L’éthique ni…ni de la diplomatie algérienne 2/2 – Par Mohamed Benabdelkader

L’éthique ni…ni de la diplomatie algérienne 2/2 – Par Mohamed Benabdelkader

Le Roi Mohammed VI recevant le Président du Conseil espagnol Pedro Sanchez le 22 avril 2022. A contrario de l’Algérie, la manière dont le Maroc a géré sa diplomatie, de la marche verte jusqu’à la résolution 2979, illustre comment les prises de position servent de signal politique, et dessinent, souvent à l’intention des autres acteurs, ce que l’État est prêt à sacrifier pour défendre ses principes, ses droits historiques et jusqu’où il accepte de négocier ou d’imposer des décisions

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Dans cette seconde partie, l’analyste et ancien ministre Mohamed Benabdelkader dissèque les contradictions de la diplomatie algérienne à l’aune de la crise avec Espagne autour du Sahara. Entre posture de principe affichée et ajustements dictés par des contraintes économiques et géopolitiques, il met en lumière une « éthique ni…ni », oscillant entre conviction et responsabilité sans assumer pleinement aucune, au risque d’un affaiblissement de la crédibilité internationale d’Algérie.

Mohamed Benabdelkader

L’Algérie répète depuis des décennies, et encore très explicitement ces deux dernières années, que sa position relative à la question du Sahara, repose sur des principes inaliénables hérités de sa propre révolution de novembre 1954 et de sa doctrine de politique étrangère, c’est dans ce contexte que l’ancienne Mecque des révolutionnaires a vivement réagi au revirement espagnol de mars 2022, soutenant le plan d'autonomie marocain pour le Sahara. Elle n’a pas seulement considéré ce changement comme une "trahison" et une "violation" du droit international, mais elle a tenu en juin 2022 à rappeler son ambassadeur, suspendre le traité d'amitié avec l'Espagne et à geler les relations commerciales. Cependant lors de la visite du ministre espagnol des affaires étrangères à Alger, les deux parties ont soigneusement évité d’évoquer publiquement l’affaire du Sahara, Madrid n’a pas modifié sa position et Alger a mis de côté ses conditions antérieures, à l’instar de la maxime populaire arabe qui dit : « Combien d’affaires avons-nous réglées simplement en les laissant tomber ! »

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Si l’Algérie, à l’origine de sa crise diplomatique avec l’Espagne, avait affirmé une fermeté de principe, en se présentant comme le défenseur de l’autodétermination d’un peuple qui cherche son indépendance, c’est qu’elle croyait s’inscrire dans une logique d’éthique de conviction. En revanche, la réactivation progressive des relations bilatérales, couronné par la visite du ministre espagnol des affaires étrangères José Manuel d’Albares à Alger et par la reprise du traité d'amitié et de coopération, sans que l’Espagne ait renoncé à sa position pro‑marocaine, révèle un flagrant renoncement  à cette soi-disant éthique de conviction, sans pour autant s’inscrire pleinement dans une éthique de responsabilité, car la restauration des relations bilatérales apparaît davantage dictée par un double soucis de nécessité économique et de désenclavement géopolitique, que par un choix explicite et assumé de responsabilité, concernant les conséquences politiques et morales à long terme de cette réconciliation.

La misère et l’arrogance

Cette rupture unilatérale irréfléchie, suivie d’un rétablissement des relations dépourvu de justification claire, révèle une dynamique de prise de position qui transcende le simple choix entre « éthique de responsabilité » et « éthique de conviction », au point de flirter avec une logique opportuniste marquée par une profonde hypocrisie diplomatique. On assiste ainsi à un comportement politique typique de la mentalité des dirigeants algériens, critiqué de longue date par le feu président Abdelaziz Bouteflika lui‑même, qui dénonçait une culture de l’État où la misère criante et l’arrogance pharaonique (الزلط والتفرعين) se conjuguaient en une sorte de paradoxe : économie rentière, moyens limités, mais ton diplomatique rengorgé et posture de puissance régionale sans réelle assise stratégique.

Lorsque le président Bouteflika avait ajouté à cette formule paradoxale que « la fantasia mal placée n’est que parole vide », il caricaturait un mode de gestion interne marqué par cette bavarde prétention de jouer le dur, sans profondeur ni réelle volonté de tenir jusqu’au bout la partie. Aujourd’hui ce même contraste se reflète  dans le champ diplomatique par  une posture de fermeté affichée et des rétractations pratiques dictées par la nécessité économique,  jusqu’à révéler au reste du monde ce que les Marocains savent déjà depuis des décennies, à savoir que les positions algérienne sur le Sahara n’ont jamais été des positions de principe, mais un simple outil de chantage et de pression géopolitique, ou comme aimait répéter le président Boumediene un caillou sous le pied du Maroc, servant plus à gêner le voisin qu’à sincèrement soutenir une cause. L’alternance entre rupture spectaculaire et réconciliation calculée, sans gage politique ni clarification de fond, finit ainsi par faire apparaître la diplomatie algérienne comme un instrument de survie interne, plutôt qu’un vecteur de projet cohérent, enracinant une image de pouvoir autoritaire, incertain et décalé par rapport aux réalités qu’il prétend défendre.

Le régime algérien affiche donc une rigueur principielle pour renforcer sa légitimité interne et son image régionale, mais recule ou se réajuste dès que les coûts économiques ou diplomatiques deviennent trop lourds, sans n’assumer pleinement ni la cohérence d’une ligne de conviction ni la transparence d’un calcul responsable des conséquences. Cette posture, mi- symbolique mi- pragmatique, produit une forme d’instabilité morale de la diplomatie algérienne, elle se tient à la frontière entre conviction et responsabilité, sans s’engager entièrement dans aucune, et finit par se mouvoir dans une éthique ni…ni, une éthique qui est ni de conviction ni de responsabilité, ni vraiment idéale, ni clairement responsable.

Cela signifie qu’il s’agit d’une logique diplomatique  qui n’incarne ni l’engagement ferme à des principes (éthique de conviction), ni la prise en charge lucide des conséquences de l’action (éthique de responsabilité), mais plutôt une posture instable où les principes ne structurent pas réellement la décision, qui en fait, demeure guidée par des mauvais calculs d’intérêt, une image de soi surdimensionnée et un tempérament excessivement émotionnel, bref une véritable éthique d’irresponsabilité.

Autrement dit, lorsque l’Algérie décide de rappeler son ambassadeur en Espagne en mars 2022, provoquant une crise diplomatique de plus de dix‑neuf mois en réaction au soutien de Madrid au plan d’autonomie marocain pour le Sahara, elle n’adopte pas cette position à partir de valeurs claires, ni d’une analyse rationnelle des conséquences, mais plutôt à partir d’une logique d’irresponsabilité. Elle se comporte alors comme si elle n’avait pas à assumer pleinement ni ses principes affichés en faveur du prétendu droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, ni les effets de ses propres décisions, oscillant entre postures de fermeté symbolique et capitulations opportunistes, sans cohérence ni véritable souci de crédibilité.

Deux poids deux mesures

Encore faut-il préciser, que cette forme de pharaonnerie dans la pratique diplomatique des dirigeants algériens, est conjuguée en fonction de l’État visé et de son poids dans la scène internationale, ils formulent leur position et calibrent leur rhétorique selon l’interlocuteur concerné. Face à Trump, ils se contentent de rappeler que la question du Sahara relève des Nations unies et que la reconnaissance de sa marocanité ne saurait avoir de valeur juridique, évitant toute rupture ou escalade, comme s’ils mesuraient d’avance l’impossibilité de punir un partenaire trop puissant, une approche qui révèle clairement une logique à deux poids deux mesures de la diplomatie algérienne. Face à Macron, en revanche, ils adoptent un ton nettement plus incisif, dénonçant une « grave erreur », une « violation de la légalité internationale » et une « collusion entre puissances coloniales » !

Cette différence de registre dans la diplomatie algérienne, ne repose pas sur une hiérarchie de principes, mais sur une logique de calcul de pouvoir et de risque. L’Algérie traite les États‑Unis avec prudence, pour préserver ses intérêts économiques et stratégiques, tandis qu’elle continue à instrumentaliser la France comme figure coloniale pour nourrir un discours de dénonciation et de mobilisation interne, or, dans cette même logique, le parlement algérien a dû reculer sur le projet de loi visant à « criminaliser la colonisation française », atténuant ou supprimant certaines dispositions jugées trop contraignantes ou trop explicites, afin de concilier la rhétorique anticoloniale avec la nécessité de maintenir un rapport de force moins conflictuel, de manière à ne pas compromettre l’avenir des relations.

 On assiste ainsi à une diplomatie ni…ni : ni véritable éthique de conviction, puisque les principes ne sont pas défendus de la même manière selon le partenaire, ni éthique de responsabilité claire, puisque la modulation du langage obéit davantage à la sauvegarde de la position algérienne qu’à un arbitrage honnête entre valeurs et conséquences. En fin de compte, la cause invoquée sert moins à guider l’action qu’à justifier une posture cynique, où l’éthique se réduit à un arsenal de rhétorique, ajusté selon la crédibilité que l’État peut se permettre de perdre vis‑à‑vis de chaque interlocuteur.

On peut voir là une forme d’éthique dégradée, où le régime algérien prend une position forte au nom de la cause du Sahara, puis l’abandonne en pratique, ce qui entame sa crédibilité diplomatique et laisse constater que ses principes concernant cette cause sont négociables dès lors qu’ils coûteront un peu plus cher. Une diplomatie incapable d’assumer ni une éthique de conviction (fermeté dans les principes) ni une éthique de responsabilité (prudence, modération, calcul des conséquences), ce qui réduit son action à une posture de non‑éthique, plus exactement à une éthique qui n’incarne ni la fidélité à des valeurs claires, ni la responsabilité assumée des effets,

Il convient de signaler dans ce même contexte, que la visite de Jose Manuel Albares à Alger a mis en évidence le fait que tous les acteurs régionaux n’ont pas la même disposition (ou capacité) à supporter une rupture prolongée lorsque les intérêts économiques, énergétiques ou migratoires entrent en jeu. Le Maroc est parvenu avec l’Espagne à obtenir un soutien considérable à sa cause nationale, l’Algérie a préféré « tourner la page » sans la moindre compensation au sujet du Sahara marocain.

Cela revient à dire que le discours diplomatique algérien continue de se mouvoir dans l’espace moral, mais en le neutralisant, il utilise le langage des principes sans en porter les coûts. Il ne se tient ni à la hauteur de la conviction, qui exige de pouvoir supporter la perte ou l’isolement, ni à la hauteur de la responsabilité, qui implique de décider en tenant compte des conséquences sur le terrain.

Une non-éthique mal assumée !

Dans cette éthique ni…ni, la diplomatie devient surtout une gestion de survie, de coûts et d’apparences : les positions sont cinétiques (elles changent quand la pression augmente), mais pas éthiquement structurées. La diplomatie algérienne cesse alors d’être évaluée uniquement à l’aune de ses erreurs ou de ses compromis, pour être jugée surtout selon une défaillance d’intégrité, au point que le régime algérien est perçu comme un acteur déconnecté du triptyque fondamental entre parole, acte et conséquence, où la cohérence devient secondaire au profit de la gestion opportuniste des apparences. En ce sens, une éthique diplomatique qui ne parvient à incarner ni la fermeté de la conviction ni la prudence de la responsabilité, se transforme en simple éthique de surface, une façade morale derrière laquelle se joue une logique de pouvoir ou de calcul, et qui, précisément, se dévoile comme une non‑éthique mal assumée.

C’est précisément ce manque de crédibilité diplomatique profondément embarrassant, qui a sans doute incité les médias proches du pouvoir algérien à présenter l’augmentation d’environ 12,5% des exportations de gaz vers l’Espagne comme une excellente récompense stratégique, ou même comme un délicat geste de gratitude de l’Algérie envers Madrid, pour sa position tellement critique sur Gaza et la guerre en Iran.

Néanmoins, au‑delà de cette acrobatie discursive remarquablement subtile, la question que les séparatistes sahraouis et leurs admirateurs, surtout en Espagne, devraient se poser est la suivante : l’Algérie agit‑elle, dans l’affaire du Sahara, au nom de convictions – solidaristes, révolutionnaires, peu importe – sans se soucier des conséquences de ses actes, ou bien assume‑t‑elle la responsabilité de ce qu’elle fait et de ce qu’il en résulte ? C’est justement dans cette question que se révèle le cœur de l’enjeu éthique en politique étrangère algérienne, Alger n’est pas seulement jugée ici sur ses déclarations, mais sur sa capacité à articuler, de manière claire, les principes qu’elle prétend défendre et les conséquences qu’elle consent à assumer.

Dans ce cadre, la posture ni…ni qui structure la diplomatie algérienne, apparaît comme une défaillance de la vocation politique telle que Weber la pense : celui qui ne se tient ni à ses principes ni à la responsabilité des effets, ne relève plus du tout de ces deux logiques éthiques, mais glisse vers une non‑éthique du pouvoir pur, où l’action est déliée à la fois de la loyauté aux valeurs et de la prise en compte des conséquences.

C’est exactement dans cette perspective que la  manière dont le Maroc a géré sa diplomatie autour du conflit artificiel sur le Sahara, de la marche verte jusqu’à la résolution 2979, illustre parfaitement comment les prises de position - fermes, modérées, stratégiques ou tactiques -servent de signal politique, et dessinent, souvent à l’intention des autres acteurs, ce que l’État est prêt à sacrifier (coûts économiques, risque d’isolement) pour défendre ses principes, ses droits historiques et jusqu’où il accepte de négocier ou d’imposer des décisions.

Dans le cas marocain, la position prolongée et conditionnelle dans la crise avec l’Espagne traduit une volonté d’imposer une ligne politique claire - le plan d’autonomie - et de contraindre l’autre à céder, mettant ainsi en scène une posture résolue où la défense du principe structure la négociation. À l’inverse, dans le cas algérien, la rupture avec l’Espagne suivie d’une réconciliation sans contrepartie, laisse entendre que la priorité n’est plus le principe, mais la préservation de relations fonctionnelles et d’intérêts matériels. L’Espagne sécurise son approvisionnement énergétique et sa frontière sud, tandis que l’Algérie sort relativement de son isolement diplomatique, mais sans aucune avancé sur sa thèse séparatiste, ce qui révèle une gestion de la crise davantage orientée vers la stabilisation pratique que vers l’affirmation normative.

Rhétorique et discrédit diplomatique  

Ces deux configurations montrent qu’une position en situation de crise révèle aussi la vision géopolitique de l’État, la manière dont il se perçoit, mais aussi celle dont il cherche à se faire percevoir par les autres. Le Maroc montre ici une volonté d’affirmation active, il se positionne comme un acteur capable de pousser à la révision une puissance européenne sur une question centrale. L’Algérie, quant à elle, oscille entre une posture de porte-parole de principes inaliénables (cause sahraouie, respect du droit international) et une posture de pragmatiste contrainte, ce qui modifie largement la manière dont ses partenaires la lisent.

En somme, ces deux cas soulignent que la position diplomatique est une forme de parole politique signifiante, elle dit à la fois ce que l’État veut faire admettre, ce qu’il est prêt à concéder, et où il se place dans la hiérarchie des puissances. Analyser une position, c’est donc moins commenter un simple coup de force ou une faiblesse ponctuelle, qu’interroger la manière dont un État use de sa puissance et de son discours pour se définir sur la scène internationale et se positionner face aux autres.

La comparaison montre clairement qu’une diplomatie qui défend sincèrement une cause juste, devrait maintenir sa fermeté indépendamment des avantages matériels immédiats, tandis que l’utilisation de cette même cause comme un simple instrument de pression sélective - en la maintenant quand cela convient et en la désactivant lorsque les intérêts vitaux (énergie, frontières ou influence) l’exigent - relève davantage d’une logique de chantage géopolitique que d’une conviction inébranlable. Les deux titres d’El País cités ci-dessus, illustrent de manière crue cette asymétrie : dans un cas, il y a eu une concession espagnole en échange de la fin de la crise, dans l’autre, un recul algérien sans contrepartie politique visible pour la thèse séparatiste.

La diplomatie algérienne semble ainsi se définir moins par la gestion pragmatique de ses propres intérêts nationaux que par un recours systématique à un discours de grandeur. Face à des vulnérabilités internes - économiques, sociales et institutionnelles - et externes - tensions régionales, et pressions géopolitiques - le pays paraît chercher constamment un refuge symbolique dans l’affichage d’un engagement moral indéfectible. Ce discours, souvent articulé autour de la défense des droits inaliénables des peuples et de principes fermes de justice et de liberté, permet de projeter à l’extérieur une image de puissance éthique et de cohérence stratégique.

Cependant, cette posture peut être analysée comme une stratégie de fuite plutôt que d’affrontement directe des fragilités internes et des contraintes du contexte international, la diplomatie algérienne s’abrite ainsi derrière des principes universels, parfois déconnectés de la réalité concrète. En exaltant des causes justes, l’Algérie croit trouver un moyen de légitimer son action sur la scène internationale tout en détournant l’attention des limites de sa capacité opérationnelle. Cette forme d’arrogance morale - souvent confondue avec le courage diplomatique - fonctionne comme un écran protecteur contre l’angoisse liée à la vulnérabilité, mais elle peut aussi conduire à des désillusions, tant internes qu’externes, si les engagements proclamés ne s’accompagnent pas de moyens et de stratégies réalistes.

La diplomatie algérienne illustre en fait un dilemme classique, le recours aux principes et à la rhétorique universelle peut renforcer temporairement le prestige et l’influence d’un État, mais si ce choix masque la confrontation avec ses propres fragilités, il risque de devenir un mécanisme d’illusion plutôt qu’un vecteur durable de puissance réelle. La grandeur proclamée finit par se heurter à la complexité du monde réel, révélant que l’arrogance morale peut être autant une défense qu’un aveu de vulnérabilité.

En effet, face à des situations concrètes, ce refuge dans la rhétorique de la fermeté et des principes peut se révéler contre-productif. La crise récente avec l’Espagne illustre combien une posture fondée sur le discours moral et l’affichage d’un engagement inconditionné, peut se heurter à la réalité. Alors que l’Algérie proclamait haut et fort sa défense du droit des sahraouis à l’autodétermination, l’absence de stratégies concrètes et de leviers tangibles pour agir sur le terrain a exposé les limites de cette diplomatie fondée sur la seule rhétorique. Le contraste entre les proclamations solennelles et l’incapacité à transformer ces principes en résultats tangibles finit par miner la crédibilité du pays, non seulement aux yeux de la communauté internationale mais également vis-à-vis de ses propres citoyens.

Ainsi, ce que la diplomatie algérienne entendait être un bouclier face à sa vulnérabilité interne et externe, se transforme paradoxalement en facteur de discrédit. L’illusion de grandeur cède le pas à la perception d’une arrogance vide, et l’image d’un État capable de porter des causes justes, se fragilise lorsque ses discours ne sont pas étayés par une capacité effective d’action. Le recours systématique à l’affichage moral, lorsqu’il n’est pas sincère et qu’il ne s’accompagne d’aucun pragmatisme ni de moyens concrets, révèle alors que la rhétorique seule ne suffit pas à préserver à la fois la crédibilité et le prestige d’un pays.

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