "The Crown" de Netflix, saison 6 partie 1, au Westwood Regency Village Theatre le 12 novembre 2023 à Los Angeles. (Photo par Michael Tran / AFP)

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Les fans de "The Crown" retiennent leur souffle: la série phénomène consacrée au règne d'Elizabeth II se conclut sur un événement qui a fait vaciller la monarchie britannique comme rarement, la mort de la princesse Diana.

Les dix épisodes de la sixième et dernière saison sortent sur Netflix en deux temps: cinq jeudi, puis l'autre moitié le 14 décembre, contraignant les inconditionnels pressés à la patience.

Au fil des 60 heures diffusées depuis 2016, la souveraine aura été interprétée successivement par Claire Foy, Olivia Colman puis Imelda Staunton. Depuis le mariage de la jeune princesse dans le Royaume-Uni d'après-guerre aux crises familiales des années 1990, la série, avec pléthore de stars et un budget estimé à des centaines de millions de dollars, entremêle événements historiques et scènes intimistes, assumant des libertés parfois controversées avec la vérité.

Dans les années précédant sa mort, le 8 septembre 2022, le succès planétaire de "The Crown" a contribué à ériger au statut d'icône planétaire Elizabeth II, une souveraine qui est toujours parvenue à garder la moindre de ses opinions secrète et a rarement laissé percer ses émotions en public.

La sixième saison relate les dernières semaines de la vie de la princesse Diana, après son divorce mouvementé avec l'actuel roi Charles III et jusqu'à sa mort le 31 août 1997. Pourchassée par des paparazzis, la berline qui transportait Lady Di s'était encastrée dans un pilier du tunnel de l'Alma à Paris, tuant la princesse de 36 ans et son nouvel amour, le riche héritier égyptien Dodi Al-Fayed.

"Révolution"

La reine avait alors tardé à réagir à l'immense émotion populaire suscitée par la disparition de celle que Tony Blair a surnommée la "princesse du peuple" et la famille royale a mis des années à surmonter ce traumatisme.

"Vous avez enfin réussi à tout renverser dans cette maison. Ce n'est rien de moins qu'une révolution", lance la reine à la princesse, interprétée par Elizabeth Debicki, dans la bande annonce.

Amie des célébrités et figure médiatique, Diana s'était forgé une popularité planétaire en affichant son empathie avec les plus démunis. Elle reste l'objet d'une immense admiration au-delà du Royaume-Uni, et sa mémoire jette une ombre sur l'image du nouveau roi Charles III ainsi que sur son épouse la reine Camilla, qui n'a jamais réussi à surmonter totalement sa réputation de briseuse de mariage.

La saison est donc attendue avec nervosité par les proches de la royauté -la famille, elle, n'a jamais commenté la série. Les premières révélations sur une apparition de Lady Di en fantôme ont déjà déclenché des réactions indignées et des accusations de manque de respect.

Controverses 

Dans le magazine Variety, le créateur de la série Peter Morgan a réfuté avoir voulu la montrer en "fantôme au sens traditionnel": "Ce qu'on voit, c'est qu'elle continue à vivre dans l'esprit de ceux qu'elle a laissés derrière elle. Diana était unique, (...) elle méritait un traitement spécial sur le plan narratif."

C'est loin d'être la première fois que "The Crown" se trouve sous le feu des critiques. Au fil des saisons, elle a été accusée d'avoir suggéré des infidélités de la reine et de son époux Philip, d'avoir montré l'actuel roi en mari volage ou encore d'avoir prêté à Charles la volonté de voir sa mère abdiquer dans les années 1990.

Le photographe du Sun Arthur Edwards, qui couvre la famille royale depuis 40 ans, a confié dans le tabloïd avoir dû arrêter de regarder la série après deux saisons, trop énervé par les inventions qui émaillent le scénario. Mais outre les inexactitudes, "ce qui m'agace vraiment, c'est la manière affreuse avec laquelle le programme traite le prince Charles, désormais notre roi".

Netflix s'est résolu l'an dernier à ajouter un avertissement précisant qu'il s'agissait d'une fiction, sans apaiser toutes les critiques.

Pour l'historien spécialiste de la royauté Ed Owens, la série a eu une influence importante sur l'image de la famille royale, "surtout auprès des jeunes" qui sont nombreux sur Netflix et n'ont pas vécu eux-mêmes les événements relatés.

"Ils prennent ce qu'ils voient dans +The Crown+ pour la vérité", estime-t-il, interrogé par l'AFP, soulignant que la série a renforcé l'image positive de dévouement d'Elizabeth II. En revanche, selon lui, le roi actuel reste peu populaire "et c'est en partie parce que Charles n'est pas présenté de manière très positive". (AFP)

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