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Mondial 2030 : un levier géopolitique et culturel entre les rives de la Méditerranée
L’événement, historique, s’inscrit dans une vision portée personnellement par le roi Mohammed VI. Il s’agira d’une Coupe du monde de la diversité, du dialogue entre peuples et d’une coopération transcontinentale sans précédent. (Fouzi Lekjaa)
À Marrakech, la 33e Assemblée générale de l’Alliance des Agences de Presse Méditerranéennes (AMAN) a servi de tribune au projet du Mondial 2030, porté par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Entre diplomatie sportive, enjeux culturels et mobilisation médiatique, cet événement se profile comme un catalyseur de rapprochement entre l’Afrique et l’Europe, à travers le prisme du football.
Un Mondial pour bâtir des ponts entre les continents
Pour Fouzi Lekjaa, président de la FRMF et du Comité d’organisation du Mondial 2030, la Coupe du monde coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal incarne bien plus qu’un rendez-vous sportif : elle constitue un acte politique et symbolique fort entre les deux rives de la Méditerranée.
L’événement, qualifié d’"historique" par Lekjaa dans une allocution lue à Marrakech, s’inscrit dans une vision portée personnellement par le roi Mohammed VI. Il s’agira d’une Coupe du monde de la diversité, du dialogue entre peuples et d’une coopération transcontinentale sans précédent
Au-delà de la compétition, la réussite du Mondial repose également sur un écosystème médiatique mobilisé. Lekjaa a rappelé le rôle stratégique des agences de presse comme actrices centrales de la narration sportive et politique. Leur mission : incarner un journalisme éthique, rigoureux et accessible à tous, essentiel pour garantir la transparence et le rayonnement de l’événement.
Le football, vecteur de valeurs partagées et de cohésion nationale
Lors d’un panel sur les enjeux du Mondial, le sélectionneur national Walid Regragui a mis en avant la force intégratrice du football. Véritable miroir du "vivre ensemble", la sélection marocaine — riche de ses diasporas européennes — incarne l’unité dans la diversité.
Pour Regragui, le sport-roi est un langage universel qui rapproche les cultures, renforce les liens entre générations, et projette une image positive du Maroc. Cette approche est partagée par Nabil Baha, sélectionneur des U17, qui a souligné que le Maroc, porté par ses récents exploits (U17, U20, futsal, JO, Coupe du monde 2022), n’est plus là pour participer, mais pour gagner.
L’objectif de 2030 : accueillir le monde avec dignité, chaleur et professionnalisme. Tous les intervenants ont insisté sur l’importance d’une mobilisation collective, populaire, logistique et institutionnelle, pour faire de ce Mondial l’un des plus mémorables de l’histoire du football.
Pour une transformation au-delà du sport
Pour Fouad Arif, Directeur général de la MAP et président de l’AMAN, le Mondial 2030 dépasse le simple cadre d’une compétition sportive : il s’agit d’un projet sociétal global porté par une vision royale inclusive. L’événement incarne un tournant pour le Maroc, capable d’accélérer des transformations structurelles dans les domaines de l’économie, de l’environnement, des infrastructures et de la diplomatie régionale.
Selon lui, cette première coorganisation entre l’Afrique et l’Europe autour du football marque une rupture symbolique et géopolitique forte, érigeant le Maroc en pont stratégique entre les continents. Le thème de cette assemblée – *"Football et médias en Méditerranée : bâtir des ponts au-delà des frontières"* – traduit ainsi une conviction : sport et information peuvent ensemble recomposer une carte humaine et solidaire du pourtour méditerranéen.
Le Maroc, trait d’union entre l’Afrique, l’Europe et les médias
Momar Diongue, Directeur général de l’Agence de presse sénégalaise (APS), a abondé dans le même sens en soulignant la capacité du Royaume à accueillir un événement de cette envergure. Doté d'infrastructures sportives, de télécommunications, de transport et d’hébergement de haut niveau, le Maroc dispose, selon lui, de tous les atouts pour réussir ce Mondial, tout en incarnant un trait d’union naturel entre l’Afrique et l’Europe.
Mais au-delà de la logistique, c’est bien le rôle des agences de presse qui est valorisé. Arif a rappelé que l’information, dans les grands événements sportifs, ne se limite pas aux performances, mais révèle des récits humains et collectifs puissants. Les médias deviennent ainsi vecteurs d’unité, diffuseurs de valeurs, et bâtisseurs de ponts culturels.
La 33e AG de l’AMAN, marquée par un record de participation et le retour de la Libye, de la Mauritanie et de la Syrie au sein de l’Alliance, ouvre une nouvelle ère de coopération : échanges de contenus, réseaux de vérification, formations croisées… autant d’initiatives appelées à renforcer une communauté médiatique méditerranéenne unie, solidaire et agile.