Le veto russe met fin à la MINURSO, une nouvelle occasion de réaffirmer la marocanité du Sahara - Par Hassan Abdelkhalek

Le veto russe met fin à la MINURSO, une nouvelle occasion de réaffirmer la marocanité du Sahara - Par Hassan Abdelkhalek

L'ambassadeur Russe à l'ONU Vassili Nebenzia

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L’ancien ambassadeur en Jordanie et en Algérie Hassan Abdelkhalek, revient sur le veto russe au projet de résolution américain, qui se retourne contre les adversaires du Maroc. En empêchant la prolongation du mandat de la MINURSO, il a ouvert de nouvelles perspectives pour clore le dossier du Sahara sur la base de la souveraineté marocaine.

Hassan Abdelkhalek

Le Maroc a déjoué les desseins du régime algérien, qui a poussé la Russie à opposer son veto au projet de résolution présenté vendredi par les États-Unis au Conseil de sécurité. Alger entendait ainsi maintenir dans l’impasse le conflit qu’il a créé de toutes pièces autour du Sahara marocain et empêcher tout effort sincère visant à le régler sur la base de la résolution 2797.

De nouvelles règles pour clore le dossier

Fort de sa position et de sa capacité d’action, et préparé à toutes les manœuvres des adversaires de notre intégrité territoriale, notre pays a annoncé, dans un communiqué du Cabinet royal publié ce même vendredi, sa volonté de transformer le veto russe en une opportunité d’explorer de nouvelles règles d’action pour clore définitivement le dossier du Sahara marocain dans les enceintes des Nations unies. Cette démarche prend appui sur la fin de la présence de la MINURSO dans les provinces du Sud au cours des prochains jours, faute de renouvellement de son mandat en raison du veto russe.

Le vote au Conseil de sécurité a entraîné, à compter de ce 1er novembre, la perte de la légitimité et du statut juridique de la MINURSO. Le Maroc s’est dès lors déclaré prêt à coopérer avec les Nations unies pour organiser son départ des provinces du Sud dans de bonnes conditions. Se tourne ainsi une page de trente-cinq ans durant laquelle la mission a incarné l’internationalisation du différend régional relatif à la récupération légitime, par le Royaume du Maroc, de ses provinces du Sud.

Les adversaires de notre intégrité territoriale ont été pris à leur propre piège : le veto russe qu’ils ont encouragé au Conseil de sécurité a précisément mis fin au mandat de la mission onusienne. Ils ont ainsi perdu une bannière brandie pendant des décennies pour contrarier le Maroc, en prétendant que la MINURSO avait pour mission d’organiser un référendum. Ils continuent de ressasser cette approche, pourtant dépassée depuis plus d’un quart de siècle.

Cette approche était celle du plan de règlement de la question du Sahara de 1991, en vertu duquel la MINURSO a été créée. Au terme toute une décennie de tentatives d’identification des ayants droit au vote, les Nations unies ont constaté son infaisabilité sur le terrain. C’est pourquoi, depuis le début du nouveau millénaire, les secrétaires généraux qui se sont succédé à New York ont appelé à dépasser ce plan et à rechercher une solution politique et réaliste à ce conflit artificiel.

Une mission privée de sa fonction initiale

Dans cette perspective, il est apparu que la MINURSO, dont le mandat est renouvelé chaque année, avait perdu sa fonction initiale, ce qui imposait d’en changer le nom et d’en redéfinir les tâches. Les États-Unis, qui tiennent la plume sur ce dossier, ont ainsi proposé, dans le projet de résolution bloqué par le veto russe, de rebaptiser la MINURSO, à compter du 1er novembre 2026, Mission des Nations unies au Sahara occidental, ou MINUSO. Cette modification supprimait sa fonction officielle d’organisation d’un référendum.

Le projet ne se limitait pas à un changement de dénomination. Il affirmait également la volonté de rendre la mission efficace, en demandant au secrétaire général de présenter, au plus tard le 30 janvier 2027, des propositions détaillées sur sa structure et ses effectifs. Le Conseil y annonçait son intention de se prononcer sur l’avenir de la mission, y compris sur la transformation de son mandat, à la lumière des propositions du secrétaire général et des progrès du processus politique.

Mais le veto russe, animé par la volonté de maintenir le nom de la MINURSO et sa fonction dépassée, à rebours des évolutions de ce conflit artificiel, au premier rang desquelles figure le soutien international croissant à l’autonomie sous souveraineté marocaine, a précipité la fin du mandat de la mission elle-même. Il a finalement porté un coup aux adversaires de notre intégrité territoriale, qui comptaient notamment sur le maintien de ce mandat pour perpétuer le conflit.

Le projet de résolution présenté par les États-Unis et bloqué par le veto russe a recueilli le soutien de onze membres du Conseil de sécurité, tandis que trois autres se sont abstenus. Ce résultat a révélé l’isolement des adversaires de notre intégrité territoriale dans leurs tentatives désespérées d’imposer leur agenda au Conseil.

Le soutien international à l’autonomie

Contrairement aux affirmations du régime algérien, dans le dernier communiqué de son ministère des Affaires étrangères, et à celles du représentant russe à New York, selon lesquelles les États-Unis ont repris la position marocaine, le projet de résolution bloqué se fondait sur le soutien d’un nombre croissant d’États membres de la communauté internationale à la proposition marocaine d’autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine. Il relevait également que les trois cycles de négociations directes organisés à Washington et à Madrid entre le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie avaient pris cette proposition pour base, afin de parvenir à une solution juste, durable et acceptable pour les parties au conflit, conformément aux principes et aux buts de la Charte des Nations unies.

Prenant acte de la réalité sur le terrain, le projet de résolution affirmait qu’« une véritable autonomie sous souveraineté marocaine constitue la solution la plus viable à la question du Sahara occidental, une solution juste, durable et mutuellement acceptable, conformément à la Charte des Nations unies et à ses principes, notamment celui de l’autodétermination ». Il soulignait que la proposition marocaine élargie d’autonomie constituerait la seule base de toute négociation à venir, mettant ainsi un terme aux tentatives des adversaires de notre intégrité territoriale de remettre en avant une quelconque approche dépassée.

La situation tragique des populations des camps de Tindouf

Le régime algérien entend poursuivre l’exploitation de la situation tragique et éprouvante des populations sahraouies dans les camps de Tindouf. Le veto russe a ainsi fait échouer le projet de résolution qui demandait au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés d’achever, dans un délai de six mois, l’enregistrement des réfugiés de la région de Tindouf, conformément au droit international, notamment au droit international des réfugiés, ainsi qu’aux pratiques et aux normes du HCR, sans ingérence de quiconque. Cette démarche s’inscrivait dans la perspective de leur retour dans leur patrie, le Maroc, pour participer à la mise en œuvre de l’autonomie lors de la consultation qui sera organisée dans les provinces du Sud et tiendra lieu de référendum d’autodétermination. Les Nations unies devront, pour leur part, rechercher d’autres modalités de prise en charge des réfugiés d’autres nationalités présents dans ces camps.

Le veto opposé par la Russie au projet de résolution n’éteint pas les questions sur les motivations de sa position face aux évolutions du dossier du Sahara. Dans quelle mesure cette position s’inscrit-elle dans le bras de fer qui l’oppose aux États-Unis sur d’autres dossiers, notamment la crise ukrainienne, les questions du Moyen-Orient et celles du Sahel africain ? L’an dernier, la Russie avait pourtant laissé adopter la résolution 2797, qui consacrait la prééminence de la proposition d’autonomie sous souveraineté marocaine pour régler ce conflit artificiel.

Ce veto ne dissipera toutefois pas les acquis de notre pays dans la préservation de son intégrité territoriale. Le communiqué du Cabinet royal confirme la poursuite, aux niveaux bilatéral et régional, de la dynamique internationale impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Celle-ci a permis de réunir un soutien important : plus des deux tiers des membres de l’Organisation des Nations unies, dont des membres permanents du Conseil de sécurité et des puissances internationales influentes, appuient clairement l’initiative d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine comme seul cadre de règlement de ce différend régional.

Alors que la mission onusienne a perdu sa raison d’être dans les provinces du Sud, le Maroc demeure fermement attaché au cessez-le-feu, dans le plein respect de son intégrité territoriale, de sa sécurité nationale et de la quiétude de ses citoyens.

Retirer le dossier des instances onusiennes

Il est prévu que notre pays prenne d’autres mesures pour clore ce conflit artificiel, en mobilisant le soutien international en vue de l’adoption, par l’Assemblée générale des Nations unies, d’une résolution retirant le dossier de l’ordre du jour annuel de sa Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation. Il convient de rappeler que c’est le Maroc qui avait été à l’origine de l’inscription de la question du Sahara devant cette commission en 1963, face à l’Espagne coloniale. Le régime algérien cherche à dissimuler ce fait, tout en ressassant le disque rayé de la décolonisation pour tenter de porter atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc.

Avec la fin du mandat de la MINURSO et la confirmation de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, il n’y aura plus aucune raison de soumettre ce conflit artificiel au Conseil de sécurité ni de lui consacrer des réunions ou des rapports périodiques du secrétaire général des Nations unies.

Une chose est certaine : notre pays mobilisera tous ses efforts et explorera toutes les nouvelles règles d’action pour ancrer la solution dans le cadre de sa souveraineté nationale et de son intégrité territoriale, et éviter la voie de l’impasse dans laquelle le régime algérien veut maintenir ce conflit artificiel dans la région.

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